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SYNDICAL
Crise porcine : un millier d’éleveurs sur la pelouse des Invalides

Plus d’un millier d’éleveurs français sont allés à Paris, le 26 janvier, pour sensibiliser les parlementaires, l’opinion et les pouvoirs publics aux graves difficultés qu’ils traversent.

140 éleveurs éleveurs des départements de l’Ouest ont pris le car pour Paris mercredi matin.
140 éleveurs éleveurs des départements de l’Ouest ont pris le car pour Paris mercredi matin.
© AA

Succès pour la mobilisation des producteurs de porcs à l’appel de la FNP, des FDSEA et de JA le 26 janvier à Paris et avec le soutien de la FNSEA, représentée par Christiane Lambert, première vice-présidente. Venus du Grand Ouest, mais aussi de toute la France (Massif central, Centre, nord, Est de la France, Rhône-Alpes), ils étaient plus d’un millier à s’être rendus sur la Place des Invalides à Paris. À un jet de pierre de l’Assemblée nationale, ils entendaient interpeller les parlementaires sur les graves difficultés  auxquelles ils sont confrontés. Quatre ans de crises ont épuisé leurs trésoreries. Aujourd’hui les producteurs font face à de  nouvelles hausses des coûts de production alors que les précédentes n’ont pas été répercutées dans les prix de vente.  Conséquence de la flambée du prix des céréales, le coût de production s’établit actuellement à 1,55- 1,60  € /kg de carcasse, pour un prix moyen du porc commercialisé de 1,25-1,30 €/kg de carcasse. “Soit une perte de 25 à 30 € par porc”, estime Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine. Et la situation risque de s’aggraver encore avec l’annonce de nouvelles augmentations de 30 à 40 €/t sur le prix de l’aliment.  À cela, est venue s’ajouter depuis quelques semaines la crise de la dioxine en Allemagne, qui a plongé le marché européen de la viande porcine dans une nouvelle tourmente. Les prix allemands ont perdu 0,36 €/kg en quelques semaines. Jusqu’à présent la filière française a résisté à la contagion allemande. Jusqu’à quand ? L’arrivée massive de viandes premiers prix complètement banalisées ne pourrait que précipiter les cours à la baisse en France et dans toute l’Union européenne.
La présence massive des éleveurs à Paris signifiait clairement que les industriels et les distributeurs devaient jouer la carte française. À savoir la mise en place “immédiate” de la mention d’origine conformément à l’accord interprofessionnel du 15 décembre dernier et l’affichage du logo VPF sur tous les produits répondant au cahier des charges. Il était prévu que ces dispositions se mettent progressivement en place dans le courant du premier semestre 2011, mais Jean-Michel Serres entend accélérer le processus pour échapper à la  pression allemande. En effet, eu égard à la situation sanitaire en Allemagne, il appartient au consommateur d’être sécurisé et d’être clairement informé sur l’origine du produit. Les Belges ont adopté la même démarche : ils encouragent les consommateurs à acheter national.

Le soutien des parlementaires

La FNP plaide également pour le déclenchement rapide d’un stockage privé qui permettrait d’alléger le marché. “Mais avec l’obligation d’exporter”, insiste le président de la FNP, pour ne pas retrouver sur le marché communautaire, dans quelques semaines ou quelques mois, les viandes qui ont été retirées. Bruxelles n’exclut pas la première mesure, mais se refuse à imposer la seconde.
Au-delà des mesures urgentes de soutien du marché, la FNP plaide pour la mise en œuvre “d’une année blanche” pour tous les éleveurs. C'est-à-dire le report en fin de tableau d’amortissement des an-nuités de remboursement. Pas question, en effet, pour les éleveurs de subir de nouvelles charges au moment où leurs trésoreries sont exsangues.
Message reçu par la représentation nationale. Les éleveurs réunis à Paris ont reçu le soutien d’un certain nombre de députés. Et notamment de Marc Le Fur, le député des Côtes-d’Armor à l’origine de l’amendement sur les installations classées. Lors de la séance des questions orales, mercredi après-midi, il devait interpeller le ministre de l’Agriculture sur la détresse des éleveurs et les moyens d’y faire face.

La solidarité des producteurs de volailles

La Confédération française de l’aviculture (CFA) a apporté son soutien aux producteurs de porcs qui ont manifesté à Paris. “Si la situation est particulièrement dramatique pour les éleveurs de porcs, l’ensemble des productions animales est confronté à la hausse considérable des coûts de production”, estime la CFA. En rappelant que les entreprises avicoles n’ont d’autre solution que de répercuter à la grande distribution l’augmentation des charges. Et que les distributeurs ne doivent pas bloquer ces nécessaires revalorisations, eu égard aux graves difficultés que
traversent les producteurs de porcs et de volailles.

ACTUAGRI

RÉACTION

Gérard Bourcier, responsable de la section porcine

Vous faisiez partie de la délégation qui a été reçue par les parlementaires. Quel message avez vous pu faire passer ?
Nous avons rappelé aux parlementaires les questions cruciales : les cours trop bas, le problème de la dioxine en Allemagne et sa
répercussion sur les cours et les questions sanitaires que cela pose. Sur le sujet, il y a une urgence, a-t-on indiqué aux parlementaires : la nécessaire mise en application de la mention VPF. En attendant la réglementation européenne qui n'interviendra pas avant de longs mois, il faut une initiative française.

Quel relais attendez-vous ?
La question a été posée à l'Assemblée nationale par le député Le Fur. Je pense que le gouvernement peut imposer le respect de l'accord du 15 décembre et les députés que nous avons rencontrés s'y sont engagés.Nous attendons également une remontée des cours au cadran. Je crains vraiment les effets de cette guerre économique qui conduirait à voir disparaître notre grand bassin de production.

Propos recueillis par M. L.-R.

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