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Porcs et volailles
Des éleveurs précautionneux pour prévenir les coups de chaleur

Le thermostat grimpe vite ces dernières semaines. Lundi, un nouveau record a été battu. Le mercure a dépassé les 40°C sur tout le département. Comment les éleveurs de porcs et de volailles font-ils pour limiter le stress thermique des animaux ?

La hausse des températures soudaine ou durable n’est pas sans conséquence pour les élevages surtout en volailles et en porcs. Chaque éleveur fait ce qu’il peut pour permettre à ses animaux de passer au mieux ces épisodes de chaleur. « C’est surtout beaucoup de bon sens. On laisse les animaux le plus tranquille possible pour éviter qu’ils attrapent chaud », note Myriam Chauviré, éleveuse de porcs en système naisseur engraisseur à La Chapelle du Genêt. A l’EARL de l’éclaircie, tous les bâtiments d’élevage sont équipés de cooling. Ce système consiste à faire passer l’air neuf au travers d’une structure alvéolaire en cellulose sur laquelle circule de l’eau. « L’air extérieur chaud au contact du mur humide est refroidi en rentrant dans le bâtiment », explique Myriam Chauviré. L’eau retombe ensuite dans un bac de récupération pour être réutilisée. L’agricultrice mesure parfaitement l’efficacité du système. « Dans les salles, en moyenne, il fait 10°C de moins qu’à l’extérieur. » Au-delà de cet équipement, les associés du l’EARL sont particulièrement vigilants pendant ces périodes de chaleurs. « On décale nos journées de travail. On distribue l’alimentation tôt le matin pour que la digestion se fasse le plus tôt possible. » Les tâches réalisées en temps normal vers 16 h 30 ne sont réalisées que vers 18 h30. « On ne va voir que les truies. On ne rentre  même pas dans les salles de post-sevrage et d’engraissement pour les laisser tranquilles. On vérifie du couloir extérieur que tout se passe bien. » Tous les porcs ont accès à l’eau en continu en plus des repas d’eau lors des repas.
A Miré, Emmanuel Landeau lui aussi soigne les animaux tôt pendant ces périodes de canicules. « A 9 h, j’ai fini le travail dans les bâtiments. » En système naisseur engraisseur, son exploitation compte 140 truies. Certains de ses bâtiments sont équipés de cooling. « L’ambiance dans ces bâtiments reste agréable », note l’agriculteur. Dans les autres, la ventilation est au maximum. « Pour le moment, j’arrive à maîtriser la température. »
L’éleveur n’a pas particulièrement modifié la ration, ni les horaires d’alimentation. « Bien sûr, je fais un repas d’eau supplémentaire si besoin. » C’est surtout la longueur des fortes chaleurs qu’Emmanuel Landeau  craint : « mais jusqu’ici, heureusement, ces épisodes restent sur des temps courts ».
 

Vigilance en volailles
Le stress dû aux hautes températures entraine aussi des conséquences sur la volaille.
L’aviculteur Jean-Baptiste Richard en a bien conscience  et apporte une vigilance accrue à son élevage de dindes arrivées début juin. « Les dindes sont des animaux sensibles. Mais elles sont jeunes donc jusque là elles supportent bien la chaleur », constate le jeune éleveur. Sur les 3 bâtiments que compte son exploitation à Chazé-Henry, il y a un nouveau bâtiment « bien isolé » et un autre rénové en 2018. « Dans ces 2 bâtiments, on arrive bien à maîtriser l’ambiance avec la ventilation. » Le 3e est un bâtiment de type Louisiane « où on ne maitrise pas la température mais cela se passe bien pour le moment ». Pendant les grosses chaleurs, l’éleveur a constaté des problèmes de piquage dans les bâtiments en lumière naturelle. « La lumière est trop forte pour les dindes.» Pour pallier ce problème, l’éleveur a fermé les volets les plus exposé au soleil et enrichi le milieu avec des jouets et des blocs à picorer. En temps normal, l’éleveur accorde beaucoup d’importance à la qualité de l’eau et encore plus pendant les périodes de fortes chaleurs. « De l’eau provenant d’un puits artésien est utilisée pour les dindes. Avant d’être distribuée, elle passe dans une micro-station de filtrage pour enlever l’excès de fer et de manganèse. » C’est aussi après la canicule que Jean-Baptiste Richard surveille ses animaux. « Il y a souvent beaucoup de fatigue après coup. On leur fait des apports de vitamines pour les rebooster. »
L’agricultrice d’Erdre en Anjou, Patricia Philippeau, apporte aussi de la vitamine C à ses poules pondeuses pour les aider à affronter les pics de chaleur. « Je commence la veille ou le jour même du pic de chaleur et je poursuis quelques jours après ». Autre moyen déployé : le renouvellement régulier de l’eau. « Je purge plusieurs fois par jour le circuit d’eau dans le bâtiment pour avoir toujours de l’eau fraîche ». Pour éviter que les poules digèrent au moment le plus chaud de la journée, l’éleveuse coupe le repas de l’après-midi. Avec ces différents mesures, l’éleveuse n’a constaté que très peu de pertes lors de la canicule du 18 juin et celle du 18 juillet. Pourtant le bâtiment a enregistré des températures dépassant les 39,5°C à chaque fois.

 

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