Cuma
Croire en la force du collectif
L'Union des Cuma Pays de la Loire a tenu son assemblée générale jeudi 22 janvier à Longuenée-en-Anjou.
Le statut des Cuma a fêté ses 80 ans en 2025. Et les coopératives d'utilisation de matériel agricole font toujours partie du paysage. Certes, elles ont changé : "l'entraide, plutôt que le partage du matériel, est devenu le point central". Elles se sont structurées en Union, comme dans les Pays de la Loire. Un choix adopté en 2008 mais qui a été remis en cause lors de l'assemblée générale, jeudi 22 janvier, à Longuenée-en-Anjou (La Meignanne), pour aller vers le statut associatif. Elles ont mis en place des outils pour accompagner les transitions, tel que le dispositif DinaCuma, et développé des compétences en machinisme, comme l'expertise fourrage par exemple. Et récemment, à l'échelle nationale, le réseau Cuma a obtenu le crédit d'impôt mécanisation collective.
Mécanisation plus responsable
Inscrit dans le projet de loi de finances 2026, ce crédit d'impôt annuel est égal à 7,5 % des dépenses de mécanisation collective engagées auprès d'une coopérative, avec un seuil de 500 € et un plafond de 3 000 €. Soit un crédit d'impôt moyen de 1 062 € estime le réseau. "C'est un premier pas pour réorienter la fiscalité agricole au service d'une mécanisation plus responsable", considère Marine Boyer. Mais pour la présidente de la fédération nationale, élue depuis juin dernier, d'autres pistes doivent être explorées comme "l'ouverture au monde civil et aux partenariats ruraux". "Il faut être courageux et croire en la force du collectif, déclare-t-elle face à l'assemblée angevine. Il faut une vision globale et sur le long terme".
L'engagement dans la durée
Le long terme était justement le sujet de la table ronde de l'après-midi. Face aux incertitudes et aux problématiques actuelles, le modèle Cuma résistera-t-il ? La notion d'entraide semble être un avantage dans un contexte démographique agricole en manque de main-d'œuvre. "Adhérer à la Cuma Vallée de l'Isac m'a soulagé pour les travaux des champs", témoigne Benoît Vigour, agriculteur à Saffré (44). Âgé de 38 ans, il met aussi en avant "la raison sociale plus qu'économique" de son engagement en Cuma, lors de son installation en 2015. Les échanges, la répétition de rituels, créent une proximité entre les adhérents qui "gagnent en intimité et s'ajustent". "Ce sont les fondements du collectif et une des conditions pour un engagement dans la durée", souligne Adrien Boulet, chargé de mission chez Trame.
Accompagner la transmission
Attirer des adhérents, renouveler les responsables des Cuma sont des enjeux prioritaires pour le réseau. Une nouvelle version de la charte de l'administrateur incite chacun "à se sentir à l'aise d'exercer son mandat pleinement, sans avoir peur de la contradiction". Un contrat cadre accompagne les responsables afin de faciliter les prises de fonction. La Cuma La Bonne Entente, de Mauges-sur-Loire, en a notamment bénéficié, à raison de 24 jours sur ces deux dernières années. "Les Cuma sont des outils de travail puissants, il faut y consacrer du temps et ne pas attendre d'être au pied du mur pour recadrer les choses", résume Benoît Gautier, administrateur de l'Union, section Loire-Atlantique.
Selon le président de l'Union des Cuma Pays de la Loire, " le modèle Cuma sera toujours là demain". "C'est un collectif qui permet de travailler avec du matériel performant sans engager des investissements importants mais uniquement des parts sociales, allégeant ainsi les montants de reprise au moment de l'installation, affirme Laurent Lesage en conclusion de l'assemblée. Ce collectif permet également de ne pas se retrouver isolé et de pouvoir échanger avec ses pairs. Enfin, en étant au service de la compétitivité et de la sobriété, les Cuma et leur réseau permettent de maintenir des exploitations agricoles viables, vivables et transmissibles".