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Arboriculteurs
Une campagne cruciale pour l’avenir des producteurs de pommes

Après 2009-2010 catastrophique, ils entament la cueillette de pommes avec beaucoup d’attente.

© AA

Malgré des signes optimistes (baisse de récolte française et européenne, parité monétaire, qualité des produits…), les arboriculteurs sont inquiets quant à leur avenir.
Reine des reinettes, gala, elstar… la récolte s’est fait attendre mais a bel et bien démarré en Pays de la Loire. Les conditions météorologiques du printemps et la sécheresse de cet été ont retardé d’une bonne semaine le lancement de la cueillette, mais depuis début septembre, les vergers sont en pleine activité. Le retard se comble et les variétés s’enchaînent rapidement. Par endroit, malgré le nombre important de candidatures en juillet, la main-d’œuvre vient à manquer.
Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, au 1er septembre 2010, la production française de pommes de table est estimée à 1 675 000 tonnes, soit - 4 % par rapport à la moyenne quinquennale. Toutefois, il existe de grandes disparités entre les régions (voir tableau). La région des Pays de la Loire est la plus touchée avec une baisse de la production estimée à - 12 %. Ce mauvais résultat est principalement dû aux arrachages et cessations d’activité qui ont réduit la surface des vergers de 8 %.
La récolte 2010 sera donc plus faible mais la qualité est au rendez-vous. La pression sanitaire a été moindre et les conditions météorologiques ont permis le développement de fruits juteux et sucrés.

Hélène PAUCET, FRPF/FRSEA

Production européenne en baisse de 11 %

C’est à Kiev, en Ukraine, que se sont réunis à l’occasion de la 34e conférence Prognosfruit, les producteurs de pommes de l’Union européenne, pour préparer la campagne 2010. Les  prévisions de récolte font état d’une baisse de 11 % de la  production européenne de pommes sur 2010-2011.
Pour la seconde fois en dix ans, les rendements européens devraient être inférieurs au seuil des 10 millions de tonnes, soit une production de 9 796 000 tonnes (contre 11 millions de tonnes en 2009-2010). Parmi les principaux pays producteurs, la Pologne semble particulièrement touchée avec une baisse de l’ordre de 25 % par rapport à 2009 et tomberait ainsi sous la barre des 2 millions de tonnes.

Interview

Bruno Dupont : « La profession doit être vigilante sur les pratiques commerciales des distributeurs »

2010 sera une année cruciale pour les arboriculteurs. Quelles sont les perspectives pour cette nouvelle campagne ?
Bruno Dupont :
Les arboriculteurs attendent beaucoup de cette nouvelle campagne après les deux années catastrophiques qu’ils viennent de vivre. À la mi-septembre, la situation est plutôt encourageante. Les stocks sont très faibles et les prévisions de récoltes françaises et européennes indiquent une baisse significative. Les premières cotations du Sud-Est se font sur des prix satisfaisants sans aucune comparaison avec ceux de 2009. L’exportation semble plus dynamique en ce début de campagne, même s’il faut rester prudent car certains pays vont rapidement se recentrer sur la production locale.

Les relations avec la distribution sont-elles plus sereines qu’en 2009 ?
La distribution joue un rôle primordial dans cette campagne et peut, en faisant pression sur les prix, faire virer les clignotants au rouge. D’expérience, nous savons que si les cours s’effondrent en début de campagne, il sera quasi-impossible de les faire remonter. La profession doit avoir confiance en elle et doit être vigilante sur les pratiques commerciales des distributeurs. La FNPF en fait une priorité et demande aux opérateurs commerciaux de faire état à la FNPF des pratiques litigieuses des acheteurs.

La contractualisation proposée dans la Loi de modernisation agricole, est-elle une solution pour la filière ?
Ce sujet, très sensible et complexe, est actuellement en débat au sein de l’interprofession. Face à la diversité des produits en fruits et légumes, il paraît impossible de créer un contrat-type qui satisfasse toutes les exigences des produits. Par conséquent, les discussions s’orientent actuellement vers la rédaction d’un contrat-type par produit. Celui-ci devra contenir des critères de
flexibilité permettant à la fois de sécuriser le revenu des producteurs et de rester compétitif sur un marché mondial.

RECUEILLI PAR H. PAUCET

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