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Des éoliennes citoyennes pour de l'énergie locale

Barbara Pompili, ministre de la transition écologique était dans le Chemillois, lundi 25 janvier. Elle a visité le parc éolien de l'Hyrôme. Un projet mené par les citoyens du territoire.

François Girard, président d'Atout vent en Chemillois a présenté le Parc de l'Hyrôme à la ministre de la Transition écologique, lundi 25 janvier.
François Girard, président d'Atout vent en Chemillois a présenté le Parc de l'Hyrôme à la ministre de la Transition écologique, lundi 25 janvier.
© AA

Les 5 éoliennes du parc de l'Hyrôme situées entre Chanzeaux et Valanjou existent grâce  l'énergie de plus de 370 citoyens du territoire. Le projet soutenu par la Sem départementale Alter énergies, la communauté d'agglomération Mauges communauté et énergie partagée est en fonctionnement depuis juillet 2020. Le site fournit de l'électricité pour 10 000 foyers. C'est cette dynamique que Barbara Pompili a découvert, lundi 25 janvier lors de sa visite en Anjou.

« Vous êtes des pionniers. Il n'y avait pas de modèle », souligne la ministre de la transition écologique qui souhaite inciter à ce type de projet. « On a besoin que les territoires se mobilisent. Il y a encore trop de peu de projets citoyens. La transition énergétique ne se fera pas sans les citoyens. » 
L'association Atout vent en chemillois qui avait déjà monté le parc éolien citoyen de La Jacterie, est aussi à l'origine de ce nouveau projet. « En 2008, on voyait ces grands oiseaux blancs se monter sur le territoire. C'est bien beau de voir des éoliennes sur notre territoire, mais c'est encore mieux si elles nous appartiennent. On ne voulait pas que des fonds d'investissement étrangers soient propriétaires du parc de l'Hyrôme », explique Stéphane Bouju, agriculteur et vice-président de l'association. L'association a ainsi réuni 2,5 millions d'euros d'épargne locale.
« Pour cela, il a fallu prendre notre bâton de pellerin pour convaincre les habitants », explique François Girard, président d'Atout vent.

Un parcours du combattant
Pour investir dans le projet, un minimum de 1 000 euros était nécessaire sans pouvoir dépasser les 20 000 euros. « On plafonne l'investissement au risque de faire des déçus. » Mais surtout pour garder la notion de partage équitable et de collectif dans le projet.
Lenteurs administratives, montage financier complexe, recours juridiques longs... Monter un tel projet peut relever du parcours du combattant. « Au départ, nous sommes tous bénévoles, mais nous avons été obligés de nous professionnaliser. On représente des personnes qui ont investi des sommes importantes », explique Jean-Marie Gaborieau, retraité de Vezins et bénévole pour monter un nouveau parc éolien citoyen à Chanteloup-les-Bois (lire ci-dessous).
Les acteurs locaux ont profité de cette rencontre pour demander la levée d'obstacles qui freinent ces projets.
« Vous venez nous voir, c'est gentil. Mais si vous mettez aux projets citoyens les mêmes règles qu'aux industriels, ça ne peut pas tenir », souligne François Girard.
Le parc de l'Hyrôme a, par exemple, dû faire face à des changements de tarif de rachat d'électricité à cause de recours juridiques trop longs. « Il faut prévoir des aménagements de tarifs pour les projets citoyens », conseille le président d'Atout vent.
« On a déjà commencé par des simplifications administratives », se défend Barbara Pompili au micro des journalistes. Consciente qu'il faut aller plus loin, elle poursuit : « on va encourager dans la nouvelle loi Climat-Résilience le développement de ce genre de projets. Il peut y avoir des leviers évidemment fiscaux, des leviers d'appels d'offre. Un exemple : quand il y aura des projets citoyens, ces projets seront mieux notés pour avoir plus facilement accès au marché. »
A ce propos, François Girard en attend plus : « dans le système de notation des appels d'offre, les projets citoyens gagnent 5 points sur 100. Donnez en nous 20 ! ».
 

La méthanisation, un autre type de projet citoyen

« Il y a d'autres projets citoyens d'énergie renouvelable menés par de petites exploitations d'éleveurs : ceux de méthanisation, interpelle François Girard lors de sa rencontre avec la ministre de la Transition écologique. La méthanisation valorise de la biomasse et crée de l'énergie. Mais si les tarifs continuent d'évoluer ainsi, on va tuer tous les projets dans l'oeuf... » Pour rappel, la baisse annoncée pourrait aller jusqu'à 15 % pour les méthaniseurs de petite et moyenne taille, ce qui correspond à l'immense majorité des installations agricoles.

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