Aller au contenu principal

Nourrir le sol en détruisant le couvert

En début de semaine, Valéry Lebouc a détruit de manière mécanique ses couverts mis en place fin août.
Il y implantera ensuite du tournesol. Soucieux de préserver la vie du sol, l’agriculteur d’Auverse pratique l’agriculture régénérative.   

 

Sur la parcelle de Valéry Lebouc, le couvert a été broyé. Puis son système racinaire a été scalpé pour être mélangé dans le sol. Des ferments lactiques sont en même temps épandus pour favoriser la décomposition du couvert.

« Ne pas travailler son sol dans un système grande culture bio, c’est compliqué », constate l’agriculteur d’Auverse, Valéry Lebouc. Avec sa femme Bénédicte Lebouc,  sur l’écoferme du Gennetay, il cultive 300 hectares et élève une centaine de vaches laitières à Noyant Villages. Le tout en agriculture biologique depuis 2020. « Sur la ferme, les 2 productions sont bien distinctes. D’un côté, les cultures sont à Genneteil. De l’autre, le troupeau laitier est à Auverse », précise l’agriculteur. Ce militant depuis de nombreuses années du semis direct a dû mettre de côté certaines de ses convictions depuis sa conversion en agriculture biologique, qui a débuté en 2018. « Je me suis formé à l’agriculture régénérative. Cela me semble un bon compromis entre l'agriculture biologique et l’agriculture de conservation des sols. »
Parmi les nouvelles pratiques qu’il a dû mettre en place depuis sa conversion en bio : la destruction mécanique des couverts mais pas n’importe comment ! « Je fais du mulshage de surface pour détruire les couverts », précise l’agriculteur.

Broyé, scalpé et mélangé
Dans un premier temps, le couvert est broyé. Celui-ci était composé de trèfle d’Alexandrie, de colza, de féverole, de repousse de blé et de pois.
Puis, avec une fraise rotative de 3 mètres de large attelée à l’arrière du tracteur, le couvert est détruit : « le système racinaire des différentes plantes du couverts est scalpé et mélangé à la terre ». Le travail reste superficiel puisqu’il ne se fait qu’à 2-3 cm de profondeur. En même temps que le couvert broyé est mélangé au sol, l’agriculteur pulvérise des ferments lactiques. En l’occurrence, il s’agit de jus de choucroute. Il en épand 150 à 200 l/ha.
« L’incorporation superficielle du couvert avec l’emploi de ferments lactiques favorise sa bonne décomposition et le bon recyclage des éléments fertilisants, constate l’agriculteur. Grâce aux bio-stimulants, l’ensemble du couvert se décompose et cela permet la production de complexes argilo-humiques et d’agrégats de sol stables ».  
Le mulshage opéré, l’agriculteur attend minimum 15 jours avant d’intervenir sur la parcelle. « Le temps que le sol fermente... » Puis il sèmera du tournesol.
La destruction du couvert se fait à une période stratégique pour Valéry Lebouc. « Il ne faut pas que la température soit en dessous de 6 à 8 degrés pour travailler le sol et j’attends que le couvert reparte en végétation pour qu’il y ait beaucoup de sève et pour maximiser le carbone liquide que je pourrais valoriser dans mon sol. »

En phase d’expérimentation
L’agriculteur utilise des ferments lactiques depuis 2018. Il en commande 30 000 l chaque année. « Dans l’idéal, il faudrait en mettre à chaque fois que je travaille le sol, précise l’agriculteur. Les ferments lactiques aident à contrebalancer la forte oxydation provoquée par le travail du sol. »
La pratique de l’agriculture régénérative n’en est qu’à ses balbutiements sur la ferme de Noyant-Villages. « On expérimente encore. Certaines choses fonctionnent, d’autres moins... On avance doucement. » Cette année, l’agriculteur prévoit d’épandre du thé de compost « pour optimiser l’activité photosynthétique de la plante ». Un thé qui sera fait maison à base de lombricompost auquel il ajoute des mycorhizes.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Ces femmes et ces hommes qui croient en l'avenir de l'agriculture
Difficile de positiver après l'été 2026 que nous venons de traverser, et dont les conséquences s'étaleront probablement encore…
La ministre de l'Agriculture a visité la serre Maine du lycée du Fresne qui abrite la production de poinsettia et l'aspirateur à ravageurs. Auparavant, elle avait rencontré les élèves, dont la première promotion de bachelor, guidée par Sylvie Richard, directrice du lycée.
La ministre fait sa rentrée en Anjou
Le lycée du Fresne est l'un des 25 établissements de formation agricole à proposer le nouveau bachelor agro. La ministre de l…
Frédéric Sérusier, du CNPH-Piverdière, devant une haie replantée en Végétal local. Des classes de CM1-CM2 de La Ménitré ont participé à la plantation. 
Le végétal local,facteur de résilience 

Le CNPH-Piverdière, basé à La Ménitré, qui ouvre ses portes ce samedi 12 septembre, vient d'obtenir le label Végétal local.…

La Rouge des prés, le "couteau suisse" de l'élevage allaitant

Race allaitante en vedette au SPACE 2026 avec son concours national programmé le mardi 15 septembre après-midi, la Rouge des…

Le président, Marc-Henri Doyon, lors de l'inauguration du salon, mardi matin.
Comment planter demain?
Organisé à Angers tous les deux ans, le Salon du Végétal réunit les professionnels autour des enjeux de la filière, notamment…
Les poires sont pré-calibrées dans l'eau. Dès que 300 kg d'un même calibre sont rassemblés, les poires sont dirigées vers la sortie.
La Blottière dimensionne sa station pour la poire
Les vergers de la Blottière ont investi 21 millions d'€ pour transformer la station fruitière de Chemillé-en-Anjou en outil…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois