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DOSSIER
Bois déchiqueté : un choix économique et écologique

Pour répondre aux contraintes de leur élevage, Thérèse et Bertrand Delanoë ont opté pour une chaudière à bois déchiqueté.

Bertrand et Thérèse Delanoë devant le silo à bois du bâtiment qu’ils ont construit quand Bertrand s’est installé en 2001.
Bertrand et Thérèse Delanoë devant le silo à bois du bâtiment qu’ils ont construit quand Bertrand s’est installé en 2001.
© Anjou agricole
Thérèse Delanoë est associée en Gaec avec son fils Bertrand au Tremblay en élevage de veaux de boucherie. Quand ce dernier s’est installé en 2001, ils ont construit un nouveau bâtiment de 400 places qui doublait la capacité de l’élevage. Ils ont alors cherché la solution énergétique la plus adaptée économiquement à leur système de production. Celui-ci nécessite de chauffer 5 000 litres d’eau par jour pour la préparation du lait des veaux. Après avoir pris contact avec l’Adème*, ils se sont intéressés à l’énergie solaire, avant de s’orienter, sur les conseils d’un cabinet d’étude, vers une chaudière à bois déchiqueté. Poly-combustibles, ces chaudières sont alimentées automatiquement à partir d’un silo à bois. Installée en mai 2002, la chaudière a été également raccordée à la maison d’habitation de Bertrand pour le circuit de chauffage et l’eau chaude sanitaire. L’entretien est réduit au minimum : il faut vider les cendres chaque semaine et gratter le foyer. La chaudière est ramonée deux fois par an.
Convaincus par l’intérêt économique du système, ils ont à nouveau opté pour une chaudière à bois lorsqu’ils ont rénové le deuxième bâtiment de l’exploitation en 2005. « En fonctionnement, on estime qu’il faut 2 € de bois déchiqueté par veau produit, contre 6 € en électricité. Le calcul est vite fait », souligne Thérèse Delanoë. Les deux installations ont coûté 20 000 euros chacune. Pour le premier équipement, les exploitants ont bénéficié d’une subvention de 9 000 euros, ce qui a permis de l’amortir en trois ans. Le deuxième, en raison de la diminution des subventions, sera amorti en sept ans.

Entre 50 et 80 m3 de bois d’exploitation
Le bois d’exploitation ne couvre que partiellement les besoins. Pour les 300 à 400 m3 de bois nécessaires pour alimenter annuellement les deux chaudières, les agriculteurs se fournissent en grande partie en plaquettes de bois auprès d’un fournisseur à Lasse. Une fois par an, ils font appel à la broyeuse de la FDCuma, et broient entre 50 à 80 m3 de bois de leur exploitation ou récupérés auprès d’autres agriculteurs. « À l’heure actuelle, le coût du bois que nous produisons équivaut au coût
du bois industriel »
, souligne Bertrand Delanoë. « Avant, nous broyions en vert, mais le bois perdait de l’énergie, maintenant nous utilisons du bois sec. Nous le coupons en janvier, le faisons sécher en tas et le broyons en juin pour une utilisation en septembre- octobre : la chaudière s’encrasse moins et il y a moins de cendres ». Depuis quelques semaines, le prix du bois est à la hausse, mais cela n’inquiète pas trop les exploitants qui seraient prêts à s’investir davantage dans le broyage si cela était nécessaire. « Le bois déchiqueté correspond bien à une utilisation agricole car nous avons les outils pour la manutention et la place pour stocker. Sur le plan écologique, nous n’avons pas à rougir, nous avons même pris un train d’avance », se félicite Bertrand Delanoë.
D. J.
* Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

 

 

Gagner du temps de refroidissement

 
Pascal Gallard et Cécile, éleveurs à Saint-Florent-le-Vieil, ont installé un refroidisseur.

« Le lait arrive dans le tank entre 17 et 22 degrés, selon la saison. C’est 10 à 15 degrés de gagnés par rapport à un système classique ». Pascal Gallard, éleveur dans les Mauges, a investi il y a trois ans dans un pré-refroidisseur composé de 30 plaques qui lui permet de réaliser des économies d’énergie. Un système « simple, adaptable partout et économe en énergie », résume son utilisateur. Ce dispositif s’enclenche automatiquement à chaque coup de pompe à lait. L’eau froide nécessaire au fonctionnement du pré-refroidisseur va ensuite alimenter un bassin d’abreuvement des vaches situé à la sortie de la salle de traite.
Le dispositif permet un refroidissement beaucoup plus rapide du lait dans le tank : « Ce système nous a beaucoup aidé lorsque nous avons fait de la vente directe de lait, explique Pascal Gallard. Il nous fait gagner une heure de refroidissement matin et soir ». Ce matériel a coûté 2 130 euros HT (en 2003) installation comprise, financés à hauteur de 35 % dans le cadre d’un CTE (Contrat territorial d’exploitation). L’entretien est simple : il consiste essentiellement à nettoyer le filtre situé à l’entrée du pré-refroidisseur après chaque traite et à le changer toutes les quatre à cinq traites.
S.H.

Journée Énergies renouvelables le 19 décembre
Les premières portes-ouvertes veulent proposer aux agriculteurs
des solutions pratiques pour maîtriser la consommation énergétique.

Maîtriser, substituer et produire sont les trois thèmes autour desquels la Chambre d’agriculture a construit sa journée sur les énergies renouvelables. Elle aura lieu le 19 décembre à la ferme expérimentale des Trinottières (voir ci-dessous). « Nous avons fixé comme objectif à tous les partenaires présents et à nos équipes de répondre aux questions concrètes des agriculteurs », annonce Jeannick Cantin qui préside la mission énergie à la Chambre d’agriculture. “Où et comment économiser de l’énergie sur mon exploitation ?” “Quel est le principe de la méthanisation ?”, “Quelle chaudière bois choisir ?”, “Quel retour économique pour un pré-refroidisseur sur mon tank à lait ?”, … à chaque question une réponse. Sur les douze ateliers, une cinquantaine d’intervenants ou de témoignages se succéderont. Des témoignages et des démonstrations sous la houlette de la FDCuma de Maine- et-Loire : « Nous ferons tourner nos machines avec des agriculteurs membres des Cuma utilisatrices : déchiqueteuse, presse à huile départementale et nous serons aussi là avec le banc d’essai tracteur », détaille Joël
Poignant son président. Parallèlement, un village d’exposants permettra de visualiser et de comparer le matériel dernière génération : panneaux solaires ou photovoltaïque, chaudière bois ou bio-combustible…
Enfin, la journée sera enrichie de conférences sur les crédits carbone, sur les nouvelles valorisations de la production agricole ou “chimie verte” et de présentations sur le réchauf-fement climatique. « Nous
souhaitons placer la question de l’énergie sous cette double perspective de la contribution de l’agriculture à lutter contre l’effet de serre et des opportunités économiques en montrant que les deux peuvent aller de pair et que des solutions simples existent, »
conclut Jeannick Cantin.

Virginie Guichard
Chambre d'Agriculture 49

Pratique
La journée aura lieu le 19 décembre de 10 à 17 heures à la Ferme expérimentale des Trinottières, Montreuil-sur-le-Loir.
Restauration sur place.
Un Diagnostic Planète est à gagner.
Contact : 02 41 96 75 79

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