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Expérimentations
Bientôt des algues anti-méthane dans les auges des vaches ?

Lancé en janvier 2021, le projet Métha’algues souhaite évaluer la capacité de différentes algues à réduire les émissions de méthane entérique.

La solution la plus efficace pour réduire l’émission de méthane entérique sera testée sur la ferme expérimentale des Trinottières.

« L’objectif du projet est d’évaluer différentes ressources d’algues marines pour réduire les émissions de méthane entérique chez la vache laitière », explique Benoît Rouillé, responsable de projet alimentation au sein de l’Institut de l’élevage et animateur de projet. Meth’algues est porté par l’Institut de l’élevage (Idele), l’Inrae,  le Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva), Timac Agro et la ferme expérimentale des Trinottières. « Des algues rouges du genre Asparagopsis montreraient, d’après la littérature scientifique, un potentiel de réduction d’émissions de méthane entérique de l’ordre de 25 à 85 %, explique l’animateur du projet. Dans les algues, un composé halogéné perturbe une des voies de la méthanogénèse. »
 

Privilégier une ressource locales
Une première sélection d’algues in vitro avec le Ceva a été réalisée. Les protagonistes du projet espèrent pouvoir utiliser des ressources produites et récoltées sur les côtes bretonnes et ligériennes. Prochaine étape : à partir de décembre, des tests in vivo vont être réalisés avec l’Inrae de Rennes sur des vaches laitières de l’UMR Pégase. « 3 solutions sont testées sur 4 groupes de vaches », détaille Benoît Rouillé. A l’issue de ces premiers essais, la meilleure solution pour réduire le méthane sera identifiée.

Des essais aux Trinottières
A partir de l’hiver 2022, cette solution sera testée en condition d’élevage à la ferme expérimentale des Trinottières à Montreuil-sur-Loir. Aux Trinos, on contrôlera les performances de chaque vache, notamment au niveau de l’ingestion. Et les émissions de méthane entérique seront mesurées au GreenFeed, système mesurant les gaz émis par les ruminants. « On va aussi vérifier que l’ingestion d’un additif à base d’algues n’a pas d’impact sur les performances zootechniques des vaches », précise Benoît Rouillé. Le projet s’achèvera en décembre 2023. D’ici là, une simulation des conséquences de l’utilisation d’un additif à base d’algues pour réduire l’impact environnemental de la production laitière sera réalisée à l’échelle du territoire des régions Bretagne et Pays de la Loire. « On estimera les gains potentiels sur l’empreinte carbone de la production laitière avec un additif à base d’algues. Ces gains pourraient être rétribués par des crédits carbone ».


Comment les algues agissent sur le rumen ?
Les algues bloquent spécifiquement les enzymes de la méthanogénèse dans le rumen des vaches, en empêchant la dégradation de composés en méthane. « Les précurseurs du méthane sont dégradés en molécules qui se retrouvent par exemple dans le lactose, sans que la composition du lait soit altérée », précise Diego
Morgavi, de l’Inrae.

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