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Porcs
Crise porcine : un lundi sous les feux de l’action

Après un lundi mouvementé, la filière s’est mobilisée toute la semaine pour demander des restitutions à l’exportation. Aujourd'hui, les éleveurs angevins ont rendez-vous à Jallais.

Suite à l’annonce de la mobilisation d’éleveurs de porcs, une délégation 
de la section porcine FDSEA a été reçue à 18 h 30 en préfecture. Les débats ont suivi face aux grilles.
Suite à l’annonce de la mobilisation d’éleveurs de porcs, une délégation
de la section porcine FDSEA a été reçue à 18 h 30 en préfecture. Les débats ont suivi face aux grilles.
© AA
Ce jeudi, un comité de gestion de viande porcine se tenait à Bruxelles. Pour les éleveurs, déjà à cran après plusieurs semaines de baisses des cours et d’augmentation des charges alimentaires, cette réunion à Bruxelles était décisive. Actuellement, les éleveurs perdent entre 25 et 30 euros par porc. Seul un dégagement rapide de porcs à l’exportation, par la mise en place de restitutions européennes, pourrait soulager cette crise brutale et rapide, et éviter que, dans les semaines à venir, trop d’éleveurs français ne plongent. Ce lundi 15 octobre, trois jours avant cette réunion européenne, était d’autant plus symbolique que le conseiller du ministre de l’Agriculture, Jérôme-André Gauthier se déplaçait au marché au cadran de Plérin. Ici et là des actions se sont multipliées. À Angers, La Roche-sur-Yon, Quimper, Vannes et Saint-Brieuc, les éleveurs se sont rendus directement à la préfecture. En Ille-et-Vilaine, le groupe de producteurs s’est déplacé dans des hypermarchés, organisant des feux de palettes sur les parkings des Leclerc, Géant, Cora, avant d’aller rencontrer dans la soirée le préfet à Rennes. Les Jeunes agriculteurs se sont orientés vers huit sites d’abattage : Socopa (53 et 29), Gatines (35), Europig (56), Gad (29), Bigard (29) Kermené (22), Cooperl (22). Ils ont bloqué la sortie des camions, retardant même le démarrage des cotations du marché de Plérin. La Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, réunie en session le 19 octobre, proposera une motion pour la mise en place de mesures pour la filière porcine.
Sur le terrain, les yeux rivés sur le cadran, la tension monte à chaque marché. À Angers, lundi soir, sur le parvis de la préfecture, les éleveurs ont fait état de leurs inquiétudes et évoqué les démarches en cours. Les perspectives à moyen terme n’annoncent pas d’éclaircies. « Les porcelets mis en engraissement couvriront le marché jusqu’en janvier. D’ici là, sauf actions politiques majeures, l’abondance de l’offre ne permettra pas une hausse des cours », exprimait lucidement Gérard Bourcier, président de la section. « Les céréales restent à un prix élevé. Si les bonnes récoltes de maïs peuvent tempérer les prix, tous les analystes sont d’accord pour dire que les prix resteront élevés jusqu’à la prochaine campagne. Un manque de stock au printemps pourrait même relancer la spéculation ».
« La céréaliculture seule ne pourra pas faire vivre nos campagnes. Si ce contexte continue, on se dirige vers un appauvrissement de l’élevage et donc de l’agriculture. », ajoutait Christiane Lambert. Le levier du prix de l’aliment semble difficile à bouger dans l’immédiat. « Il est normal que les prix soient rémunérateurs pour les producteurs, mais la spéculation qui est faite est scandaleuse ». Le prix de base au marché reste donc le nerf de la guerre. Organisations des entreprises, fonctionnement du cadran, solutions de désengorgement du marché, négociations avec la distribution : tout est passé en revue.

Échange entre
éleveurs, groupements
et structures de l’aval
Ce premier rassemblement en appelle d’autres. D’ailleurs, une réunion est organisée à Jallais ce
vendredi 19 octobre après-midi pour un échange entre éleveurs et les groupements et structures de l’aval.
Ces actions dispersées sur une journée ont fait mouche à Paris. Le lendemain des actions, Michel Barnier annonçait à l’Assemblée nationale qu’il réunissait des représentants de la filière porcine à Paris ce mercredi et qu’il soutiendrait la demande de restitutions. Il évoque aussi le déblocage d’une enveloppe de 2,5 millions d’euros. Or, en référence à L’Anjou agricole du 5 octobre, il s’agit d’une somme déjà attribuée par la MSA. D’ailleurs, la section porcine de la FDSEA, après avoir rencontré les banques mi-septembre, s’est rendue aussi cette semaine à la MSA pour discuter des aménagements possibles en termes de trésorerie et de l’attribution de l’enveloppe nationale. Pour l’heure, les modalités ne sont pas connues. Les 500 000 euros de reports seront loin de satisfaire tout les éleveurs de porcs français. Ce lundi, était un premier signal d’envergure de la production. Les attentes sont fortes pour les jours et semaines à venir…
Hélène descloux
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