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Matières premières
Des pots qui se paient cher

Phénomène mondial, le renchérissement de certaines matières premières impacte les filières agricoles. Exemple avec l’horticulture.      

Yohan Saulais, horticulteur à Sainte-Gemmes-sur-Loire, fait face à des hausses de prix sur les contenants en plastique. Ces housses de protection des plantes ont augmenté de 30 %.
© AA

Plus 15 % en moyenne sur les pots en plastique. Cette hausse de prix, survenue en milieu de campagne, est peu courante en horticulture. « Les horticulteurs sont dans une démarche d’amélioration des pratiques, mais on utilise encore beaucoup de plastique, et cela peut représenter une part importante dans le coût de production  », explique Philippe Wegmann, directeur du Bureau horticole régional (BHR). Le secteur n'échappe pas au renchérissement actuel des matières premières, consécutif à la crise sanitaire. Alors que la consommation de produits végétaux connaît un certain engouement, cette hausse des équipements vient ternir le tableau et peser sur la rentabilité des entreprises déjà fragilisées par la Covid-19. Les hausses ne concernent pas que les pots, barquettes, plaques mais aussi les substrats, les jeunes plants, et différents matériaux de construction et d’équipement.
Hausses de prix, délais d’approvisionnement allongés, risque de pénurie sont le quotidien de Yohan Saulais, producteur à Sainte-Gemmes-sur-Loire. Pour la poterie plastique, il faut compter deux mois de délai, et « les fournisseurs ne nous laissent pas entrevoir de baisse avant octobre », explique-t-il.


Moins de souplesse
« Pour les substrats, les camions sont très sollicités, il faut anticiper sur les livraisons pour avoir de la matière et pouvoir continuer à produire ». Les substrats, souvent importés, subissent la hausse du coût des transports et il y a des problèmes d’approvisionnement dans certaines matières comme la fibre et la tourbe de coco, les écorces ou la fibre de bois.
Quant aux jeunes plants, graines et pieds mères, ils sont aussi plus chers et parfois plus difficiles à obtenir.
Même constat à l’entreprise Floress, à Andard (Loire-Authion) : « au niveau de notre groupement, on enregistre une hausse de 10 à 15 % sur les pots », indique Sylvain Papuchon, responsable de Floress (aromatiques et des plants de légumes), qui fait partie du groupement de producteurs Vegecom/Jardins de Loire.
« Cet été et cet automne, la hausse des plastiques va beaucoup impacter les producteurs qui cultivent des plantes d’automne, de type cyclamen, chrysanthèmes, des produits à faible marge », souligne Sylvain Papuchon.

Des projets repoussés
Ces perturbations renchérissent aussi les coûts d’entretien des infrastructures (rebâchage de serres plastiques...) et mettent en stand-by certains investissements. « J’ai 43 ans, mon associé prend sa retraite, j’aurais envie d’investir, explique Sylvain Papuchon. Il me faudrait remplacer des serres, mécaniser, acheter des bacs en alu pour améliorer le confort de travail des salariés...». Mais aujourd’hui, face à la flambée des prix de l’aluminium et des plastiques, il préfère temporiser. « Ces hausses nous privent de lisibilité, on se projette plus difficilement vers l’avenir », témoigne l’horticulteur.


Des coûts à répercuter
« Nous ne pourrons pas absorber tous ces coûts imprévus », assure Yohan Saulais, qui lui aussi a remis des investissements de bâtiments à plus tard.
« Ces hausses tarifaires vont venir dégrader le résultat net des entreprises. Il va être inévitable d’enclencher des négociations avec les distributeurs pour les répercuter, souligne Philippe Wegmann. Le plus gros danger serait de ne pas en être conscient dès aujourd’hui ».
S.H.

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