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Eau
39 signataires pour la charte départementale de l’eau

Renaturer les cours d’eau, mener des actions sur les pollutions diffuses d’origine agricole et poursuivre l’amélioration de l’assainissement. Ce sont les objectifs d’une nouvelle charte sur l’eau.

Christiane Lambert, présidente de la FDSEA, a signé la charte, ainsi que les organismes professionnels agricoles, les chasseurs, les pêcheurs, les représentants des 
consommateurs, les collectivités locales, etc.. .
Christiane Lambert, présidente de la FDSEA, a signé la charte, ainsi que les organismes professionnels agricoles, les chasseurs, les pêcheurs, les représentants des
consommateurs, les collectivités locales, etc.. .
© AA

Voici un peu plus de deux ans, le Conseil général lançait son projet départemental de charte de l’environnement et du développement durable. Un programme en six axes dans lequel figurent la qualité et la ressource en eau. C’est autour de cette thématique qu’une quarantaine de partenaires s’est retrouvée pour élaborer une charte qui revêt un triple objectif : renaturer les cours d’eau, mener des actions sur les pollutions diffuses d’origine agricole et poursuivre l’amélioration de l’assainissement. « Un document sans portée juridique ou réglementaire, mais incitatif », indique Roger Chevalier, le conseiller général porteur du dossier.
Intitulé “mieux gérer la ressource pour offrir à tous une eau de qualité”, ce document a été signé, de façon officielle, lundi dans les salons du Conseil général. Il rassemble trente- neuf signataires qui s’accordent sur un constat : la qualité des cours d’eau n’est pas satisfaisante. Et les aspects quantitatifs sont également à prendre en compte.  Le comité de pilotage a donc organisé une démarche  concertée et participative qui traduit l’adhésion de l’ensemble à la démarche, ainsi que s’y engage Jean Luc Davy, le président de l’association des maires de Maine-et-Loire, pour les collectivités.
Parmi les nombreux signataires, l’agriculture, première concernée par le dossier, mais pas seulement. L’eau est en effet un élément primordial, a rappelé le président de la Chambre d'agriculture, Jean-François Cesbron ; « La valeur ajoutée apportée par l’irrigation représente une somme de 107 millions d’euros, essentiellement pour les cultures spécialisées ». L’engagement de la Chambre d'agriculture dans la maîtrise qualitative et quantitative de l’eau n’est donc pas une surprise. Ni une nouveauté. Cette signature fait suite au vote des élus de la Chambre d'agriculture en faveur de cette politique. « c’est la suite logique au PDD, plan de développement durable, qui lui même fait suite au PAD, projet agricole départemental ».
« Notre secteur d’activité est très concerné par la qualité des eaux, l’accès à l’irrigation, la gestion des milieux, poursuit Jean-François Cesbron, le Chambre d'agriculture. Du point de vue de la qualité, nous mesurons chaque jour les effets secondaires de nos modèles de production et adaptons nos pratiques. Nous menons des actions concertées pour les plantations, le bocage et accompagnons les exploitations vers la conversion en agriculture biologique, en HVE ou en agriculture raisonnée. Des efforts sont consentis, mais il faudra du temps tout en poursuivant notre mission d’assurer les productions de denrées alimentaires avec moins d’intrants et en économisant l’eau ».
« Cette signature est donc une façon d’officialiser nos pratiques et de porter nos actions à la connaissance des autres secteurs » indique Christiane Lambert qui ajoute : « les structures syndicales sont également engagées dans ce type de démarche ». Elle donne pour exemple la prochaine formation des agriculteurs à Certiphyto : 300 agriculteurs seront formés.
Cet engagement du département en faveur de la maîtrise de la ressource, Noël Mathieu, le directeur général de l’Agence de l’eau Loire Bretagne, l’apprécie, le qualifiant de démarche innovante et fédératrice tout en reconnaissant  « les difficultés du monde agricole ».
Cette politique va à présent continuer à être déclinée localement. Le président de l’association des maires, Jean-Luc Davy, s’y est engagé. Et 1 000 plaquettes vont être distribuées pour faire connaître les actions mises en place.

M. L.-R.

Charte sur l’eau

Des objectifs basés sur des constats

La Charte de l’eau part d’un constat, elle a été élaborée à partir d’un diagnostic partagé de l’ensemble des acteurs de l’eau. Ce diagnostic recense les problématiques liées à l’eau, la qualité, la gestion quantitative les milieux aquatiques. Elle identifie également le rôle des acteurs et les actions qu’ils ont déjà mis en œuvre. Ainsi cette charte ne part pas de rien, elle s’appuie sur l’existant pour  définir des objectifs.


Des priorités d’actions.
Ce sont l’eau potable et la préservation des captages contre les pollutions ponctuelles et diffuses qui ont été placées en priorité. Les 12 captages prioritaires inscrits dans le Grenelle de l’Environnement sont incontournables pour sécuriser l’alimentation en eau du département.
La gestion quantitative vient ensuite, impliquant l’ensemble des usagers en les incitant à des économies d’eau. Pour les collectivités, la limitation des pertes des réseaux d’adduction d’eau, la récupération des eaux pluviales ou de nouveaux modes de gestion des espaces verts sont proposés. Pour l’agriculture, la charte insiste sur l’importance de gérer les situations de conflit par la concertation en donnant priorité, après l’eau potable, aux productions spécialisées, dont le secteur génère plus de 15 000 emplois.
La charte propose également des pistes d’amélioration à travers la mise en place de gestions collectives, de pratiques d’irrigation plus économes et la mobilisation de la ressource en eau.
Troisième objectif, la préservation et la restauration des milieux. Sur ce plan, l’aménagement des cours d’eau, a été mis en avant avec pour objectif de renaturer les cours d’eau notamment en s’interrogeant sur le devenir des ouvrages hydrauliques en ne maintenant que ceux pour lesquels un usage collectif est identifié (alimentation d’eau potable, irrigation, navigation). La préservation et la reconquête des zones humides au travers des inventaires en favorisant le travail déjà engagé par le Sage est proposé.
L’usage des phytosanitaires vient ensuite même si ce point est déjà évoqué sur la préservation des captages. Là encore, tous les usagers sont concernés et les mesures de limitation des usages et des transferts sont mises en avant tout en soulignant l’importance de la recherche pour lever les impasses dans le secteur des productions spécialisées.
Enfin une attention particulière sera portée à la lutte contre les inondations pour mieux appréhender les risques en insistant sur la mise en œuvre d’actions concertées entre les différents partenaires et programmées dans le temps (repérage des crues, renforcement de la levée de l’Authion, …).
C’est par la communication, l’information, la formation et la concertation que le Conseil général compte mettre en œuvre les objectifs de la charte. C’est aussi par une meilleure organisation des acteurs et une meilleure gouvernance que ces objectifs ambitieux pourront être atteints. Un comité de suivi réunissant l’ensemble des acteurs signataires permettra
de suivre l’évolution de ce document dans le temps.

S. P.

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