Aller au contenu principal

Beaucouzé
Une ferme aux portes de la ville

La Ferme du Grand Tertre élève des volailles bio, vendues à 100 % en direct. Un choix permis par sa situation dans l’agglomération angevine.   

Axel Tessier et Mallory Debout, de la Ferme du Grand Tertre à Beaucouzé.
© AA

A Beaucouzé, sur l’axe Angers Bouchemaine, la Ferme du Grand Tertre est une exploitation entièrement tournée vers les circuits courts. « Ici, il se fait de la volaille, en vente directe, depuis 1992. La ferme est en bio depuis 1998 et possède son propre abattoir  », explique avec fierté Axel Tessier, installé en août dernier après avoir été salarié de la ferme. Dans l’agglo, cette exploitation fait figure de pionnière en matière de circuits courts : c’est ici que s’est installé le premier local de vente du magasin de producteurs La Ferme Angevine, dans les années 90, avant de s’implanter près du futur Atoll.
La Ferme du Grand Tertre commercialise chaque année 12 000 volailles, ainsi que des œufs de son élevage de 750 pondeuses. Sur les 67 ha de surface, elle produit la quasi totalité de l’alimentation animale (excepté le sel, l’argile et les minéraux, issus des Pays de la Loire). Elle fait même son soja bio. L’exploitation fait travailler 5 personnes : le jeune exploitant Axel Tessier, 22 ans, sa conjointe Mallory Debout, 23 ans, qui a pour l’instant le statut de conjointe collaboratrice, Anne-Claude Guiho, salariée et ancienne associée de l’exploitation, Stéphane Bigot, ancien associé également et salarié à mi-temps, et Romain Gérard-Dubord, apprenti.
« Toute la production est écoulée dans un rayon d’à peine 10 km », souligne Axel Tessier. Chaque semaine, à partir du mercredi, les ventes s’enchaînent à un rythme soutenu : le mercredi matin au marché de Beaucouzé, le jeudi soir à l’Amap de Bouchemaine, le vendredi matin à la ferme, le vendredi après-midi et le samedi matin à la Ferme Angevine. Et le samedi matin, également, au marché de la place Leclerc à Angers, un point de vente en fort développement :  « on y touche une clientèle plus diversifiée, notamment des étudiants », note Mallory Debout. Et toute la semaine, des poulets sont mis en vente au Jardin de l’avenir à Ste-Gemmes sur Loire. Les œufs sont vendus aussi à des restaurants, en majorité des crêperies. « Nous avons la chance, en étant dans l’agglo, de vendre à une clientèle exigeante en termes de qualité ».


L’ombre de l’influenza, le soutien des clients
Mais malgré ce succès auprès de la clientèle, l’exploitation vit une année compliquée avec la grippe aviaire. Dès le printemps, les poussins n’ont pas pu entrer sur l’exploitation à cause des restrictions sanitaires. Cet été, l’exploitation n’a pas pu renouveler son cheptel de canards ni celui de pintades, par manque de disponibilité dans les couvoirs. Résultat, un vide sanitaire de trois mois. « Lorsque je me suis installé, début août, on étaient inquiets, on était descendus à 120 volailles vendues par semaine et notre crainte était de perdre nos clients », relate Axel Tessier. Le manque à gagner lié à l’épidémie d’influenza est estimé par l’éleveur à près de 80 000 euros, sans aucune indemnisation perçue à ce jour.
Heureusement, la clientèle ne s’est pas évaporée avec ces manques de volailles. En octobre, les ventes ont pu reprendre, atteignant un rythme de 250 à 300 volailles/semaine et l’exploitation manquerait même de marchandise ! Une porte ouverte en octobre a attiré près de 800 personnes, permettant de fidéliser de nouveaux acheteurs. Mais la situation  reste stressante : « nous sommes pressés que Noël soit passé », confie le couple, qui peaufine la finition des chapons et dindes.


Un projet de transformation
Celui-ci ne manque pas de projets : après Axel, Mallory, aide-soignante de formation, devrait s’installer dans 5 ans, une fois qu’elle se sera formée par le biais de la validation des acquis. Elle  projette de monter un laboratoire de transformation pour valoriser encore mieux la viande, en rillettes, en plats préparés... Autre projet : dès cet hiver, l’effectif de pondeuses doit passer de 750 à 2 750 poules, grâce à la construction de deux bâtiments de 250 m2 chacun et d’un centre de conditionnement et de tri. Un investissement de 275 000 euros.  
Mais sur le long terme, les deux jeunes éleveurs ne se font pas trop d’illusion : « on ne fera pas toute notre carrière ici ! Les 20 dernières années, la ferme a perdu 10 ha par l’urbanisation. Sur la commune, nous ne sommes plus que 4 exploitations. La pression foncière est très forte ». Le revers de la médaille d’une localisation privilégiée pour la vente directe.
S.H.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Cinq nouveaux membres intègrent le Bureau de la FDSEA pour cette nouvelle mandature.
Un nouveau Bureau à la FDSEA

Emmanuel Lachaize a été reconduit à la présidence pour un mandat de trois ans. Avec comme priorités affichées la proximité du…

Les Jeunes Agriculteurs ont présenté leur nouveau Conseil d'administration.
Une AG entre engagement syndical et enjeux d'avenir
Jeudi 5 février, les Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire se sont réunis en assemblée générale au campus de Pouillé. Un temps…
Sur le pont de la Loire, une centaine de tracteurs et 170 adhérents de la FDSEA et de JA49 ont bloqué la circulation pendant plusieurs heures, mardi 3 mars.
"Nous sommes capables de bloquer tous les ponts de la Loire"

Les syndicats FDSEA et JA 49 ont bloqué le pont de la Loire pendant plusieurs heures mardi 3 mars. Le temps nécessaire au…

Olivier Brault, président des caves de la Loire et Etienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire de l'IFV, qui a présenté le travail de l'institut sur l'encépagement de demain. 
Dans un contexte perturbé, les Caves de la Loire résistent
La coopérative Caves de la Loire, du groupe Loire Propriétés, tenait son assemblée générale jeudi 12 février au Cinéville des…
Sylvie Dieterlen, Denis Asseray, Florent Villepellé et Pierre Uzureau ont visité le local technique abritant la chaudière bois du réseau de chaleur de l'Ehpad.
À Saint-Georges-sur-Loire, du bois local pour chauffer l'Ehpad
Depuis juillet dernier, la société coopérative d'intérêt collectif Maine-et-Loire bois énergie alimente en plaquettes bois le…
En Rouge de l'Ouest, le Gaec Charbonnier (Montilliers) remporte le 1er prix de section en antenais.
En l'absence de bovins, le Maine-et-Loire expose ses autres atouts

Dans une édition privée de ses bovins, le salon de l'agriculture 2026 a fait la part belle aux autres espèces animales, et aux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois