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Politique
Christine Lagarde à la barre du ministère de l’Agriculture

Christine Lagarde, ancienne ministre déléguée au Commerce extérieur, devient ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Avocate, elle a l’expérience des négociations à l’OMC.

Les organisations professionnelles agricoles ont accueilli favorablement la nomination de Christine Lagarde. L’ancien ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau a avoué à Christine Lagarde : « Je ne pouvais pas souhaiter un autre successeur que toi ».
Les organisations professionnelles agricoles ont accueilli favorablement la nomination de Christine Lagarde. L’ancien ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau a avoué à Christine Lagarde : « Je ne pouvais pas souhaiter un autre successeur que toi ».
© AA
Le ministère de l’Agriculture n’a finalement pas disparu. Des rumeurs avaient évoqué son remplacement par un secrétariat d’État. Il n’en est rien. Christine Lagarde, ancienne ministre déléguée au Commerce extérieur est la nouvelle ministre de l’Agriculture et de la Pêche de l’équipe menée par
François Fillon. Née le 1er janvier 1956, Christine Lagarde, avocate de formation était entrée au gouvernement Villepin en 2 juin 2005. C’est la seconde femme à diriger ce ministère après Édith Cresson (PS).
Le profil de Christine Lagarde est atypique au sein du gouvernement : elle est surtout connue pour sa
brillante carrière au sein du cabinet Baker & McKenzie à Chicago aux États-Unis, un des premiers cabinets d'avocats mondiaux (4 400 collaborateurs dans 35 pays), dont elle a gravi tous les échelons depuis son entrée en 1981 jusqu'à la présidence. En 2004, après cinq années passées à la tête du comité exécutif mondial de ce cabinet, elle a été nommée présidente du comité stratégique mondial. Elle devra se faire l'avocate de la France tous les mois à Bruxelles lors des conseils des ministres de l'Agriculture. La France exercera en outre au second semestre de 2008 la présidence de l'Union au moment où “le bilan de santé de la Pac” sera sur la table.
Christine Lagarde « connaît bien les problèmes agricoles », a déclaré Dominique Bussereau, ancien ministre de l’Agriculture lors de la cérémonie de passation des pouvoirs le
18 mai. « Nous avons bataillé ensemble à Genève et à Hong-Kong (lors de la conférence interministérielle à l’OMC en décembre 2005 : ndlr), » a-t-il rappelé en saluant dans sa collègue de l’époque en tant que ministre déléguée au Commerce extérieur, « une alliée de notre agriculture et de notre ruralité ». Une précieuse expérience alors que les quatre principaux acteurs du cycle de Doha à l'OMC (Union européenne, États-Unis, Brésil et Inde) ont réaffirmé le 18 mai, après deux jours de discussion à Bruxelles, leur espoir de conclure d'ici la fin de l'année des négociations lancées en 2001. L’ancien ministre de l’Agriculture qui reste au gouvernement au poste de secrétaire d’État aux transports a avoué à Christine Lagarde : « Je ne pouvais pas me souhaiter un autre successeur que toi ».

Mettre en valeur le caractère
stratégique
de l’agriculture
Christine Lagarde veut « mettre en valeur le caractère stratégique de l’agriculture et de l’agroalimentaire ». Ce sont les premiers mots de la nouvelle ministre de l’Agriculture lors de la passation des pouvoirs le 18 mai. Elle a salué Dominique Bussereau avec qui elle a « noué des relations de confiance et d’amitié en travaillant de concert à la défense des intérêts stratégiques de la France à l’OMC ».
« Nous avons constamment besoin de donner ses lettres de noblesse à l’agriculture et à la pêche», a-t-elle souligné. Son rôle sera notamment de « bâtir le caractère stratégique dans le monde de l’agriculture, l’agroalimentaire et de la pêche » et montrer sa modernité. Évidemment, elle entend poursuive « les grands projets initiés par Dominique Bussereau », notamment la simplification administrative. Pour la nouvelle ministre, interrogée le 19 mai par la chaîne de radio Europe 1, « l’ agriculture française est très moderne et porte en elle des vecteurs de technologie et d’innovation qu’il faut complètement libérer ». Pour elle, « il ne faut pas qu’on soit toujours en situation de défense, d’intransigeance et qu’on soit décrits à travers le monde comme arc-boutés sur des phénomènes anciens ». Dans le même temps, elle a laissé entendre que la France n’accepterait pas de remise en cause de la Pac lors du bilan que doit en faire Bruxelles en 2008. « En revanche, il faut évidemment, dès maintenant, se pencher sur ce qu’il adviendra après 2013 », a-t-elle ajouté. À propos des négociations au sein de l’OMC, elle a estimé qu'«il n’y a aucune raison de baisser la garde ».
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