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Viande bovine
Crise bovine : à chacun de prendre ses responsabilités

Chute catastrophique des revenus, animaux sans débouchés, FCO, tout est réuni pour broyer du noir. Pourtant, avec peu de chose, l’avenir du secteur serait porteur.

La délégation.
La délégation.
© Anjou agricole

 

Ambiance pesante et découragement perceptible chez les éleveurs en viande bovine réunis lors de la tournée régionale de la section bovine de la FDSEA. Chute catastrophique des revenus deux années consécutives, des animaux sans débouchés actuellement, la FCO, tout est réuni pour broyer du noir. Pourtant, avec peu de chose l’avenir du secteur serait porteur. C’est ce que les responsables de la section ont délivré comme message.  Mickaël Bazantay, son président, commence par un constat  : « la crise actuelle ne ressemble à aucune autre, elle est plus compliquée car due à de multiples facteurs et est à la fois sanitaire et économique » (voir l’Anjou agricole du 9 et 16 septembre).

Un secteur d’avenir

Mickaël Bazantay refuse de voir l’avenir en noir, même s’il sait que les producteurs vont vivre des moments difficiles et que le virage nécessaire pour s’adapter sera compliqué. « Nous vivons une période de rupture. Les acheteurs sont plus difficiles sur la qualité des animaux. Le sanitaire crée de nouvelles barrières douanières, les décisions politiques sur les négociations internationales peuvent nous pénaliser. Pourtant, on nous annonce un besoin en viande d’ici 18 mois à deux ans. Ne sacrifions pas notre potentiel de production. »

Pour lui, la résolution de la crise passera par une action sur les différents paramètres et il est temps d’agir vite. Il demande à chacun de prendre ses responsabilités. D’abord aux pouvoirs publics (voir article ci-dessous) à qui il demande des soutiens d’urgence mais aussi des décisions fortes sur la réforme de la Pac et les négociations internationales.

Ensuite aux entreprises qui n’ont pas répercuté à la distribution la hausse des coûts. Les responsables syndicaux leur reprochent aussi le manque de transparence dans les transactions et en particulier sur le classement des carcasses qui reste un sujet de discorde et de concurrence déloyale. Ils leur demandent de passer les hausses nécessaires et d’utiliser la machine à classer dans tous les abattoirs.

Enfin à la grande distribution, une fois de plus accusée d’augmenter les prix à la consommation aussi bien quand les prix à la production baissent et encore plus lors des remises à niveau des cours. « Elle augmente toujours ses marges, alors que si elles étaient vraiment partagées, les éleveurs et les consommateurs s’y retrouveraient. Je crains qu’en cas de hausse des prix suite à notre pression, nous soyons encore accusés de créer l’inflation, alors que personne n’a rien dit lors des baisses des cours », commente le président de la section bovine.

Les producteurs ont apprécié l’analyse des responsables et ont annoncé leur intention d’obtenir satisfaction de leurs justes revendications lors des rencontres avec les différents partenaires et les pouvoirs publics.

SYLVAIN DAURY


 

 

Les éleveurs angevins alertent les pouvoirs publics

La situation du secteur viande bovine est mal perçue par les observateurs extérieurs qui n’en connaissent souvent qu’un élément isolé. Pourtant la crise a une ampleur d’autant plus exceptionnelle qu’elle est due à un cumul de handicaps. C’est ce qu’ont expliqué les responsables de la section bovine à Magalie Debatte, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire lors d’un entretien lundi dernier. 

« L’impact sanitaire et économique de la FCO est et sera important dans les mois qui viennent à la fois par ses coûts et par les restrictions de mouvements d’animaux entre les zones de sérotypes différents », a confirmé Mickaël Bazantay, président de la section, « mais la crise bovine est non seulement sanitaire mais aussi économique avec des facteurs conjoncturels et structurels. L’augmentation très importante des charges 

(+ 46 % pour l’énergie, 51 % pour les engrais et 22 % pour les aliments du bétails) a eu pour conséquences une chute de 25 % du revenu entre 2006 et 2007 et la même chute est prévue en 2008 », a-t-il conclu. La survie de l’élevage nécessite des décisions urgentes. Des mesures financières de compensation de charges (prise en charge de cotisations sociales, exonération de la TFNB  et aides de trésorerie) sont indispensables pour passer la crise et conserver le potentiel de production. À plus long terme, les responsables ont réaffirmé le nécessaire rééquilibrage des aides, dans le cadre du bilan de santé de la Pac pour maintenir une production décrite par tous comme garante de l’aménagement du territoire et des paysages. Ils ont aussi évoqué l’incohérence des pouvoirs publics appelant les responsables de production à s’organiser et ensuite leur interdisant des accords interprofessionnels d’orientation des marchés (voir dossier laitier). La dérégulation des marchés qu’implique la réforme de la Pac imposera aux filières de revoir leur organisation. Encore faudra-t-il qu’elles connaissent les règles admisent par les pouvoirs publics.    

S.D.


 

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