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Éleveur
et footballeur

Entre gestion de l'exploitation agricole, engagements collectifs, vie de famille, pas toujours facile de trouver du temps pour la compétition sportive. Éleveur laitier à Noyant-Villages (Lasse), Baptiste Proult y parvient et c'est un fidèle des terrains de foot, tout comme son frère Alexandre.

Le 11 juin a été donné le coup d'envoi de la coupe du Monde de football en Amérique du Nord, une compétition que Baptiste et son frère comptent bien suivre, chez eux, ou, d'une oreille plus distraite, sur un téléphone posé dans la salle de traite. Passionnés de foot depuis tout petits, comme leur père Philippe, les deux agriculteurs jouent, chacun dans leur équipe. Baptiste est défenseur latéral gauche dans l'équipe réserve de l'En Avant Baugeois et son frère fait, lui, partie de l'équipe de Mouliherne. Associés sur la ferme, il leur est souvent arrivé de s'affronter sur le gazon.

Baptiste, qui n'avait que deux ans lors de la légendaire Coupe du monde de 1998, a commencé le foot à Mouliherne, où son père jouait aussi. Puis il est entré à En Avant Baugeois à 14 ans. Aujourd'hui, il fait partie de l'équipe senior réserve, qui vient de monter de D3 à D2. « Il y a un bel état d'esprit dans cette équipe, qui se renouvelle régulièrement », apprécie le joueur, qui arrive à se libérer du temps  « quasiment tous les dimanches -  et mon frère pareil » pour chausser les crampons plutôt que les bottes. Excepté pendant les trêves hivernale et estivale, le dimanche est donc consacré en grande partie au ballon rond, dans cette famille de footballeurs. « Ma compagne a aussi joué, mon fils de 6 ans, Jules, joue déjà et son petit frère Loan, 3 ans, va bientôt faire du baby-foot », raconte Baptiste, qui s'occupe aussi, le samedi, de l'équipe de foot des enfants.

Se libérer les dimanches après-midi pour les matchs

Comment s'organise-t-il ? « Pour l'instant, vu que nous sommes quatre sur l'exploitation, on arrive à se débrouiller pour le travail », explique le jeune éleveur, qui suit deux entrainements par semaine. Il assure, un week-end sur deux avec sa mère, l'astreinte laitière à la ferme. « Il n'y a que dans les grosses périodes de boulot que l'on travaille dans les champs le week-end, sinon on essaie de limiter le travail du week-end aux soins aux vaches, ce qui nous libère le dimanche après-midi ».

Bientôt, un virage important va s'opérer sur l'exploitation familiale. À ce jour, le Gaec Proult est composé de 3 associés, Philippe Proult, 59 ans, et ses deux fils Alexandre, 32 ans, installé en 2012 et Baptiste, 29 ans, installé en 2018. Leur mère, Christine, est quant à elle salariée. Les parents vont bientôt prendre leur retraite. « En juin 2028, nous ne serons plus que tous les deux », explique Baptiste Proult. Les deux frères, qui se sont donné pour objectif de mener la ferme tous les deux, sans associé tiers, sans salarié, ont anticipé les choses. Ils vont revoir toute l'organisation et ont fait le choix d'investir dans deux robots de traite.

Des investissements pour un projet de carrière

L'exploitation compte 224 ha pour, actuellement, un troupeau de 90 vaches à la traite. Ils projettent d'augmenter progressivement leur production laitière en passant de 950 000 l actuellement à 1,1 M de litres l'an prochain pour arriver à 1,4 M en 2027, livrés à la laiterie Tessier de Cornillé-les-Caves. La stabulation va être agrandie de manière à accueillir, à terme, 115 à 120 vaches à la traite. La part des Jersiaises dans le troupeau mixte va être fortement diminuée, au profit de la race prim'holstein. L'augmentation du cheptel est réalisée entièrement par croît interne. « On fait vieillir davantage nos vaches en leur faisant faire une lactation supplémentaire au lieu de les envoyer à la réforme ». L'élevage a entamé une démarche d'amélioration génétique il y a deux ans, avec génotypage et sexage et préfère privilégier sa génétique.

Au total, Baptiste et Alexandre s'engagent pour un ensemble d'investissements d'un peu plus d'un million d'euros. Certains travaux de modernisation, comme la rénovation des silos, ont déjà commencé. Un racleur à fumier va également être installé, pour gérer avec moins de contrainte cet effluent, qui est livré à l'unité de méthanisation de Noyant Bio Énergies. Les deux frères ont aussi pour projet de replanter des arbres dans le parcours herbeux à disposition des vaches à la sortie de la stabulation, ou encore de produire et stocker de l'électricité photovoltaïque sur un bâtiment de stockage...

Baptiste et Alexandre construisent ainsi leur projet de carrière, en espérant que tous les investissements les amènent, si possible, « jusqu'à la retraite », avec une priorité, « gagner en confort de vie ». Pour que le foot y ait toujours sa place !

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