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Viande bovine
Après la suspension des blocages, les opérateurs sous surveillance

Au terme d’actions syndicales, visites du préfet et d’élus sur le terrain, opérations en grande distribution et blocage des abattoirs Bigard, la filière espère sortir de la crise.

Près d’une centaine de personnes, lundi soir, pour le bilan des actions à l’issue de plusieurs semaines de mobilisation.
Près d’une centaine de personnes, lundi soir, pour le bilan des actions à l’issue de plusieurs semaines de mobilisation.
© AA

Dès lundi, les conseils de la FDSEA, de JA et de la section bovine se sont réunis pour faire un bilan complet de
l’action de blocage des abattoirs, du lancement à la décision de sortie.
80 producteurs et responsables locaux ont échangé toute la soirée.
À ceux qui s’interrogent légitimement sur la sortie de la crise pour la filière bovine, Mickaël Bazantay président de la section bovine du Maine- et-Loire, répond sans ambiguïté :
« L’annonce de Bigard sur le prix des vaches, c’est cet unique et dernier point que les médias ont retenu dans leur communication.  Cette revalorisation est un début et non une fin, elle doit s’inscrire dans la durée sur les semaines à venir. Comme nous l’avons toujours dit, la hausse demandée s’appréhendera sur plusieurs semaines, elle a déjà commencé et doit se poursuivre pour les taurillons et enfin concerner les vaches, comme s’y est engagé, mercredi, Bigard ».
Pour les responsables JA-FDSEA, l’évolution des prix repose sur différents paramètres :
- la pression de la distribution et celle des abatteurs-transformateurs, notamment du leader Bigard, et donc la répartition des marges sur le marché français de la viande ;
- les importations avec leur cohorte de distorsions de concurrences dénoncées régulièrement par la profession ;
- les charges franco-françaises ;
- la gestion de l’offre.
Ce qui explique les différentes cibles des actions conduites depuis plusieurs semaines.
Alors le syndicalisme a-t-il obtenu satisfaction ? Pour Christiane Lambert, présidente de la FDSEA, « nous mesurerons cet accord sur la durée car l’interprofession a fait un travail de fond avec, à nouveau, le leader du
marché à la table des négociations. Si  nous ne pouvons accepter pour solde de tout compte l’annonce de 5 centimes sur les prix, notre combat a le mérite de renverser la tendance baissière des cours et d’accélérer la mise en place de la transparence des transactions et la réduction des distorsions de concurrence. L’objectif à atteindre, sur les semaines et mois à venir, reste une évolution significative et durable des cours garantie par l’ensemble des mesures sur lesquelles l’interprofession et le ministre se sont engagés » (voir éléments de l’accord négocié par le bureau d’Interbev ou relevant des engagements du ministre dans l’Anjou agricole du 12 novembre). Au-delà des évolutions attendues des prix suite aux accords de la semaine dernière, Mickaël Bazantay tient à ajouter : « L’amélioration de la situation des producteurs ne pourra être réellement durable que si la profession se donne rapidement les moyens de regrouper l’offre afin de pouvoir négocier dans un rapport de force équilibré avec des opérateurs très concentrés et en réfléchissant à l’adéquation offre-demande ».
En conclusion, Christiane Lambert a tenu à rappeler que si l’action a été efficace, elle continuait par la mise sous surveillance des opérateurs de la filière. Elle a demandé aux producteurs de rester mobilisés.

Sylvain Daury

Blocage des abattoirs

Quatre jours de mobilisation

Le jeudi 11 novembre, en fin de journée, tous les blocages des abattoirs mis en place par la FDSEA et JA sont levés. Dès le mercredi soir, à Cholet, après l’annonce officielle de l’issue des négociations, Jean Chavel, directeur du site Charal à Cholet est venu en personne discuter avec Christiane Lambert, Joël Limouzin et Mickaël Bazantay et confirmer aux agriculteurs ce à quoi s’engage le groupe Bigard.
Après quatre jours de mobilisation et d’organisation, les agriculteurs peuvent rentrer chez eux. Fatigués certes, mais avec la satisfaction d’avoir fait plier le leader français de la viande, même si, certains, au fond d’eux-mêmes, en
attendaient un peu plus… un peu plus vite. « Une hausse de 60 centimes, ça doit se faire progressivement », avait annoncé Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine.
« C’est un objectif que nous voulons atteindre dans quelques semaines, car c’est le seul moyen de couvrir nos coûts de production ».

Dominique Barrau*

Ne pas en rester là

Depuis l’automne, nous n’avons cessé d’alerter le gouvernement et les acteurs de la filière sur la situation de l’élevage. Après des opérations de stickage qui ont permis de sensibiliser les consommateurs, les opérateurs et les politiques, une deuxième étape avait été franchie : assurer le suivi des cotations pour amener toujours plus de transparence et de vérité sur les prix pratiqués. Ne voyant toujours pas les prix atteindre le seuil de rentabilité, il a fallu passer à une autre étape : le blocage des outils industriels. L’objectif était clair : sensibiliser le principal opérateur, l’entreprise Bigard qui contrôle 45 % du marché, et sensibiliser de nouveau le gouvernement à notre situation. Il faut le dire, nous ne dégagerons des revenus qu’avec des prix rémunérateurs. C’est clair. Pour les atteindre, nous avons besoin de transparence et d’organisation. C’est la vérité. L’organisation passe aussi bien par des voies privées que par des voies coopératives. Je pense que l’organisation doit être travaillée dans le cadre de l’interprofession.
C’est impératif. La transparence tout au long de la chaîne alimentaire commence dans nos élevages, passe par l’abattage et la transformation et se termine dans la distribution jusqu’à l’assiette. Oui, notre responsabilité est engagée jusqu’à la
fourchette. Et parce qu’elle est engagée, elle a aussi un coût. La transparence est de la responsabilité des pouvoirs publics. Et elle commence, à l’instar de la pesée, par le classement des carcasses qui doit être normé. Les outils doivent être mis en place et leur état de marche comme leur utilisation vérifiés. C’est bien d’un fonctionnement normal dont je parle. L’action syndicale a permis de mettre en avant ce dossier des machines à classer, d’aboutir à des engagements sur l’export, sur la promotion, sur les règles des marchés publics pour la restauration collective. Finalement, une négociation avec l’entreprise Bigard a eu lieu et a permis une amélioration du prix payé au producteur. Ce n’est pas suffisant mais c’est un premier pas. Notre action syndicale devra se mesurer dans les semaines à venir. Nous observerons l’évolution des cours à la loupe… L’action de blocage n’était pas destinée à acculer une entreprise, elle se voulait avant tout une étape importante pour le maintien d’éleveurs partout sur le territoire et gagnant correctement leur vie. J’espère que la distribution aura bien suivi ces événements au moment où les négociations sur les prix de campagne 2011 sont en discussion. Parce que nous sommes prêts à entamer une nouvelle étape, vers les distributeurs cette fois-ci. La pression n’est pas sur un seul acteur. Quand le combat est juste, tout est possible. Ensemble, unis, nous pouvons beaucoup.

* secrétaire général de la FNSEA.

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