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Coup de froid en viticulture

Le risque de gel et la crise sanitaire font craindre une année difficile.

© AA

La précocité des vignes de la région, avec près d’un mois d’avance, semble devenir une norme. Mais avec les froides nuits d’avril, les producteurs craignent une perte importante de la récolte en cas de gel. Conjuguée à la crise du Covid-19, qui limite fortement les achats et l’export, cette période de gel pourrait rendre l’année 2020 difficile pour les vignerons.

Un risque de gel
« Pour le moment nous n’avons pas eu de gel », témoigne Dominique Gaufreteau, viticulteur sur 19 ha à Faveraye-Mâchelles. L’année dernière, il a perdu la moitié de sa récolte. Même cas de figure pour Christelle Dubois, viticultrice à Saint-Cyr-en-Bourg, qui a perdu la moitié de sa récolte en 2017. Installée depuis 2008, elle a déjà actionné son assurance gel à 5 reprises. « Je n’ai pas investi dans du matériel de protection, et sans l’assurance je ne serai plus viticultrice », témoigne-t-elle. Les travaux sont adaptés en conséquences, mais difficile de lutter contre la nature. « On essaye de ne pas aller trop vite dans les travaux qui fragilisent la vigne face au gel ».


L’arrêt des ventes
Si l’inquiétude en début de printemps est monnaie courante pour les viticulteurs angevins, cette année s’annonce particulière. La crise du Covid-19 touche tous les pans de la société, et la filière viticole l’est également. « Il n’y a plus aucune commande », atteste Christelle Dubois.
60 % de son volume est commercialisé via les Caves de la Loire, mais le reste est à destination des restaurants, de la vente directe et des GMS. Dominique Gaufreteau réalise 80 % de ses ventes auprès de particuliers, avec un service de dégustation à domicile. Une activité à l’arrêt : « il n’y a plus du tout de vente, alors que normalement c’est le début de la période », déplore le viticulteur. Un bouleversement dans la trésorerie, qui n’était pas prévu. « Heureusement que 2018 a été une bonne année, cela laisse un peu de marge dans les comptes ».
Maigre consolation, le vin n’est pas une denrée périssable et, contrairement à d’autres produits, les stocks pourront être écoulés après la crise. Du côté de Dominique Gaufreteau, on table sur une reprise de l’activité début juin. Mais sous quelles conditions, c’est toute la question. « Il faut espérer un effet rebond. Peut-être que les gens auront plus envie de boire ! ».

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