Salon du Végétal
Comment planter demain?
Organisé à Angers tous les deux ans, le Salon du Végétal réunit les professionnels autour des enjeux de la filière, notamment celui de la végétalisation urbaine.
Si la question du pourquoi végétaliser ne se pose plus après l'été 2026, celle du comment persiste. Comment planter mieux demain? Quels sont les grands enjeux de la végétalisation des villes? C'est ce à quoi le jardin-démonstrateur installé dans l'espace "Coeur végétal" du salon a tenté d'apporter des réponses. Fruit d'un travail de deux ans, impliquant 200 jeunes en formation horticole (d'ingénieur à Bac), il a été piloté par le collectif Vent d'Ouest qui se sert de ces chantiers écoles comme support pédagogique.
Recycler les déchets de démolition
Tout commence par sol. "On doit arrêter d'apporter des sols agricoles dans les milieux urbains et plutôt recycler des matériaux de l'économie urbaine comme les déchets de démolition, rappelle Anna-Lena Hahn, paysagiste et géographe. Par exemple le béton concassé mélangé avec du compost et des déchets verts, la brique pilée ou encore la pouzzolane recyclée. Ce substrat, pauvre, accueille beaucoup moins d'adventices et est adapté aux plantes résistantes à la sécheresse".
Palette résistante et joyeuse
Le choix des plantes est un deuxième point car il s'agit de composer des palettes végétales de plantes xérophiles "sans renoncer à la générosité". "On peut planter autre chose que les lavandes et les sauges, souligne Anna-Lena Hahn. Les paysages méditerranéens et steppiques abritent une grande diversité d'espèces aux ports et floraisons complémentaires". Grâce à leurs racines pivotantes capables d'aller chercher l'eau en profondeur, leur croissance lente et compacte et leurs feuilles duveteuses qui freinent l'évaporation, elles requièrent un paillage minéral et ont seulement besoin d'un arrosage copieux et espacé la première saison.
Architecture bioclimatique
Troisième enjeu de la végétalisation des villes : la création de micro-climat frais et agréable afin de contrer l'îlot de chaleur créé par les façades, les revêtements, les rues étroites. "Les plantes grimpantes annuelles qui poussent très vite et rafraichissent l'air par l'évapotranspiration sont une solution, cite-t-elle par exemple. Et des toiles d'ombrage peuvent être installées le temps que l'ombre d'un jeune arbre grandisse". La paysagiste évoque aussi les principes de l'architecture bioclimatique, comme le badgir, tour à vent iranienne, qui capte l'air dans les hauteurs et le rafraichit à l'intérieur. Une sorte de climatisation naturelle, sans recours aux énergies fossiles.
D'autres temps forts étaient proposés pendant ces trois jours de salon autour de ce thème. À l'occasion des 20 ans de Plantes et Cité, centre technique national dédié à la nature en ville, une conférence était notamment organisée sur les évolutions des politiques menées ces deux dernières décennies et sur les nouvelles exigences européennes en matière de restauration de la biodiversité.