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Volailles
Une filière déterminée

Près de 300 opérateurs des filières volailles de chair se sont réunis, le 16 avril, à Angers pour l'Assemblée générale de l'interprofession Anvol. Une AG qui a reçu, pour la première fois depuis la création d'Anvol en 2018, la visite du ministre de l'Agriculture.

Producteurs, accouveurs, transporteurs, abattoirs, professionnels de la nutrition animale, ... les représentants des filières de volailles de chair (poulet, dinde, canard à rôtir, pintade, oie, caille et pigeon) ont confirmé leurs ambitions pour la reconquête de la souveraineté française. « Notre filière a de nombreux atouts » a rappelé Jean-Michel Schaeffer, président d'Anvol. « Notre force, c'est notre organisation collective dont le socle est le contrat de production ». La filière connaît un contexte porteur. La consommation est en hausse régulière : + 15 % entre 2019 et 2025. La volaille est désormais la première viande consommée par les Français (31,7 kg par an et par habitant, juste devant le porc 31,5 kg). « Sur le papier, tout semble réuni pour une success-story » poursuit le président. Sauf que 52,4 % des poulets sont importés. Les raisons de ce déficit sont connues rappelle Jean-Michel Schaeffer : « surréglementation, concurrence déloyale, attaques d'associations extrémistes, difficulté de traçabilité des viandes non UE, ... ». Dans le cadre des conférences de la souveraineté, la filière a précisé ses objectifs : « retrouver notre autosuffisance d'ici 2035 (75 % aujourd'hui), et passer le niveau des importations de 50 à 35 % ». Pour cela la filière doit se développer. Les ambitions sont claires pour les dix prochaines années : reprendre ou construire 2 200 poulaillers (+ 600 poulaillers Label rouge) ; construire huit abattoirs d'une capacité de 750 000 tonnes par semaine ; quatre nouveaux couvoirs d'une capacité de 60 millions de poussins par an ; 105 poulaillers dédiés à l'élevage des reproducteurs ; et six nouveaux sites de fabrication de nutrition animale. La filière compte sur les évolutions législatives promises pour pouvoir réussir ce pari. Il faut « un travail de fond pour sécuriser les porteurs de projets » rappelle Jean-Michel Schaeffer.

« Simplifier, simplifier, et encore simplifier »

Dans sa réponse, Annie Genevard a précisé les avancées contenues dans le projet de loi d'urgence. « Pour sortir les projets de terre, il faut aussi simplifier, simplifier, et encore simplifier », a martelé la ministre de l'Agriculture. « Le projet de loi d'urgence prévoit une ordonnance qui nous permettra de créer un régime juridique plus simple, plus souple, pour les élevages de volailles. Et, surtout : de relever les seuils d'autorisation ». Ce nouveau régime « devrait faciliter la vie d'un quart des projets d'élevage actuellement dans les tuyaux ; et de 40 % de ceux qui sont déjà sortis de terre mais qui pourraient vouloir, par exemple, s'étendre » estime la ministre. Le Gouvernement veut aussi simplifier les contentieux : « un décret va être pris de façon imminente, pour que la durée des jugements concernant des élevages soit encadrée, et pour que ce soit la cour d'appel qui soit directement saisie ». De plus, le projet de loi doit permettre d'obtenir des dommages et intérêts quand un producteur a été victime d'un recours abusif. Enfin, Annie Genevard s'engage à saisir la Commission de son projet concernant la directive sur les émissions industrielles (dite « IED ») : « Il faut, sinon sortir les élevages d'IED, à tout le moins en exclure les élevages qui n'ont pas une taille suffisante pour réussir à appliquer les normes techniques. Une exploitation familiale n'a rien à faire dans les IED ! ».

 

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