Aller au contenu principal

De la patience pour valoriser le plein potentiel énergétique de la récolte

Avec de bons rendements en 2023, dans le Maine-et-Loire, comme sur une large partie de la France, le maïs fourrage affiche des teneurs en amidon élevées. Mais les éleveurs vont devoir patienter pour valoriser son potentiel énergétique dans les rations.

© anjou agricole

"Cette année, sur la zone Seenovia, nous disposions déjà de plus de 1 000 analyses de fourrage à la mi-novembre, ce qui est supérieur à d'habitude", reconnaît Florian Blot, responsable des conseillers nutrition de l'organisme de contrôle laitier. Après une année compliquée en 2022, "avec des maïs de moins bonne qualité et peu de report de stocks", les éleveurs ont commencé tôt à utiliser le fourrage 2023. Pour composer la ration de leurs animaux, ils voulaient en connaître la valeur alimentaire. "Le maïs fourrage a été récolté plutôt sec avec une moyenne, dans notre territoire, à 37,1 % de matière sèche - 36 % de MS dans le Maine-et-Loire, précise-t-il. Cela ne facilite pas la tâche". En France, plus de la moitié des chantiers ont été réalisés à plus de 35 % MS et un tiers à plus de 38 % MS, selon Arvalis (voir carte 1).

Teneur élevée en amidon

La teneur moyenne en amidon, à 33,8 % (± 5,4 %) au niveau national, est supérieure de 6 points par rapport à 2022. "C'est probablement la plus élevée de ces dix dernières années", note Arvalis. Ces teneurs sont assez homogènes sur l'ensemble du territoire : les trois-quarts des maïs présentent une teneur en amidon supérieure à 30 %, et quatre maïs sur dix ont une teneur supérieure à 35 % (voir carte 2). Dans les six départements de la zone Seenovia, la teneur moyenne en amidon se situe à 301 g/kg de MS. "Les conditions hydriques de l'été 2023, très favorables de la floraison au remplissage, ont favorisé la production de grains. Le maintien de plantes vertes et fonctionnelles jusqu'à la récolte, associé à un stade de maturité plutôt avancé, ont également permis l'accumulation d'amidon en fin de cycle", commente Arvalis.

Faible digestibilité des fibres

Mais ce maïs riche en amidon est limité par une faible digestibilité des fibres : avec une moyenne nationale à 49,8%, "soit près de deux points de moins qu'en 2022". La teneur en énergie du maïs fourrage est bonne, supérieure à 2022, avec une moyenne de 0,96 UFL/kg de MS dans la zone Seenovia au-dessus de la moyenne nationale (0,95 UFL/kg de MS). "Ce potentiel énergétique ne sera pas visible avant janvier dans les élevages, prévient Florian Blot. Car l'amidon du maïs n'est pas encore disponible : il faut attendre que la fermentation opère". Depuis deux mois, les conseillers Seenovia accompagnent les éleveurs dans l'adaptation de la ration.  "L'objectif est de faire tourner rapidement le rumen pour dégrader rapidement la fibre, explique-t-il. Il faut des rations avec de l'énergie disponible, comme des céréales par exemple. Mais il faut être bien attentif au changement de qualité du maïs afin d'éviter le risque d'un excès d'amidon qui pourrait conduire à l'acidose".

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Les asperges blanches représentent 80% de la consommation mais 95% de la production française.
Fleuron d'Anjou recherche des producteurs d'asperges
La coopérative Fleuron d'Anjou veut développer la production d'asperges, visant un volume de 1 000 T à 5 ans. Elle recherche des…
Encore trop d'eau pour les semis

Les mauvaises conditions d'implantation des céréales d'automne ont induit un basculement des surfaces vers des variétés de…

Laurent Martin contrôle la production de ses panneaux sur son téléphone. L'optimiseur des onduleurs permet de superviser les modules (température, production, ampérage) et sécurise l'installation.
Une stabulation pour les vaches grâce au photovoltaïque
Éleveur de charolaises à Lys-Haut-Layon, Laurent Martin a financé la construction d'une stabulation pour son troupeau allaitant…
Entre 12 et 15 cm de hauteur d'herbe chez Jonathan Bertrand. Sorties 10 jours fin mars, ses vaches sont à nouveau consignées à l'intérieur, faute de portance.
Mise à l'herbe : de timides débuts

Limités jusqu'ici par la portance des sols, certains éleveurs se sont décidés à mettre à l'herbe des animaux, avec parfois des…

Daniel Rochard (JRC Solaire) et Christophe Cesbron (Serres JRC). A droite : les nouveaux haubans photovoltaïques.
Plus d'autonomie énergétique avec les haubans photovoltaïques
JRC Solaire conçoit des haubans photovoltaïques visant à accroître l'autonomie énergétique des exploitations maraîchères et…
Guillaume Aubert élève un troupeau de 65 vaches montbéliardes. Il est associé avec ses parents et son frère au sein du Gaec des Alezanes.
Autonome pour l'insémination de son troupeau laitier

Éleveur au Louroux-Béconnais, Guillaume Aubert a suivi une formation à l'insémination avec Innoval. Depuis, il a vu les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 176€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois