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Festi'Elevage
Une 29e édition frustrante

Pour la 2e année consécutive, le sanitaire était au cœur des discussions dans les travées du Festi'Elevage de Chemillé, un peu plus clairsemées qu'à l'accoutumée malgré la tenue du concours inter-régional blonde d'Aquitaine, la race à l'honneur de cette édition.

Pour les éleveurs présents le week-end dernier à Chemillé, comme pour ceux qui n'ont pas été autorisés à y emmener leurs animaux dont les analyses PCR étaient sorties positives à la FCO, la frustration était palpable. Les concours de races ont malgré tout pu se tenir, en effectifs réduits, sauf en jersiaise qui n'a pu faire qu'une simple présentation avec seulement 6 bovins issus de 2 élevages. Les éleveurs ovins avaient quant à eux fait le choix de ne pas venir du tout. "Comme la MHE l'année dernière, la FCO nous a encore bien embêtés cette année, regrettait le président du Festi'Elevage Benoit Cesbron. Mais je remercie toutes les races qui m'ont soutenu dans la décision du protocole qui a été retenu". Un protocole dicté par la prudence, en l'absence de vaccination obligatoire. Du reste, les cas de figures étaient parfois difficiles à décrypter, certains animaux vaccinés et sans symptômes apparents virant malgré tout positif au test PCR. Tous les concours et regroupements bovins et ovins du Grand Ouest se trouvent confrontés au même dilemme : le national Blanc-Bleu qui devait se dérouler à Evron le week-end dernier a été annulé par les organisateurs, tout comme l'inter-régional charolais qui devait se dérouler ce week-end au Mans. Le Space, qui a retenu le même protocole que Chemillé, a annoncé mercredi que seule la moitié des animaux prévus initialement pourront participer aux concours et présentations des 13 races bovines et 11 races ovines qui se tiendront la semaine prochaine.

Dans les travées du Festi'élevage, le principe d'une vaccination obligatoire pour participer aux concours semblait remporter l'adhésion de nombreux éleveurs, si par malheur l'édition 2026 du Festi'Elevage devait à nouveau se dérouler dans un contexte sanitaire dégradé l'an prochain. "Il va bien falloir apprendre à vivre avec !" pouvait-on entendre. Mais nous n'en sommes pas encore là, à chaque jour suffit sa peine...

Rentabilité et transmission

En dehors de cette menace sanitaire, il faut bien dire que l'élevage a plutôt le sourire en ce moment. "On commence à avoir des cours un peu rémunérateurs. Nos exploitations commencent à être rentables", soulignait Benoit Cesbron dans son discours face aux élus le dimanche matin. Et de positiver sur la présence au Festi'Elevage de 180 jeunes des MFR de Chemillé, Segré et de l'Institut rural des Mauges (Beaupréau-en-Mauges), "motivés par l'élevage, et qu'il faut continuer à motiver, parce qu'il faut que ces jeunes puissent reprendre des élevages demain". Paradoxalement, les "bonnes cotations" du moment en viande bovine, ont aussi leurs revers, et entraînent des difficultés potentielles pour les jeunes au moment de la reprise du capital du cédant, en ayant fait doubler la valeur de certaines catégories d'animaux.

De son côté, le président de la Chambre d'agriculture, Denis Laizé, soulignait également les "raisons d'être optimistes", même s'il pointait aussi  "quelques vents contraires", à commencer par le "coup de couteau du Mercosur". Et, les éleveurs d'appeler les élus et décideurs politiques à "remettre l'agriculture au centre, qu'on comprenne que l'agriculture est un fleuron de l'économie et qu'il faut que ça le reste" quand bien même "certains n'en ont rien à péter de notre rentabilité" relayait le président du Festi'Elevage. Au passage, une flèche est partie en direction de la députée Stella Dupont, la seule présente pour l'occasion : l'éleveur de Saint Hilaire du Bois, Vincent Gaborit, profitant du défilé des champions et championnes par races pour appeler l'élue de la 2e circonscription du Maine-et-Loire à faire converger ses discours politiques de soutien à l'agriculture sur le terrain avec ses votes à l'Assemblée nationale, l'ex députée macroniste ayant en effet choisi de voter contre la proposition de loi Duplomb en juillet dernier.

Dans ce contexte politique et sanitaire pour le moins troublé, les éleveurs, comme toutes les autres activités économiques du pays, ont besoin de perspectives d'avenir claires et stables. Gageons que les semaines et les mois qui viennent puissent leur en apporter.

 

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