Erwan Baron, Président de Verdir Pays de la Loire
« Défendre l'achat local de végétaux auprès des maîtres d'ouvrage »
Vous avez été récemment élu président du bureau de Verdir Pays de la Loire pour un mandat de trois ans. Quelle est votre implication dans la filière horti-pépi ?
Je suis gérant des pépinières Chauviré depuis 26 ans, une entreprise située à Montrevault-sur-Èvre, qui emploie 170 personnes et exploite 500 ha. Je suis adhérent depuis de nombreuses années de la Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières, devenue Verdir en 2022. Je suis notamment impliqué dans le groupe de travail national sur le paysage. J'ai accepté la présidence de la structure régionale, succédant à Guilhem Bost qui est désormais trésorier, aux côtés de Luc-Olivier Ripoche (vice-président) et de Jérôme Denis (secrétaire).
Comment se comportent les marchés pour la saison 2025-2026 ?
En horticulture, il faut encore attendre pour commencer à dresser un bilan de la saison 2025-2026. Tout se joue actuellement. Pour les entreprises du secteur du paysage en revanche, on peut déjà dire que le commerce se passe globalement bien. Le marché est plutôt soutenu car les besoins sont là. Nous répondons aux enjeux de désimperméabilisation des sols, de végétalisation des villes. Une part de notre activité est rythmée par les élections municipales, avec une suractivité notable trois ans avant. Actuellement les nouvelles équipes se mettent en place dans les communes : nous aurons un trou d'air de deux ans dans les commandes.
Quels sont les dossiers prioritaires à défendre par votre syndicat ?
La gestion de l'eau reste toujours prioritaire pour la production de nos végétaux. Mais aussi les relations avec la direction du travail pour défendre les spécificités de nos activités qui nécessitent l'embauche de saisonniers. Surtout, nous devons continuer à communiquer auprès des maîtres d'ouvrage afin qu'ils favorisent l'achat local de végétaux pour leurs plantations. Aujourd'hui, les deux tiers sont importés de pays voisins (Belgique, Pays-Bas, Italie). C'est vraiment dommage que l'argent public ne serve pas à soutenir les entreprises des Pays de la Loire qui sont productrices de végétaux. C'est-à-dire celles qui respectent les exigences réglementaires - en termes de coût du travail, de normes phytosanitaires,... - et qui donc font face à la distorsion de concurrence à l'échelle européenne. Le label Plante bleue existe déjà et nous devons faire connaître cette certification éco-responsable. Le risque, pour nos entreprises qui travaillent sur le temps long, est de ne plus avoir assez d'activités pour embaucher les personnes qui se forment dans les établissements.