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Viande bovine
Bigard cède à la pression

Suite au blocage de neuf sites en France, le groupe Bigard accepte de revoir sa grille de prix à la hausse de 2 à 5 centimes par kilo.

Les éleveurs ne relâchent pas la pression.
Les éleveurs ne relâchent pas la pression.

Le conflit entre les éleveurs et les abattoirs Bigard est peut-être sur le point d’être résolu, au moment de boucler le journal, ce mercredi 10 novembre à 19 h. Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, Jean-Michel Schæffer, président de JA et Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine ont annoncé une levée « conditionnelle » des barrages pour le 11 novembre à 17 heures. À l’occasion d’une rencontre avec les organisations professionnelles agricoles, le 10 novembre, les représentants du groupe Bigard se sont  engagés à relever immédiatement de 5 centimes d’euro/kilo de carcasse le prix d’achat des vaches allaitantes et de 2 centimes d’euros celui des vaches de réforme.
Par ailleurs, Jean-Bigard, le PDG s’est engagé à revenir aux réunions interprofessionnelles d’Interbev qu’il avait boycottées depuis deux ans et qui plombait son fonctionnement. Surtout, le numéro un français de la viande bovine qui contrôle 42 % des abattages bovins a accepté de doter ses abattoirs de machines à classer. Et cela d’ici la fin de l’année et au début de l’an prochain. Alors qu’il s’y refusait jusqu’à présent. Un pas qui va dans le sens de davantage de transparence dans la filière bovine.
Enfin le groupe Bigard aurait donné son accord pour lever les référés qu’il avait déposés à l’encontre des éleveurs et des fédérations départementales afin d’obtenir la levée des blocages d’un certain nombre d’abattoirs. « Dès que les engagements seront connus et expliqués sur les sites de blocage, les barrages seront levés, au plus tard le 11  novembre à 17 heures », a expliqué Dominique Barrau. « Nos attentes sont fortes pour sauver les éleveurs bovins. Notre forte mobilisation et notre détermination nous ont permis de premières avancées significatives. Nous restons mobilisés et attentifs aux effets de l’ensemble de ces mesurres sur les prix à la production », indique un communique commun FNSEA-JA-FNB.

Blocage abattoir de Cholet
envoyé par infagri85. - L'info internationale vidéo.

Un blocus payant
Tout a commencé dimanche soir quand, à l’appel de la FDSEA et de JA, les éleveurs arrivent pour camper devant les accès de l’abattoir Bigard à Cholet. Au total, à travers la France, neuf sites du groupe Bigard sont occupés. Les éleveurs se sont organisés pour durer, tant l’enjeu est fort et les trésoreries  exsangues. Des équipes, venant de tous les coins du département, mais aussi de Vendée et des Charentes, se relayent nuit et jour. Deux tentes ont été dressées, à l’abri du vent et de la pluie, avec ce qu’il faut pour tenir le coup, résister au froid et à la fatigue de la nuit : du potage, de la mogette, du pain, de la brioche, du café… C’est une équipe d’anciens, sollicités par Sylvie Rochais, la responsable cantonale, qui assure le ravitaillement.
« On est à la retraite, mais on est toujours solidaires », commente Michel Poiron. Le référé, déposé par le groupe Bigard, le 9 novembre, afin d’obtenir la levée des blocages des abattoirs de Cherré, Coutances et Cholet, n’entame pas la détermination des agriculteurs. « C’est Bigard qui a mis le feu dans l’élevage », commente l’un d’eux tandis que d’autres entretiennent en permanence les braseros de palettes. Les éleveurs sont tenus au courant au fur et à mesure des événements. Mardi soir, Mickaël Bazantay, responsable de la section viande à la FDSEA et administrateur FNB, relate le contenu de la première réunion, celle du mardi 9 novembre, où est formulé un certain nombre de propositions dont la nomination d’un médiateur (voir encadré). À ce moment-là, la position de Jean-Paul Bigard, venu assister à cette première réunion, grâce notamment à la mobilisation des éleveurs et l’injonction du ministre de l’Agriculture, reste inflexible : on ne parle pas encore de prix. Alors les gars sont résolus : « On repart faire le boulot et on revient », disent-ils.
Depuis, la situation a évolué. La réunion de mercredi a changé la donne. Il y aura peut-être un avant et un après 10 novembre. La détermination de la FNSEA, JA et de la FNB a donc été décisive. La mobilisation de tous les éleveurs de la FDSEA et de JA a été déterminante. On peut, à l’heure où se profile le lever des blocus prévu pour, au plus tard, le jeudi 11 novembre à 17 heures, parler de victoire syndicale.

Actuagri et M. L.-R.

Interprofession

Les principales conclusions à l’issue de la réunion du 9 novembre

1. Nomination d’un médiateur, monsieur Loïc Gouello, inspecteur général au ministère qui accompagnera l’interprofession pour rechercher une sortie de crise.
2. Mise en place de toute action permettant « de redonner du souffle au marché » :
- développer de nouveaux marchés export ;
- faciliter les conditions matérielles de l’export et supprimer toute distorsionde concurrence dans l’application quotidienne des normes et procédures sanitaires ;
- redynamiser VBF (engagement des GMS en séance).
3. Transparence PCM : évaluer immédiatement les performances de la Mac SFK, à défaut prise d’un arrêté ministériel avant fin 2010 sur le machines à classer et leur développement sur le territoire conformément à l’accord du 30 juin.
4. Observatoire des prix et des marges : le secteur viande bovine est déclaré prioritaire et monsieur Chalmin devra rendre son rapport avant la fin décembre 2010. La refonte complète des cotations doit également aboutir rapidement.
5. Segmentation : adapter l’offre à la demande par la mise en œuvre d’indicateurs interprofessionnels de tendance du marché.

Réaction

Leclerc s’érige en « bouclier anti-inflation »

Dans une interview au journal Le Monde, mardi 9, Michel-Édouard Leclerc s’inquiète des « augmentations réclamées par les industriels », prédisant qu’ « une hausse des prix menacerait la consommation ». Et de se poser en bouclier anti-
inflation, avec sa politique de prix bas. Politique générant, le leader de l’enseigne qui détient 17 % de parts de marché en France le reconnaît lui-même, « 5 % de développement ».
Des propos aussitôt contestés, dans le même journal par les industriels, par la voix de Jean-René Buisson, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) et par la FNSEA « M. Leclerc n'accepte aucune augmentation, il est hors de question pour lui que les industriels répercutent la hausse des matières premières. Mais la réalité est que la stratégie d'achat de Michel Édouard-Leclerc est destructrice, destructrice de valeur, d'emplois, destructrice pour ses fournisseurs. La politique du low cost qu’il défend est une politique de chômage », assène Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.

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