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Caprin
Une chèvrerie pensée pour demain

Installé en janvier 2026 à Segré-en-Anjou-Bleu, Malo Chanteux projette de conduire un cheptel de 500 chèvres laitières avec sa compagne, qui le rejoindra dans deux ans.

"Il faut que ma chèvrerie de 400 places soit terminée pour Noël." Tel est l'objectif à atteindre pour Malo Chanteux afin que les premières mises bas se déroulent dans de bonnes conditions. Sur le site repris en janvier dernier par le jeune agriculteur, à Louvaines, commune déléguée de Segré-en-Anjou-Bleu, les anciennes stabulations ont été réaménagées pour accueillir les premières chevrettes. "J'ai aussi isolé et ventilé la nurserie", décrit-il.

Projet de couple

Son projet, il le partage avec sa compagne, Maud Antonin. Le couple s'est formé lors de leur formation en CS caprin, il y a quelques années. "Dans ma famille, on conduit plutôt des vaches allaitantes limousines, sourit-elle. Mais ma rencontre avec une technicienne passionnée par l'élevage caprin m'a donné envie de m'orienter vers cette production". Si le conseil l'a, un temps, attiré - Maud Antonin est d'ailleurs apprentie ingénieure chez Seenovia actuellement-, la jeune femme, originaire de la Charente Maritime, a décidé de s'installer elle aussi, mais en 2028.

Potentiel laitier

Dans l'intervalle, Malo Chanteux aura commencé à produire du lait pour le livrer à Agrial, avec son troupeau de 350 Saanen. Une race qu'il a connue chez un ancien patron. "J'ai d'ailleurs acheté mes chevrettes chez lui, explique-t-il. D'un bon niveau génétique, elles vont m'assurer une production de 1 200 l  chacune par an". L'objectif est de monter progressivement les effectifs pour atteindre un cheptel de 500 chèvres, de quoi occuper deux personnes à temps plein.

Réduire l'astreinte et la pénibilité

Trois travées supplémentaires seront ajoutées à la chèvrerie lors de l'arrivée de Maud Antonin, et sans doute aussi une nouvelle nurserie. L'investissement de départ du jeune éleveur est déjà conséquent - 900 000 € (bâtiment, achat du foncier du siège d'exploitation, matériel et chevrettes)-, malgré la part d'auto-construction. "Mais j'ai prévu des équipements visant à réduire à la fois notre astreinte et la pénibilité", souligne-t-il. La salle de traite, une occasion, comportera 30 x 2 postes, permettant de "traire 400 chèvres à l'heure". Un robot repousse-fourrage et un distributeur de concentrés allègeront le soin aux animaux. Le couple envisage également d'appliquer une résine sur le béton des auges afin "de limiter l'échauffement du fourrage".

Une conduite "très technique"

Passionnés par l'élevage de ce petit ruminant, "très technique", Malo Chanteux et Maud Antonin resteront rigoureux sur l'alimentation de leur troupeau. La ration sera composée de maïs ensilage, d'enrubannage de RGI+trèfle et de foin. "Nous produirons ces fourrages sur notre exploitation de 57 ha. Mais nous ne serons pas autonomes en paille", estiment-ils. Le matériel pour les travaux des champs est emprunté à la Cuma locale.

Pour la reproduction de leurs chevrettes, les éleveurs privilégient la monte naturelle pour cette première année. "Ensuite, nous ferons 25 % d'IA afin de conserver le bon niveau génétique de nos femelles et de pouvoir vendre des reproducteurs", annoncent-ils. Des objectifs ambitieux mais qui n'effraient pas ce couple de fonceurs.

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