Territoire
Une agricultrice du Haut-Anjou en route pour l'Assemblée nationale
Suppléante de Philippe Bolo depuis 2022, Patricia Maussion s'apprête à siéger au Palais Bourbon. Agricultrice à Loiré et figure engagée de la vie publique locale et régionale, elle portera la voix de la ruralité et du monde agricole à Paris dès la mi-mai, dans un contexte législatif crucial pour la profession.
Suppléante de Philippe Bolo depuis 2022, Patricia Maussion s'apprête à siéger au Palais Bourbon. Agricultrice à Loiré et figure engagée de la vie publique locale et régionale, elle portera la voix de la ruralité et du monde agricole à Paris dès la mi-mai, dans un contexte législatif crucial pour la profession.
Le paysage politique du Maine-et-Loire s'apprête à connaître un mouvement significatif. Suite à la victoire de Philippe Bolo aux élections municipales d'Avrillé dimanche dernier, ce dernier se voit contraint, par la loi sur le non-cumul des mandats, de démissionner de son siège de député de la 7e circonscription. Sa démission, prévue pour la fin du mois d'avril, ouvre naturellement les portes de l'Assemblée nationale à sa suppléante : Patricia Maussion.
Le choix du territoire
Pour cette agricultrice en production laitière biologique installée sur la commune de Loiré, dans le Haut-Anjou, l'annonce intervient dans un timing singulier. Élue maire de sa commune il y a seulement deux semaines, après quatre mandats au sein du conseil municipal, Patricia Maussion a dû faire face à un dilemme. Entre son engagement tout neuf pour ses administrés de Loiré et l'opportunité nationale, l'hésitation fut réelle. " J'ai beaucoup hésité. Lundi soir j'ai réuni mon équipe municipale. Et ils m'ont tous dit "il faut y aller, c'est une chance inespérée de représenter notre territoire" ", confie-t-elle. Le soutien sans faille de ses collègues a été le déclencheur : " J'ai été agréablement surprise du soutien du Conseil municipal ". Si elle devra quitter son écharpe de maire pour respecter la loi, elle restera conseillère municipale, tandis que Loiré s'apprête à élire un nouveau premier édile.
Une expertise ancrée dans le réel
Patricia Maussion n'est pas une novice en politique. Outre son ancrage local, elle siège au Conseil régional des Pays de la Loire au sein du groupe Union centriste et préside le pôle formation continue de la Chambre d'agriculture régionale. Cette double casquette d'élue et de professionnelle de la terre lui confère une légitimité précieuse pour ses futures fonctions.
Elle devrait faire son entrée officielle au Palais Bourbon à la mi-mai. Bien que non encartée, elle rejoindra les rangs du groupe "MoDem et apparentés", s'inscrivant dans la continuité de son prédécesseur. Mais Patricia Maussion a déjà les yeux rivés sur les dossiers de fond. "J'espère intégrer la commission économique, qui comporte l'agriculture", indique celle qui place la ruralité et l'aménagement du territoire au sommet de ses priorités.
Loi d'urgence agricole
Son arrivée à Paris coïncide avec un calendrier législatif dense. Elle aura en effet la lourde tâche d'examiner le projet de loi d'urgence agricole. Présenté en Conseil des ministres début avril, le texte devrait arriver sur les bancs de l'Assemblée en mai, avant un passage au Sénat en juin.
La présence de Patricia Maussion vient renforcer la représentation directe du monde agricole au sein de la représentation nationale. Jusqu'ici, sur les 577 députés, seuls six agriculteurs et une salariée agricole siégeaient dans l'hémicycle depuis les dernières législatives. Dans une période où la nécessité de porter la voix des agriculteurs n'a sans doute jamais été aussi importante, l'arrivée d'une figure agricole, qui plus est issue du Haut-Anjou sera particulièrement bienvenue.