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Viande bovine
Des mesures face à la crise

Des actions à destination des abattoirs, de la grande distribution et des pouvoirs publics se préparent.

La première des réunions organisées par la section bovine de la FDSEA se tenait hier soir au Lion d’Angers. Les suivantes sont prévues lundi 22, à Saint-Hilaire-du-Bois et le surlendemain, mercredi 24 septembre à Jallais. Sans se vouloir alarmistes, Michel Brossier et Alain Denieulle, vice-présidents de la section bovine, soulignent que « la crise de la viande bovine est sérieuse » et
qu’« elle pourrait être lourde de conséquences ». Comme Mickaël Bazantay l’évoquait dans une édition précédente (voir L’Anjou agricole du 12 septembre 2008), deux éléments expliquent cette situation. L’une d’elle est sanitaire : la FCO a, indubitablement, un impact sur le marché de la viande, sur le maigre bien sûr, mais également sur le gras avec une moindre mise en place chez les engraisseurs. On voit aussi une accélération de la réforme, et, conséquence immédiate, une décapitalisation. « C’est un moyen de soutenir la trésorerie », constate Alain Denieulle. Le cheptel va donc diminuer, sans compter les effets de la FCO dans les élevages non vaccinés. L’autre raison relève de l’économie : « On n’arrive pas à répercuter l’augmentation des charges des matières premières et de l’énergie… », déplore Michel Brossier. La perte de revenu de 27 % enregistrée en 2007 risque  bien de se reproduire en 2008. « Il faut que les pouvoirs publics et la filière dans son ensemble en prennent conscience. Nos exploitations sont aux normes et méritent une juste répartition des marges et un revenu décent ».

Notre part de responsabilité
Pour sortir de la crise, pour voir les cours se reprendre, les éleveurs auront à relever quelques défis. Le premier sera celui d’adapter l’offre à la demande du marché. « Il faut bien admettre qu’une petite partie de la production ne trouve plus de débouchés », constate Alain Denieulle. « Un broutard de race à viande, non vacciné, non préparé, et de faible potentiel n’a plus de valeur marchande aujourd’hui ». « On sait ce que recherchent les abattoirs. Nous avons notre part de responsabilité », renchérit Michel Brossier. Attention aussi aux fausses bonnes économies. « L’augmentation des charges peut conduire à abandonner les améliorations techniques et le suivi des organismes d’élevage. Ce serait une erreur. Avoir un maximum d’éleveurs spécialisés en contrôle de performance est une des façons de progresser ».

La machine syndicale
est en marche
Les réunions organisées dans les bassins d’élevage seront donc l’occasion d’expliquer le pourquoi de la situation. « On ne se contentera pas de se lamenter, prévient Michel Brossier. Nous allons expliquer, nous allons écouter mais nous allons aussi déterminer les actions à mettre en place. La machine syndicale est en marche ». Est-ce à dire que des actions syndicales sont à prévoir ? « Nous envisageons des actions ciblées à destination des différents maillons de la chaîne : les abattoirs, la grande distribution, mais aussi les pouvoirs publics.» Si la première des demandes porte sur la rémunération des produits, de nouvelles relations avec les partenaires sont à construire. « À l’instar de l’aviculture, nous envisageons de proposer des contractualisations tripartite entre la production (les éleveurs, les groupements d’éleveurs, les OP), les abatteurs et la grande distribution. Un trinôme qui fonctionnerait dans le respect du professionnalisme de chacun et avec une juste répartition des marges », avancent les responsables syndicaux. Quant aux pouvoirs publics, la section bovine souhaite qu’ils jouent pleinement leur rôle d’arbitre afin que s’instaure un véritable « commerce équitable à la française ». De l’Etat, les éleveurs attendent aussi des perspectives à moyen et long terme. « Sans lisibilité, comment installer ? » et une garantie sur le maintien des aides : « la production bovine a un rôle dans l’aménagement du territoire, dans la sécurité alimentaire, dans l’entretien des paysages. Attention à ne pas décourager les éleveurs et les envoyer dans le tout céréales. C’en serait fini de nos prairies ». Objectif également, un rééquilibrage des aides lorsque les prix sont insuffisants.
Une entrevue a été sollicitée auprès du préfet pour évoquer ces différents sujets. Ensuite un calendrier sera établi pour déterminer la suite des événements.
« Nous allons y aller crescendo », préviennent les responsables syndicaux.
M.L.-R.
Réunions de mobilisation organisées par la FDSEA sur le sujet de la viande bovine  :
- le lundi 22 septembre : Salle St-Hilaire-du-Bois (à côté de l’église)
- le mercredi 24 septembre : Salle des fêtes à Jallais. Début des réunions à 20 h 30.

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