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Prix
Accord du 3 mai : la distribution annonce l’ouverture de négociations

Comme le réclamait la profession agricole, la grande distribution annonce la ré-ouverture de négociations avec les filières élevage, excepté la charcuterie salaison.

Quelques jours après la publication du rapport Chalmin, qui pointe la responsabilité de la distribution dans la formation des marges, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution qui regroupe les grandes enseignes de la distribution (sauf Intermarché et Leclerc) a annoncé que les différents groupes ré-ouvraient les négociations avec les filières élevage, dans un communiqué publié le 30 juin. “Les enseignes de la distribution ont ré-ouvert les négociations sur les conditions de vente des produits issus des filières bovines et de la volaille ainsi qu’une partie de la filière porcine,” indique la FCD. En effet, les deux indices prévus dans l’accord du 3 mai (prix alimentation animale et ratio prix viande/prix alimentation) ont franchi les seuils définis. Ceci étant,
la reprise des négociations ne concerne pas les produits de charcuterie salaison, la Fédération des industriels charcutiers traiteurs n’ayant pas signé l’accord du 3 mai. Et la FCD de préciser néanmoins que “discussions se feront au cas par cas, en fonction des produits, de la part de l’alimentation animale dans le produit final” et qu’elles prendront également en compte le pouvoir d’achat des consommateurs car “toute augmentation du prix de détail de la viande implique une diminution quasi-proportionnelle de la consommation de ces produits”.
La FNSEA a salué cette décision : “En dépit de toutes les précautions et réserves énoncées, la distribution ne peut que faire le constat que les indicateurs mis en place sous l'égide du ministère de l'Agriculture sont tous passés au rouge depuis plusieurs mois et qu'il est plus que temps de tenir les engagements pris” rappelle le
syndicat. En effet, “face à une volatilité des cours mondiaux des matières premières, dévastatrice pour les acteurs économiques, pour l'emploi et pour les consommateurs, chacun doit prendre ses responsabilités et construire des relations plus matures et partenariales, au bénéfice de l'intérêt commun, espère le syndicat. Les paysans n'en peuvent plus d'être une variable d'ajustement : ils attendent que leur détermination soit… payante”.

Le rapport Chalmin

La profession agricole avait réitéré sa demande à la grande distribution d’appliquer “immédiatement” l’accord du 3 mai, à la suite de la publication, le 27 juin, du rapport de Philippe Chalmin, président de l’Observatoire des prix et des marges. Que dit ce rapport ? “La marge brute de la grande distribution apparaît importante”, avance-t-il. Tout en restant prudent sur le caractère normal ou anormal, le président de l’Observatoire  considère que la grande distribution a plutôt accru ses marges au cours des dix dernières années. Certes, il ne porte pas de jugement de valeur, “C’est un constat” précise-t-il mais il reproche néanmoins à la grande distribution de ne pas avoir joué le jeu pendant les travaux qu’il a conduit depuis six mois. “J’ai observé une grande discrétion de la grande distribution, beaucoup d’enseignes n’étant ni présentes, ni représentées”. Aussi les conclusions ne portent que sur les marges brutes et non sur les marges nettes. Reconnaissant in fine que c’était le secteur “où nous avons le plus de clarification à faire dans les mois à venir”. À savoir, parvenir aux marges nettes.
Ceci étant, le rapport est allé un peu plus loin que le précédent sur la viande bovine, au mois de janvier dernier. À l’époque, le président de l’Observatoire était arrivé à la conclusion que l’augmentation des marges dans la filière viande (qui agrégeaient celles de transformation et de la distribution) s’expliquait à la fois par les coûts induits par la crise de la vache folle et la modification des habitudes alimentaires vers des produits plus élaborés. Les données dont dispose désormais l’Observatoire permettent sur la période récente de
distinguer la marge brute de l’industrie de celle de la distribution. En moyenne, de juillet 2010 à mars 2011, les marges industrielles et de distribution représentent respectivement 23 % et 29 % du prix au détail de la viande de la “vache moyenne”, la valeur de la matière première agricole (qui doit couvrir le coût de production et le revenu de l’éleveur) y contribuant pour 43 %.

Les producteurs sous payés

Surtout, au niveau de la production agricole, le revenu moyen de la spécialisation “viande bovine” se situe depuis plusieurs années parmi les plus bas de la ferme France et ce malgré les aides directes. Leur situation s’est même dégradée depuis 2007 sous l’effet conjugué de la baisse des cours et la hausse des prix des aliments du bétail. Bref, les prix actuels sont loin de couvrir les coûts de production.
Le constat vaut aussi pour les producteurs de porc. Le coût de production du kilogramme de porc est constitué à plus de 50 % par les aliments du bétail. “Le prix des aliments connaît depuis 2008 de fortes augmentations qui ne sont que partiellement répercutées sur le prix du porc payé à l’éleveur, lequel ne couvre pas le coût de production”.
Dans cette filière, la valeur de la matière première agricole intervient à hauteur de 35 % dans le prix de détail de la longe et de 31 % s’agissant du jambon. Alors que la marge brute des GMS représentait en 2010 plus de 50 % du prix de détail pour la longe et de 45 % pour le jambon, alors que celle-ci “doit essentiellement couvrir des coûts commerciaux et pratiquement pas d’opération de dernière découpe, à la différence de la longe” précise le rapport. Mais ce que pointe surtout le document, c’est que cette marge brute des grandes enseignes de la distribution a eu tendance à s’accroître depuis 2000.
Idem pour le poulet, la marge brute qui agrège ici celle de l’industriel et celle du distributeur a augmenté entre 2003 et 2008. Depuis, elle a cependant diminué.

L’exception du yaourt

Pour les produits laitiers, la même observation prévaut : les marges brutes du lait UHT, du beurre et de l’emmental “s’inscrivent dans une tendance à la hausse” depuis 2001, indique l’Observatoire. Elles représentent respectivement 22 % pour le prix du lait UHT, 35 % pour l’emmental, et 30 % pour le yaourt qui est le seul produit laitier pour lequel la marge de la grande distribution a diminué depuis dix ans. Ici aussi, les producteurs ont du mal à couvrir les coûts de production. Surtout depuis 2008, alors que les prix à la production connaissent d’amples fluctuations.
Le rayon fruits et légumes des grandes surfaces est certainement celui qui s’applique les plus fortes marges. La marge commerciale est comprise entre 35 % et 59 % du prix de détail. Surtout le rapport note que de grandes différences de marges sont observées selon les produits imputables du fait que la marge du détaillant doit couvrir des coûts unitaires indépendants du prix auquel il a été acheté. Sans oublier les pertes en rayon qui peuvent expliquer des marges élevées observées pour certains fruits fragiles et périssables.
En revanche, le rapport Chalmin estime que la marge commerciale des détaillants est restée plutôt stable dans ce secteur au cours des dix dernières années.

D’après Actuagri

“Marges excessives”

Le 28 juin, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré que la grande distribution faisait des “marges excessives” sur certains produits alimentaires, au lendemain de la remise du rapport de l’Observatoire. Le ministre réclame plus de transparence de la part des distributeurs afin que l’Observatoire puisse établir leur marge nette.

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