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Sécheresse
Un potentiel maïs fortement amputé

Toutes les cultures fourragères pâtissent de la sécheresse et des canicules à répétition. Zoom sur le maïs, dont l'état actuel, en ce début juillet, nourrit les inquiétudes des agriculteurs. 

"Ce n'est pas beau, c'est tout grillé dans les terres sableuses, dans les parcelles à faible potentiel. Les premiers semés, d'une hauteur d'1,50 m, sont en fleur mais il risque de ne pas y avoir de grain, quant aux derniers semés, ils fatiguent trop", témoigne, comme bien d'autres, l'éleveur Anthony Barillé (Montigné-les-Rairies), qui a déjà contacté son assureur. C'est le cas de beaucoup d'agriculteurs, qui voient le potentiel de récolte s'échapper à mesure que s'accumulent les vagues de chaleur (lire encadré). Sans apport d'eau, Antthony Barillé s'attend à des rendements de 4 à 5 t de MS/ha maximum sur les 57 ha implantés pour son troupeau laitier.

La double peine canicule-géomyza

Dans l'ensemble du département, sur les parcelles qui n'ont pas reçu d'orages en juin et qui ne sont pas irriguées, la situation est préoccupante. Dans le Segréen, à cette sécheresse s'ajoute la double peine de la mouche géomyza, qui a obligé nombre d'agriculteurs à resemer. "Ce n'est pas terrible, résume Yannick Forestier, dans le secteur du Lion d'Angers. C'est inquiétant et c'est pire qu'en 2022". Les re-semis imputent le potentiel de récolte et pèsent sur la trésorerie des exploitations. Pour nourrir leurs animaux, les éleveurs doivent déjà piocher dans les stocks hivernaux, les prairies sont brûlées, "même en bordure de rivière", et pour ceux qui arrosent, les restrictions sur les bassins de la Mayenne et de l'Oudon sont déjà en vigueur. "L'irrigation maintient les maïs, mais ne les fait pas pousser", constate toutefois l'agriculteur de Thorigné d'Anjou. "Il faudrait les arroser quasiment tous les 3-4 jours, alors qu'on passe l'enrouleur tous les 8-10 jours". Comme ailleurs, beaucoup de floraisons démarrent avec des maïs très petits...

À Saint Michel-et-Chanveaux, Anthony Chauvet, éleveur laitier, s'apprête à ensiler en cette fin de semaine ou la semaine à venir. Ses maïs ont fleuri, commencent à sécher sur pied et ne feront sans doute pas d'épi. La pousse est hétérogène, avec des plantes de 2 m et d'autres de 50 cm au sein d'un même champ. L'éleveur avait déjà vécu des ensilages précoces sur certaines parcelles, dès le 6 août. Mais jamais à la mi-juillet...

"Cette semaine va être décisive". Aux Verchers-sur-Layon, le producteur porcin Alexandre Babin s'inquiète aussi pour ses 30 ha de maïs cultivés en majorité pour le grain humide : "s'il n'y a rien, on ne fera pas de frais pour passer la moissonneuse dedans, on les laissera pour arranger des voisins qui ont besoin d'ensilage". L'éleveur a besoin de 300 t de maïs grain humide par an pour sa fabrique d'aliments à la ferme. Par précaution, il a déjà réservé du maïs et il pose la question de baisser son cheptel de production pour pallier un manque de fourrage qui vient s'ajouter à des difficultés liées à des cours insuffisants.

Difficile, même en irrigué

Dans les Mauges, même constat : "il n'y aura pas grand chose cette année, c'est sec, décrit l'éleveur laitier chemillois Simon Martin. La semaine où il a fait 40°C, on a déjà essayé de sauver nos animaux". Au Gaec Rothureau, à Beaupréau, qui va entamer son 3ème tour d'irrigation, les enrouleurs tournent toutes les nuits, explique Antoine Rothureau, qui implante 60 ha de maïs, dont 52 irrigués, pour ses 120 vaches laitières et 160 vaches allaitantes : "ça le maintient, mais même en irrigant, on voit des ronds de culture grillés !".

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