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Congrès FDSEA
Eau, foncier et FCO au cœur des préoccupations des régions

Les interventions des présidents de régions et de cantons ont été principalement concentrées autour de trois thèmes majeurs lors du rassemblement, mercredi 4 février, à Chemillé.

Une fois n’est pas coutume, c’est avec un grand sourire qu’Emmanuel Lachaize (Vallée) a ouvert les interventions des régions lors du congrès de la FDSEA, le mercredi 4 février à Chemillé, au sujet de la Déclaration annuelle des salaires (DADS). « Les interventions des régions se caractérisent souvent par des doléances. Là, j’ai une bonne nouvelle pour commencer, avec l’aboutissement de la DADS que nous demandions depuis six ans. La simplification est enfin effective en ce début 2009. » Avant de basculer sur un sujet moins avancé à l’heure actuelle, celui de la gestion de l’eau. « Espérons que nous aboutirons sur le dossier de l’eau, car l’arrêté de pompage en Loire a été mis à mal par une association environnementale. L’arrêté définitif après enquête publique en cours ne pourra être pris qu’avec l’aide du monde agricole et non-agricole, dont les entreprises. La participation de tous est indispensable. » La clôture de l’enquête publique est prévue à la fin du mois. Toujours concernant l’eau, Dominique Janus (Baugeois) a fait part de ses incompréhensions par rapport à la possible mutualisation des volumes, à la gestion collective, aux éventuelles réductions de volumes prélevés et à l’extension du classement en ZRE du Cénomanien. « Nos arrêtés sont valables jusqu’en 2016, mais, lors des renégociations, quel organisme unique devra gérer les volumes ? Comment ces derniers seront-ils négociés ? L’accès à l’eau est un des piliers de l’avenir de la région. » Emmanuel Lachaize a également mis en exergue l’attitude jugée « non transparente » de l’administration au sujet de la mise en place d’une gestion collective de l’irrigation par un organisme unique. « La profession défendait le principe d’une gestion collective mais sous une forme plus souple. L’attitude de l’administration a-t-elle changé envers le syndicalisme majoritaire ? Ce manque de concertation est-il dû à la réforme de l’Etat ?» Sylvain Marty, le directeur départemental de l’Équipement et de l’Agriculture (DDEA, ex-DDAF), a répondu que, sur ces dossiers, « la DDEA avait encore la main. Mais nous travaillons en collaboration avec le préfet coordonnateur de bassin qui, pour la région Loire-Bretagne, est basé à Orléans. Et il faut tenir compte des autres acteurs, comme les associations de protection de l’environnement. »

Un contrôle des structures trop souple
La question de l’assouplissement du contrôle des structures a été aussi soulevée dans plusieurs interventions. « Des entreprises para-agricole s’agrandissent et sur le Baugeois-Vallée, ce sont trois exploitations de 50 hectares en moyenne sur trois ans qui ont été reprises et ce, face à des projets d’installation JA, dénonce Emmanuel Lachaize. La gestion de l’espace naturel doit se faire entre les collectivités, l’administration et les agriculteurs. Il est trop facile de se retrancher derrière l’assouplissement des structures. » « La règlementation est de plus en plus contournée, a ajouté Jean-Luc Dupé (Mauges). Nous avons besoin d’un contrôle des structures fort pour l’avenir agricole de notre région. Dans la gestion de l’espace rural, la pression urbaine s’accroît. Les zones industrielles et lotissements se construisent au détriment des agriculteurs. » Christophe Dilé, président de la Communauté de communes de la région de Chemillé, a tenu à réagir : « Nous avons 35 000 hectares en surface agricole sur le territoire de la Communauté de communes. Sur le dernier mandat, 160 hectares ont été pris pour de la surface industrielle, sur la zone des Trois Routes. Et nous avons procédé par anticipation, puisqu’il s’agissait de l’expropriation de trois futurs exploitants retraités. Cela a amené la création de 1 000 emplois. On reste donc dans des pourcentages d’expropriation tout à fait raisonnables par rapport à la région de Cholet. » François Beaupère, président de la commission aménagement, a entendu cette réponse, mais demeure prudent : « Attention à la caution économique que l’on nous sert tout le temps : quand une entreprise vient dans une zone d’activité, on lui tend les bras sans réserve. La préservation des espaces agricoles doit constituer une priorité. » Christophe Beautrais (Segréen) a élargi la problématique, en s’appuyant sur les derniers développements de l’affaire de Louvaines. « Ce qui s’y passe constitue le gros reflet des tensions qui existent actuellement dans nos communes. Négocier est devenu très délicat. C’est bien la preuve que la course au toujours plus crée des tensions. » De nouveau interpellé, Sylvain Marty a répondu que « l’enjeu prioritaire est la conservation du foncier. Pour cela, la clef, dans la majorité des situations, se situe dans le relationnel. Ce qui, je le concède, n’est pas toujours évident. » Toujours dans le cadre de l’aménagement du territoire, Christian Barbier (Saumurois) a abordé le sujet de la deux-fois-deux-voies contournant Louresse-Rochemenier, désormais interdite à la circulation des engins agricoles, suite au décès accidentel d’un agriculteur... mais que, faute de solution, des convois agricoles empruntent encore : « Cela illustre bien que les projets d’urbanisme ne peuvent se faire sans une concertation rapprochée avec les agriculteurs. »

FCO : trouver une solution
Autre motif majeur de préoccupations, la FCO (fièvre catarrhale), qui a suscité de nombreuses remarques. De la part des représentants des régions comme de la salle. « Il ne faut pas laisser la situation se dégrader, a clamé Pascal Bondu (Saumurois). La vaccination obligatoire est devenue une manne pour les vétérinaires. Deux sérotypes sont présents, avec potentiellement 25 autres d’annoncés. Qu’en est-il de la monovaccination ? Nous nous posons aussi la question de l’impact sur les bilans financiers. La vaccination doit permettre aux éleveurs de garder un revenu décent. » Sur le même thème, Christophe Beautrais, pour le Segréen, a souligné que « l’inquiétude régnait parmi les producteurs de maigre, car les vaccins contre la FCO n’ont pas été pratiqués dans tous les troupeaux.» Pascal Gallard, président du Comité départemental de l’élevage, a regretté qu’un accord n’ait pas été trouvé entre vétérinaires et représentants des agriculteurs. Il a rappelé que l’on avait eu recours à l’arbitrage du préfet pour fixer un tarif. « Le tarif vétérinaire pratiqué dans le département demeure inférieur à la moyenne nationale », a précisé Jean-Jean-Michel Chappron, le directeur départemental des services vétérinaires (DDSV), qui a par ailleurs indiqué que 25 % des doses de vaccins étaient disponibles dans le département, soit 125 000 bêtes concernées. « Cela est conforme au calendrier national », a ajouté Jean-Michel Chappron, qui a aussi assuré que la vaccination demeurait efficace douze mois durant. Christophe Beautrais a soulevé le problème du déficit récurrent de la DHYPE (Défense hygiène protection environnement), filiale du GDS (Groupement de défense sanitaire). Il a demandé que le GDS s’en explique, ce qui devrait être fait dans les prochains jours. Jean-Luc Dupé a évoqué la classification des Mauges en ZFPA (Zone à forte pression azotée). « Les agriculteurs de la région ont intégré, à force d’explications, les bonnes pratiques environnementales au quotidien. Ils connaissent mieux leurs exploitations, ils s’investissent pour améliorer leur environnement et se construisent ainsi de la crédibilité face aux responsables locaux. » Jean-Luc Dupé a par ailleurs souligné « les grandes difficultés » de la cuniculture. « Si cela se poursuit, beaucoup d’exploitants vont être amenés à arrêter leur production. » Au sujet du lait, après avoir constaté que les actions de fin 2008 n’ont pas inversé une tendance à la baisse, Dominique Janus a appelé à ne pas laisser libre cours au libéralisme. « On manque de visibilité à long terme, il faudra s’habituer à gérer des rentrées d’argent fluctuantes, comme pour le porc… Mais la gestion de l’offre reste encore primordiale, malgré la fin programmée des quotas. Et la contractualisation est un moyen de payer uniformément les producteurs et de ramener une certaine sérénité entre acheteurs. » Prudence et raison, voilà les maîtres-mots qui auront orienté chaque intervention. Et, comme l’a fait remarquer Emmanuel Lachaize au sujet de la DADS, « la persévérance finit par payer. »

J.F.-M.

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