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Afdi
Des paysans burkinabés à la découverte de l’agriculture française

En 2009, l’association des Pays de la Loire a organisé le départ de 35 personnes au Burkina-Faso et la venue de 25 Burkinabés.

Noélie Kabré, présidente du centre artisanal de l’union de Boussé et Rasmani Sawadogo, animateur des greniers de sécurité alimentaires de l’union de Tikaré sont les deux paysans accueillis actuellement en Maine-et-Loire.
Noélie Kabré, présidente du centre artisanal de l’union de Boussé et Rasmani Sawadogo, animateur des greniers de sécurité alimentaires de l’union de Tikaré sont les deux paysans accueillis actuellement en Maine-et-Loire.
© Anjou agricole

Situé en Afrique de l’Ouest, le Burkina-Faso est l’un des pays les moins alphabétisés au monde avec plus de 70 % d’analphabètes. L’agriculture occupe plus de 85 % de la population active, contribue pour près de 33 % du PIB et assure plus de 85 % des recettes d’exportations. À peine la moitié de la superficie agricole exploitable serait cultivée et les niveaux de productivité restent encore faibles selon l’Afdi (Association des agriculteurs français et développement international). Mais les paysans burkinabés sont confrontés à des problèmes de crédit pour l’installation. Ils ne peuvent pas compter sur un retour sur investissement : « Les crédits sont à l’année et l’accès à des prêts à moyen terme est pratiquement impossible », déplore Marc Colas, président d’Afdi 49. D’où l’intérêt de développer des MFR (Maison familiales rurales), « le crédit est lié au diplôme », ajoute-t-il. Des actions sont engagées avec les MFR françaises et burkinabés pour « former de jeunes adultes à l’agriculture, l’élevage et les alphabétiser », explique Pascal Cluseau, chargé de mission à la FDMFR, partageant des objectifs communs à l’Afdi.

Une agriculture manuelle, sans électricité

« La France, c’est froid. » Habituée à des chaleurs avoisinant 40°C, Noélie Kabré conserve son anorak rouge, même pendant les beaux jours d’avril. Mère de 5 enfants à 38 ans, elle s’exprime dans un français peu prononcé mais accessible. Elle est l’un des 10 animateurs burkinabés reçus actuellement dans la région. L’agricultrice cultive 2 hectares de maïs, de choux, de tomates... Elle travaille 9 heures par jour voire plus et fait tout à la main. « Nous n’avons pas d’électricité chez nous », ajoutent Noélie Kabré et Rasmani Sawadogo, l’autre animateur accueilli en Maine-et-Loire. Jusqu’au 1er juin, les deux animateurs vont, chacun, participer à la vie quotidienne de trois exploitations. Dans les familles d’accueil, les apports sont réciproques : « Ils sont très friands d’informations, d’aides et on échange au niveau social et professionnel », raconte Stéphanie Moreau, femme d’un exploitant de Saint-Augustin-des-Bois. En retour, un voyage d’étude et de découverte au Burkina est proposé et la famille Moreau devrait y participer en 2011 avec d’autres agriculteurs et les membres d’Afdi.

En Anjou, Noélie Kabré est intéressée par la transformation des fruits et légumes, les activités d’animation commerciale, la santé maternelle et infantile, le maraîchage et l’embouche ovine. Quant à Rasmani Sawadogo, il souhaite découvrir l’organisation et la commercialisation des produits agricoles, les cultures de céréales (maïs), la gestion des exploitations agricoles et l’embouche bovine et ovine. Les animateurs immortalisent leurs connaissances professionnelles dans des rapports. Dès leur retour au Burkina-Faso, les pédagogues de la terre partageront leur savoir acquis à leur union respective.

J.B.


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