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35 ans au service
du développement

Depuis août 1990, Bertrand Métayer était animateur à l'Afdi Pays de la Loire. À l'heure de prendre sa retraite, il retrace les événements marquants de sa carrière.

Bertrand Métayer n'avait pas prévu d'être animateur à l'Afdi(1)Pays de la Loire toute sa carrière professionnelle. Lors de l'entretien de recrutement, il avait d'ailleurs répondu aux membres du conseil d'administration, surpris, qu'il "ne comptait rester que deux ou trois ans". "J'avais pour projet de m'installer sur la ferme familiale, dans le Morbihan, raconte-t-il. J'avais suivi des études agricoles et avais l'intention de poursuivre la production porcine de mes parents". Mais ses liens avec l'Afrique, qu'il avait commencé à tisser pendant ses cinq années de coopération à Tillabéri et Agadez, et qu'il a enrichis ensuite au gré de ses missions pour l'Afdi, ont été plus forts. "J'avais déjà dû me bousculer pour quitter le Niger, dit-il. Le poste proposé par l'Afdi était pour moi l'opportunité de continuer à être en contact avec ce continent".

Dialogue d'égal à égal

Continent qu'il estime aujourd'hui mieux connaître après avoir côtoyé les paysans du Burkina-Faso et du Mali. "La nécessité de palabrer, de résoudre les conflits sous peine de scinder le groupe : ce sont des connaissances interculturelles essentielles pour travailler dans le développement agricole, témoigne-t-il. Une de mes missions était d'ailleurs d'informer et de former les agriculteurs ligériens sur ce sujet. Ils ne devaient pas arriver en Afrique en donneurs de leçons". Bertrand Métayer a été particulièrement marqué par sa rencontre avec Bernard Ledea-Ouedraogo, président de la fédération des groupements Naam avec laquelle travaille l'Afdi Pays de la Loire. "Il était très éclairant sur les relations avec les paysans du Sud, avoue-t-il. Car c'est parfois difficile de dialoguer d'égal à égal quand on doit rendre des comptes. Et de savoir faire entendre son point de vue sans aller trop loin".

Organisation des producteurs

Les dix premières années de sa carrière, Bertrand Métayer effectuait deux à trois missions de quelques semaines par an dans les pays partenaires de l'Afdi Pays de la Loire. "J'ai eu ensuite un collègue et nous partagions les déplacements", indique-t-il. Au Burkina Faso par exemple, l'objectif était de développer les cultures maraîchères et d'accompagner l'organisation des producteurs. "Pendant la saison maraîchère, il y avait un grand va-et-vient de professionnels ligériens en activité. Ils s'organisaient entre eux pour que leur travail soit fait dans leur exploitation, en France. Je suis très admiratif de leur investissement", reconnaît-il. Malgré une interruption des échanges avec le Burkina-Faso, l'Afdi Pays de la Loire continue de soutenir les organisations agricoles sur place. "L'insécurité politique et les 2 millions de déplacés internes sont un frein au développement, estime Bertrand Métayer. Mais on peut quand même souligner le défi relevé par les paysans de ce pays. En quarante ans, ils ont structuré leurs organisations, ils ont formé des compétences locales et surtout, ils ont réussi à augmenter la production. Aujourd'hui, la population est mieux nourrie qu'en 1981".

"Travail invisible"

Outre le suivi des partenariats avec le Sud, Bertrand Métayer mobilisait des financements pour les actions. "J'avais aussi un travail invisible, celui de bien identifier les bénévoles et les soutiens possibles pour l'association. C'est un travail relationnel indispensable", commente-t-il, rappelant que l'Afdi a été créée par les organisations agricoles. En plus de trois décennies, Bertrand Métayer a connu trois présidents à l'Afdi Pays de la Loire. "J'ai aussi eu la particularité d'avoir le président de l'Afdi 49 qui était aussi président de l'Afdi nationale, en la personne de René Raimbault, souligne-t-il. Ancien président de la coopérative Cana et de la Jac (Jeunesse agricole chrétienne), il a contribué au dynamisme de la section ligérienne". Avec Marietta Mérieau à la présidence, a été initié un partenariat avec la République démocratique du Congo. "C'est le choc le plus récent, rapporte-t-il. Cette rencontre avec ces femmes violées et mutilées qui font tout ce qu'elles peuvent pour que leurs filles ne connaissent pas le même sort".

Bertrand Métayer n'appréhende pas la retraite. La date officielle est le 1er février 2026 mais il a déjà commencé à prendre congé de son poste. Il se laisse le temps de choisir ses futures occupations. "Je me suis totalement investi dans mon travail pendant 35 ans, alors je n'ai pas eu le temps de profiter des opportunités de la ville d'Angers comme prendre des cours à l'institut municipal par exemple", dit-il.  Se former donc, mais aussi marcher. Il projette de se lancer dans deux chemins de randonnée réputés : le GR34 et Compostelle.

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