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Témoignage
Comment bien intégrer un tiers dans un Gaec 100 % familial ?

Comment bien réussir une installation dans un Gaec familial lorsqu’on est extérieur à cette famille ? Rencontre avec Samuel Fougeray, du Gaec des Landes.

Samuel Fougeray, associé du Gaec des Landes, avec son conseiller d’entreprise de l’AS 49, Jean-René Dilé
© AA

Au Gaec des Landes à Saint-Michel et Chanveaux, il est le seul et premier associé à ne pas porter le nom de Hamard. Samuel Fougeray s’est installé au 1er mars 2017  dans cette société familiale - qui existe depuis près de 50 ans -, et y a trouvé sa place. « Pour bien réussir une installation hors cadre familial, il faut d’abord prendre le temps de se connaître », souligne d’emblée le jeune agriculteur de 30 ans. Avant de devenir associé, il a été salarié durant 5 ans. Et les choses se sont faites progressivement. Les associés ont un jour proposé à Samuel Fougeray de s’installer, proposition qu’il a acceptée, car il se sentait en phase avec les manières de travailler et les objectifs de ses employeurs et désormais futurs associés. « Quand on veut diriger ensemble une exploitation, il faut savoir dans quel sens on veut aller avec les personnes, connaître les envies de chacun, parler, savoir comment on travaille ensemble », ajoute Samuel Fougeray.

Une responsabilité dans l’élevage laitier

Au sein du Gaec, qui compte aujourd’hui 5 associés et un salarié à temps plein, le jeune agriculteur est plus particulièrement en charge de l’atelier laitier : 150 vaches en  production, traites par un ensemble de 3 robots Fullwood. Ces robots, le plus gros investissement de ces dernières années, ont permis depuis leur achat, en 2019, des gains de productivité et une diminution du nombre de vaches à traire. Production, repro, nutrition..., sont donc les domaines de travail de Samuel Fougeray, qui intervient aussi sur les cultures lors des pics de travail.
à ceux qui voudraient s’installer comme lui en hors cadre familial, il conseille de ne pas « brûler les étapes » : « je pense qu’il ne faut pas vouloir tout de suite s’installer et vouloir imposer ses conditions, mais parler avec les associés de leurs objectifs, de leurs idées pour le futur... »
Pour mener à bien son projet, Samuel Fougeray s’est formé avec la Chambre d’agriculture pour bénéficier de la DJA et tout le suivi du dossier a été effectué par l’AS 49. Une installation plutôt « simple, sans reprise de foncier, sans grosse modification de la structure, mais seulement du rajout de lait », commente Jean-René Dilé, conseiller d’entreprise à l’AS 49.


Calculer la valeur des parts sociales

Le plus gros travail a consisté à calculer la juste valeur des parts sociales, puisqu’en plus de l’installation de Samuel Fougeray, il fallait aussi anticiper le départ, 3 ans après, d’un des associés, Patrice Hamard. « Nous sommes partis sur une valeur économique avec un peu de valeur patrimoniale, qui convenait à tous les associés », explique Jean-René Dilé. Pour clarifier les règles de fonctionnement du Gaec à l’entrée d’un tiers, un règlement intérieur a été rédigé.
« Faire entrer un jeune dans une telle structure, c’est idéal », résume le conseiller d’entreprise, qui constate, d’une manière générale, que beaucoup de Gaec recherchent en vain des associés, avec, en face, des jeunes surtout intéressés par l’installation individuelle.
Le schéma sociétaire comporte pourtant des avantages, en termes de temps de travail, de partage des responsabilités notamment. Au sein du Gaec, Samuel Fougeray travaille un week-end sur deux, prend 3 semaines de congés par an et a une rémunération qu’il considère comme « correcte, en phase avec (ses) attentes ». Son temps de travail hebdomadaire a bien sûr augmenté depuis qu’il est devenu associé, mais son implication aussi. Comment d’ailleurs, passe-t-on du jour au lendemain de salarié à associé ? « Le travail en tant que tel n’a pas changé, mais en termes de responsabilités, je suis évidemment impliqué dans les décisions. Dès que mon projet d’installation a démarré, les associés m’ont convié aux réunions et aux discussions, auxquelles je n’assistais pas en tant que salarié. »

S.H. 

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