Aller au contenu principal

Syndicalisme
Bilan de santé de la Pac : il faudra trouver des justifications aux soutiens

Avant le congrès national de Nantes, début avril, la FRSEA a livré, lundi, ses propositions sur l’avenir de la Pac et les a soumises à l’œil critique du chercheur Hervé Guyomard.

Hervé Guyomard, à l’assemblée générale de la FRSEA.  « Quel est le problème à perdre des 
éleveurs en viande bovine ? » « Comment justifier le soutien en priorité des éleveurs ovins 
dans le cadre de l’article 69 ? ». Avec des questions parfois jugées provocantes, le directeur de recherche de l’Inra, qui parlait « en son nom », a suscité le débat dans la salle.
Hervé Guyomard, à l’assemblée générale de la FRSEA. « Quel est le problème à perdre des
éleveurs en viande bovine ? » « Comment justifier le soutien en priorité des éleveurs ovins
dans le cadre de l’article 69 ? ». Avec des questions parfois jugées provocantes, le directeur de recherche de l’Inra, qui parlait « en son nom », a suscité le débat dans la salle.
© AA

Aussitôt présenté, aussitôt critiqué et débattu. C’est un exercice courageux et constructif auquel se sont livrés les élus de la FRSEA, lundi, en assemblée générale. Leur rapport d’orientation sur le bilan de santé de la Pac a été soumis à la critique d’Hervé Guyomard, directeur de recherche à l’Inra et auteur d’une Prospective agricole 2013. Il y voit « un rapport complet et cohérent, qui manque cependant de chiffrage ». Mais son principal point de discussion porte sur la distribution et la justification des DPU (Droits à paiement unique). La FRSEA prône un renforcement du premier pilier de la Pac, en y réintégrant le soutien à l’herbe. « Tant que cette logique de transférer du deuxième pilier dans le premier existera, le budget communautaire 2009 risque d’être attaqué de plein fouet, parce qu’il ne sera pas assez justifié », estime le chercheur. Face à un budget agricole sous pression, aussi bien en Union européenne que dans les États-membres, il estime que la « légitimation » est le défi numéro un du monde agricole.

Ambition politique
Que propose la FRSEA ? Bien déterminée à peser dans les décisions à l’heure du bilan de santé, elle juge nécessaire de « réaffirmer une ambition politique pour la Pac ». « Il faut retrouver l’esprit du Traité de Rome », a insisté Christiane Lambert, secrétaire générale. Et à l’objectif alimentaire, la FRSEA propose d’ajouter de nouvelles missions au texte fondateur : responsabilité vis-à-vis de l’environnement, de l’énergie, contribution à l’emploi et à la croissance. La FRSEA plaide pour une « agriculture de production qui tranche avec le deuxième pilier » et juge nécessaire de maintenir un budget suffisant. La FRSEA veut conserver les outils de régulation : jachère, augmentation mais maintien des quotas et reprise du stockage. Hervé Guyomard présente des avis divergents sur la régulation : il doute de l’efficacité du gel dans le marché des grandes cultures et souhaite une « sortie progressive des quotas avant 2015 ». En revanche, il rejoint la FRSEA sur l’organisation économique.

Gestion des risques via l’article 69
La FRSEA veut mettre en place un système assurantiel ambitieux qui consiste en une assurance de revenus pour les marges des exploitations. Les moyens envisagés ? Pour le financer, elle demande l’adaptation de l’article 69 de l’accord de Luxembourg de 2003, que la France n’a pas utilisé jusqu’ici (lire ci-dessous). En plus du volet assurantiel, l’article 69 servirait à soutenir des secteurs définis comme prioritaires : ovins, agriculture biologique, lait de montagne, cultures fourragères. « Comment justifier ces aides ? Pourquoi les ovins plutôt que d’autres productions ? », a demandé Hervé Guyomard. « Parce qu’il s’agit d’enjeux territoriaux cruciaux », a défendu Christiane Lambert.

Pas de prime unique
La FRSEA s’est interrogée sur l’avenir des DPU. Aides couplées, découplées ? En viande bovine et ovine, la question est sujette à de forts débats mais une majorité penche pour le maintien du couplage, face à la crainte d’un abandon de l’élevage sans retour en arrière possible. Quant à l’évolution des montants, la FRSEA n’adhère pas à l’orientation voulue par Mariann Fischer Bœl d’une prime unique à l’hectare. « Cependant, il faut préparer des transitions réalistes, souligne Christiane Lambert. Il faut recycler les DPU pour les pérenniser, afin d’éviter le précipice de 2013 ».

Légitimation des dpu
« Mais comment légitimer les DPU auprès de l’opinion publique et des pouvoirs publics dans un contexte de prix agricoles qui restent fermes ? », s’interroge Hervé Guyomard. Ce dernier propose de s’orienter vers une « aide forfaitaire faible à l’hectare, en contrepartie des services environnementaux rendus par l’agriculteur à la société, puis des aides additionnelles pour les services environnementaux et territoriaux assurés au delà des minima de la conditionnalité ». Il n’exclut pas un financement sur des « fonds nationaux, voire régionaux, en conservant un second pilier sur fonds communautaire ». « Je ne suis pas pour une politique ultra-libérale, précisait le chercheur en fin d’intervention, en réponse à des interrogations dans la salle. Je pense qu’il faut trouver des outils de stabilisation ».

S.H.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Premiers semis de printemps dans une ambiance fraîche
Les implantations de maïs et de tournesol ont démarré dans certaines zones du département. à l’Ouest d’Angers, le combiné de…
Les agriculteurs appellent à la mobilisation des surfaces en herbe
Depuis deux mois, les précipitations ont été rares en Anjou. La météo a surtout été marquée par une succession de températures au…
« J'ai adoré le parcours à l'installation »
Lison Lorre s'est installée au 1er janvier 2019, à l'âge de 22 ans, au sein d'une ferme caprine, l'EARL Chèvretheil à Saint-…
Gel : demande de calamités agricoles en cours
Dès la survenance du coup de gel, les responsables agricoles du département ont pris contact avec les services de l’État. Une…
4 heures pour se régaler d’herbe fraîche
L’EARL Caprimesnil, à Montreuil-Juigné, mène son troupeau de 250 chèvres au pré, principalement l’après-midi.  
Agriculteurs et citoyens s'approprient l’énergie de leur territoire
Zoom sur les projets citoyens éoliens en Maine-et-Loire. Comment les citoyens font-ils pour faire aboutir leur projet ?
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format numérique
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités