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JA
Des solutions collectives pour sécuriser les revenus

Les jeunes syndicalistes ont débattu sur les outils de sécurisation des revenus agricoles face à une fluctuation des revenus lors de leur assemblée générale, jeudi 26 février à La Membrolle

Un centaine de jeunes agriculteurs se sont retouvés pour débattre.
Un centaine de jeunes agriculteurs se sont retouvés pour débattre.
© Anjou agricole

Les Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire se sont retrouvés, jeudi 26 février, pour leur assemblée générale annuelle au CFP de La Membrolle-sur-Longuenée. Ils ont débattu sur les outils de sécurisation des revenus agricoles face à une fluctuation des revenus agricoles pressentie comme étant de plus en plus importante dans toutes les productions.
Plusieurs intervenants ont dressé un état des lieux et proposé des solutions nouvelles pour répondre à la sécurisation des revenus agricoles. Tout d’abord, Christine Goscianski de la Chambre régionale d’agriculture est intervenue sur l’évolution des revenus agricoles en France : elle constate une très forte fluctuation des revenus agricoles depuis 2006 qui reflète des disparités selon les productions : fluctuation très importante ces deux dernières années pour les céréales et oléo-protéagineux et ainsi que pour les bovins viande ; fluctuation relative en bovin lait et fluctuation toujours importante pour les productions hors sol. Cette tendance va-t-elle s’affirmer dans les années à venir ? Avec des outils de régulation de marché affaiblis (jachères, restitution à l’export, droits de douane, quotas…) suite aux réformes successives de la Pac combinés à un effet amplificateur de spéculation, on sent bien que les perspectives vont vers une plus grande volatilité des prix et des revenus de plus en plus fluctuant.
Quatre administrateurs JA rapporteurs ont présenté le fruit de leur travail, une note d’orientation intitulée “État des lieux des risques et des outils pour sécuriser les revenus des jeunes agriculteurs”. Ils ont tout d’abord établi un panorama des risques liés à l’exploitation agricole : « Nous avons aussi pu nous apercevoir que les risques ne sont pas que financiers, mais de tous ordres : climatiques, sanitaires, humains et bien d'autres encore ». Les JA constatent que la plupart de ces risques sont en augmentation et remettent ainsi la gestion des risques au cœur des préoccupations des agriculteurs, notamment pour l’installation : « pas facile, dans ces conditions, de chiffrer des hypothèses de revenu sur plusieurs années ». Pour y faire face, l’exploitation agricole peut s’adapter avec des solutions individuelles ou privées, mais les solutions collectives sont indispensables : « s’il ne faut pas se voiler la face sur les risques existants et le désengagement attendu de la protection publique, il est urgent que la profession agricole travaille pour renforcer les solutions collectives », a déclaré Christophe Réveillère. Les JA ont notamment soutenu l’organisation des filières par interprofessions.

Construire des filières fortes
Pour illustrer ce point, des exemples d’organisations professionnelles ont été présentés par Jean-Paul Texier, président de JA Ouest : le projet lait Ouest inspiré de l’organisation de la filière légume bretonne. L’idée est de regrouper tous les producteurs de lait au sein d’organisations de producteurs regroupant les organisations privées et les organisations coopératives. « L’instance globale les regroupant, l’AOP (Association d’organisation de producteurs) serait alors l’interlocuteur unique avec les entreprises afin d’orienter les volumes produits selon les besoins », précise Jean-Paul Texier. « La plus grande difficulté à l’heure actuelle serait que le transfert de propriété soit reconnu du producteur vers une organisation de producteur, ce qui existe pour les légumes mais semble loin d’être acquis pour le lait ». L’organisation du Cerafel, l’organisation économique de la filière fruits et légumes bretonne, a de quoi faire rêver les producteurs de lait : le Cerafel dispose de plusieurs moyens d’intervention pour réguler le marché tels que la fixation d’un prix minimum, une régulation de l’offre et le retrait en dernier recours. Cette organisation coordonne également des actions de recherche et d’expérimentation, ainsi qu’une politique de promotion et de qualité des produits, avec par exemple la marque “Prince de Bretagne”. Les représentants de deux coopératives, Mickaël Bazantay pour Géo et Marcel Placet pour Terrena ont cependant rappelé qu’il n’y aura pas d’organisation possible sans implication des agriculteurs dans les filières et surtout sans une restructuration des outils à l’aval de la production. « Nul doute qu'une des clés de sécurisation de notre revenu est notre implication forte dans nos interprofessions pour construire des filières fortes ou doivent s'opérer un partage équitable de la valeur ajoutée avec la mise en place d'outils contractuels ou assurantiels », a conclu le président de Jeunes agriculteurs.

I.D.

Frédéric Vincent, Le nouveau président pour « un travail collectif »

Succédant à Christophe Réveillère, Frédéric Vincent, installé en Gaec à Avrillé en productions vaches laitières, engraissement de jeunes bovins et grandes cultures a été élu président de Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire. Il explique ses objectifs pour le
syndicalisme jeune :
« Je souhaite que JA soit force de propositions pour que les situations économiques des jeunes installés soient correctes, sans quoi nous ne pourrons relever le défi du renouvellement des générations. L’élaboration du Plan de professionnalisation personnalisé (3P) est un outil formidable pour l’installation des jeunes, mais sans visibilité économique, il ne suffira pas à maintenir la dynamique de l’installation. Le syndicalisme jeune doit se positionner de façon économique, en réaffirmant le poids des interprofessions, mais également de façon politique. La révision de la Pac 2010 vient de nous être annoncée, sa mise en place doit se faire avec nous, et demain c’est 2013 qui arrive. Nous devons être acteurs de ces changements. La représentation du monde agricole doit être forte. Nous devons également continuer à promouvoir notre métier : Tisser des liens avec les écoliers, étudiants et consommateurs, ce qui permet aussi de rapprocher les producteurs entre eux. Sans filières solides et soudées, nous ne pourrons continuer à suivre le modèle d’agriculture familiale dont nous sommes si fiers. Toute l’équipe de JA Maine-et-Loire se positionnera pour atteindre ces objectifs. Sans un travail collectif, rien n’est possible. »

Le nouveau conseil d’administration de Jeunes agriculteurs 49

Le Bureau :
Frédéric Vincent, Feneu, président, Damien Bouhier, Grézillé, et Antoine Lardeux, Aviré, vice-présidents
Frédéric Brossellier, Blaison-Gohier, secrétaire général, Yannick Forestier, Thorigné-d’Anjou, secrétaire général adjoint, François Arthus, Tiercé, trésorier et Alexandra Blanvillain, Rochefort-sur-Loire, trésorière adjointe.

Les autres membres du conseil :
Samuel Aubert, Pruillé, Laurent Bessonneau, Chemillé, Nathalie Bessonneau, Brion, Emmanuel Bricard, Saint-Laurent-des-Autels, Jérôme Delêtre, La Meignanne, Stéphane Deniau, Corné,  Stéphane Hervé, Andard, Cédric Lambert, La Ménitré, Maxime Lambert, Bouillé-Ménard, Valéry Lebouc, Auverse, Sébastien Poitrineau, Vihiers, Samuel Ricou, Bécon-les-Granits.

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