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Coopératives 
Terrena fédère amont et aval autour de l'agriculture de régénération

Le groupe coopératif Terrena a officialisé lundi 26 janvier, à Baugé-en-Anjou (Le Guédeniau) le lancement de Covalo Ouest, une coalition d'acteurs visant à accélérer le déploiement de l'agriculture de régénération. 

Comment produire demain dans le contexte de réchauffement climatique ? David Métivier, agriculteur à Louresse-Rochemenier et administrateur Terrena en est convaincu, "une des réponses est sous nos pieds". La coopérative lance un projet nommé Covalo Ouest, avec de nombreux partenaires, afin de déployer de manière ambitieuse l'agriculture de régénération des sols. La coopérative s'appuie sur l'association Pour une agriculture du vivant (PADV), qui accompagne, en France, le développement de 6 coalitions similaires. Dans l'Ouest, Terrena est pilote du projet, avec d'une part ses filières (Cérience, Nourience, Evelia, Inveja) et des partenaires : Coopérative U, Brioches Pasquier, Crédit agricole, Axa Climate, Icosystème, Agence de l'eau Loire-Bretagne). BPI France apporte un soutien financier. 

1 000 Indices de régénération 

L'idée, face au constat de nombreux agriculteurs que "leur sol ne répond plus", est de "redonner la parole au sol, de s'occuper de lui", résume Anthony Thuaud, du groupe Brioche Pasquier, et président de l'association PADV. Terrena veut déployer l'agriculture de régénération des sols dans 1 000 exploitations du Grand Ouest (sur environ 12 000 adhérents actifs). Pour ce faire, elle s'appuie sur un outil, l'IR, ou Indice de régénération. Après une phase expérimentale chez une vingtaine d'agriculteurs en 2024, 100 IR (pour un coût d'environ 2 000 €, financés par Terrena) ont déjà été réalisés en 2025. 280 sont prévus pour 2026, pour arriver à 1 000 d'ici 2028. L'engouement des adhérents est réel, souligne Pascal Bugel, directeur des productions végétales de Terrena : "ils nous poussent à avancer. Nous avons déjà 100 exploitations en liste d'attente pour 2027 !" Plus de 200 agronomes et techniciens ont été formés à l'IR.

Une démarche de progrès 

L'agriculteur Jean-Marie Rousteau, du Gaec du Theil, où s'est déroulé le lancement de Covalo Ouest, est un des pionniers de l'agriculture de régénération. "Sur l'exploitation, on a semé des couverts avant que cela soit obligatoire et on a de plus en plus de surfaces sans labour. J'ai accepté de faire un IR en 2023", témoigne Jean-Marie Rousteau. Grâce à quelques modifications de pratiques préconisées par son technicien conseil, il constate que ses sols "vont mieux", il a amélioré son IR de 10 points. Cette meilleure fertilité des sols passe par le remplacement du labour par la fissuration, le choix de couverts plus couvrants, ou encore l'ajout d'espèces dans les couverts."La présence d'élevage sur une exploitation apporte un plus sur la note de l'IR", souligne Pascal Bugel. 

Sur son exploitation en 100 % végétal, David Métivier, lui, fait évoluer ses pratiques en réintégrant de la luzerne semences, en implantant des couverts qui restent plus longtemps. "On a fait aussi le test d'intégrer de la féverole. C'est intéressant agronomiquement, mais on doit encore trouver un modèle économique pour cette culture", admet-il. 

Des filières à construire 

Outre l'enjeu sol, à terme, les agriculteurs espèrent améliorer leur marge/ha grâce à une réduction des charges de phytosanitaires et des coûts de mécanisation. Mais dans l'immédiat, l'engagement dans une démarche d'agriculture de régénération induit des coûts. La féverole par exemple, aurait besoin d'un accompagnement entre 20 et 80 €/t en fonction des années, selon Terrena. L'accompagnement financier des agriculteurs, par une combinaison de fonds publics et privés, est un des gros chantiers en cours de Covalo Ouest. L'aval de la filière est d'ores et déjà partante pour accompagner cet effort, comme l'a exprimé Bertrand Morand, représentant la coopérative U : "l'idée est de construire des contrats de long terme, sur 3 à 5 ans, tenant compte des coûts de production, et d'intégrer l'IR dans nos cahiers des charges, avec une notion de plan de progrès". Le projet Covalo Ouest est à la recherche de nouveaux membres de l'aval prêts à s'engager dans la démarche. 

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