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Éthanol
Du carburant au marc de raisin

La distillerie produit du carburant à partir de résidus viniques pour alimenter un bus de la Ville d’Angers

Jean-François Mouyal, responsable technique de la distillerie, Jérôme Lemasson, 
directeur Pôle vin pour Loire propriétés, Jacques Blouineau, responsable de la distillerie et Jérôme Budua de Raisinor France ont présenté leur projet de biocarburant.
Jean-François Mouyal, responsable technique de la distillerie, Jérôme Lemasson,
directeur Pôle vin pour Loire propriétés, Jacques Blouineau, responsable de la distillerie et Jérôme Budua de Raisinor France ont présenté leur projet de biocarburant.
© AA

Fabriquer du bioéthanol à partir de marc de raisin. C’est dans ce projet que s’est lancée la distillerie de Thouarcé. “Nous sommes avant tout des dépolluants de la viticulture”, rappelle Jacques Blouineau, responsable du site. “Fabriquer de l’éthanol à partir de l’alcool du marc de raison, c’est, pour nous, un bon moyen de valoriser nos résidus viniques”.
La distillerie n’en est qu’à son coup d’essai. “Nous n’alimentons qu’un bus d’Angers grâce à notre biocarburant”. Un bus qui circule depuis fin septembre dans la ville. Ce nouveau carburant se compose à 95 % d’alcool et 5 % d’adjuvant. Ce qui le diffère des autres biocarburants ? “Il est issu d’une filière non alimentaire. Le marc de raisin est un déchet”, explique Jérôme Budua, de Raisinor France, la société coopérative qui regroupe toutes les distilleries de France.

Un carburant local dans un circuit court
Le projet n’est qu’à ses prémices. “Ce carburant n’est pas encore homologué. Nous devons obtenir une autorisation du ministère de l’Écologie et de l’économie avant de pouvoir le commercialiser”. Si cet agrocarburant est novateur pour le France, il n’en est rien en Suède. “Des bus circulent ainsi depuis 1989”, souligne Jérôme Budua.
Pour mener à bien sa commercialisation, Raisinor France s’est associé avec Scania, le constructeur automobile. “Nous n’avons pas la prétention de vouloir le commercialiser à grande échelle”, remarque Jérôme Budua. “Nous voulons développer le circuit court”. Un carburant local pour approvisionner des bus ou des camions bennes. “Cet éthanol serait adapté pour des zones engorgées qui ont atteint des seuils de pollutions élevées, comme dans les grandes villes”. Puisque ce carburant permet de réduire de 80 % l’émission de CO2 sur un cycle de vie. 
La distillerie de Thouarcé s’est engagée dans ce projet parce qu’il “permet de valoriser les résidus viniques et s’inscrit dans un schéma local”, explique Jean-François Mouyal, responsable technique de la distillerie. “C’est un principe qui nous plaît”. Si le test est concluant et que la Ville d’Angers souhaite agrandir sa flotte, la fabrication de cet éthanol représentera plus de 90 % de la production du site.

H. R.
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