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Économie
Après 2 années favorables,  des temps plus compliqués

Cerfrance Maine-et-Loire a dressé la semaine dernière un bilan des résultats économiques de l'année 2023, les tendances pour l'année 2024, et a évoqué la question de la transmission.

Nicolas Le Labourier, de Quatuor Transactions et Gwenaëlle Durand, de Cerfrance Maine-et-Loire, ont évoqué l'accompagnement à la transmission d'entreprise effectué par les deux structures partenaires.
Nicolas Le Labourier, de Quatuor Transactions et Gwenaëlle Durand, de Cerfrance Maine-et-Loire, ont évoqué l'accompagnement à la transmission d'entreprise effectué par les deux structures partenaires.

Cerfrance Maine-et-Loire organisait jeudi 21 novembre la 2ème édition de sa "Matinée des partenaires de l'agriculture", à Saint-Barthélémy-d'Anjou. Dans la continuité de 2022, 2023 a été marquée par de "bons voire très bons résultats", a expliqué François Augereau, vice-président de Cerfrance Maine-et-Loire. "S'il n'y avait pas l'année 2024, on serait très satisfait, mais on sait bien sûr que les bilans 2024 et 2025 ne seront pas sur les mêmes niveaux de revenus", a-t-il d'emblée souligné.

En 2023, le résultat net par exploitant augmente de 7 %. Il s'établit à 47 300 € toutes productions confondues, pour une moyenne de 34 200 € sur les 5 dernières années. Dans le détail, c'est + 53 % en porc, la plus forte hausse, + 23 % en bovins lait, + 12 % en aviculture, + 6 % en bovins viande, + 5 % en caprins et + 5 % en viticulture. Le revenu est en revanche en recul en grandes cultures (- 32 %), horticulture (- 29 %), arboriculture (- 22 %), cultures spécialisées (- 7 %) et maraîchage (- 7%).

Évolution des filières en 2024

Tous ces résultats sont à nuancer en tenant compte de l'évolution des filières sur 2024. En porc, une baisse des cours depuis fin juillet marque un changement de dynamique dans la filière et la menace de la peste porcine africaine est toujours présente. En bovins lait, les prix restent sur une bonne dynamique, mais les exploitations comptent environ 1/3 de culture de vente dans leurs assolements et il faut s'attendre à un impact de la mauvaise récolte 2024. En aviculture, en raison de la grippe aviaire, les résultats 2023 ne reflètent pas la réalité des exploitations. "La plupart des éleveurs ont été indemnisés et ont en même temps économisé sur les postes énergie et main-d'œuvre", indique Laurent Pierre, conseiller entreprise Cerfrance Maine-et-Loire. Les perspectives 2024 sont plutôt encourageantes mais avec un bémol, "des producteurs bio et label qui souffrent". En viande bovine, la conjoncture est positive, mais "la filière a besoin de meilleurs résultats pour relever le défi du renouvellement des générations", souligne son collègue Vivien Truffreau.

Vigilance en viti et grandes cultures

La viticulture connaît une situation plus compliquée, avec une augmentation des stocks suite à la récolte abondante de 2023 et des trésoreries qui se dégradent. La filière a toutefois des ressources, notamment un important potentiel de développement à l'export. "InterLoire s'est fixé comme objectif de passer la part d'export de 20% à 30 % d'ici 2030", explique Luc Dubreuil, conseiller d'entreprise.

Les grandes cultures connaissent, elles, de gros bouleversements cette année (reports de cultures, chute de rendement, coûts agronomiques à venir en raison des mauvaises conditions de travail...). Sans surprise, les résultats sont annoncés en net retrait l'an prochain.

Toutes filières confondues, Cerfrance note, en 2023, une augmentation assez marquée des investissements bruts annuels (+ de 10 000 €/ 2022), témoignant à la fois d'une bonne santé financière des entreprises mais également d'une inflation sur les matériels.

Augmentation du capital

Cerfrance relève aussi une évolution très importante du capital détenu (près de 400 000 € en 2023), une donnée qui attire particulièrement l'attention du réseau, car "cela a une incidence importante sur les transmissions", note Nicolas Poulin, directeur conseil et innovations du marché de l'agriculture chez Cerfrance Maine-et-Loire. Cerfrance a justement présenté quelque tendances sur l'évolution des transmissions, avec son partenaire Quatuor transactions. "Contrairement à une idée reçue, les transmissions ne concernent que pour la moitié d'entre elles des départs à la retraite. Les autres cessent leur activité pour des raisons de santé, de mutation de conjoint, de changement de projet de vie, de mésentente..., a expliqué Nicolas Le Labourier, négociateur chez Quatuor Transactions. Et d'un autre côté, les acquéreurs ne sont pas tous des jeunes". L'agence immobilière spécialisée a vu s'accroître les réinstallations d'agriculteurs dans notre région, après avoir fait une première carrière dans le Nord ou l'Est de la France. Seul un acquéreur sur deux vient des Pays de la Loire.

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