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Arboriculture
Face à l’ampleur des dégâts, il veut protéger tout son verger contre le gel

A Villebernier, l'arboriculteur Régis Baudouin estime avoir perdu plus de la moitié de sa production de fruits à cause des gelées de début avril. Sur les 8 hectares de verger, un seul est actuellement protégé.

Régis Baudouin
Régis Baudouin est dépité quand il voit le nombre de fleurs qui tombe actuellement de ses pommiers. Il est décidé à investir dans une nouvelle pompe pour pouvoir protéger l’intégralité de son verger.

Trois semaines après les premières gelées, les arboriculteurs commencent à dresser un premier bilan de la quantité de fruits perdus. à Villebernier, les premières estimations de Régis Baudouin sont loin d'être bonnes. Sur les 98 ha de l’EARL, 8 sont consacrés à la production de pommes et de poires. Écoulée en vente directe, cette production représente plus de 60 % du chiffre d’affaires de l’exploitation.
Pire qu’en 1991
« Certaines variétés comme l’Opal ou la Daliclass ont gelé à 100 %. » Au moment des gelées, ces variétés étaient au stade “pleine fleur”. Le thermomètre est descendu jusqu’à - 4,5 °C dans les nuits du 6 au 8 avril.
« Les fleurs n’ont pas supporté le gel. » Les Belchards - « celles que je vends le plus » - ont gelé à 90 %. Pour d’autres variétés, comme les Goldrush, Pinkgold, Rubinette, plus de 50 % de la production ont été impactés. « Et encore, sur les fruits épargnés, il y aura sûrement des défauts comme des anneaux de gel... » Seule, la parcelle de 1 ha de poires est préservée parce qu’elle a été protégée par aspersion.
« C’est la première fois que je vois ça. Même en 1991, on n’avait pas eu autant de perte. » L’EARL avait aussi connu des baisses de production en 2017 et 2019. 2021 est l’année de trop.
« Je suis en grosse réflexion pour protéger l’intégralité du verger. L’aspersion me semble le moyen de lutte anti-gel le plus efficace surtout en cas de gelées noires comme cette année. »

Une nouvelle pompe plus puissante
L’ensemble de la surface est déjà équipé d’asperseurs puisqu’il s’agit du système d’irrigation du verger. Mais la pompe d’alimentation n’est pas assez puissante pour arroser l’intégralité du verger en même temps. « C’est une pompe électrique avec un débit de 40 m3/h. Cela me permet de couvrir seulement 1 ha... » L’agriculteur démarche actuellement les fournisseurs spécialisés dans l’irrigation pour s’équiper d’une nouvelle pompe. « Il me faudrait une motopompe diesel avec un débit de 250 m3/h. Je pourrais la doubler à celle que j’ai déjà ». Avec les 2 pompes, l’agriculteur pourrait arroser tout le verger en même temps. « Je m’interroge si le diamètre des canalisations est suffisant. »

« Je suis en grosse réflexion pour protéger l’intégralité du verger. L’aspersion me semble le moyen de lutte anti-gel le plus efficace surtout en cas de gelées noires comme cette année. »

Seul inconvénient de ce moyen de lutte : l’important volume d’eau utilisé. « En 3 nuits, pour couvrir juste 1 hectare, j’ai utilisé environ 1 000 m3 », estime Régis Baudouin. Lui prélève directement dans l’Authion pour son irrigation. « Chaque année, j’ai un volume attribué. » Un autre est dédié pour la lutte anti-gel. Cela permet de conserver une volume d’eau suffisant pour la période estivale.
En attendant, malgré la perte de fruits, le travail et les frais restent les mêmes. La protection sanitaire sur l’ensemble du verger est maintenue que ce soit contre la tavelure, le carpocapse, oïdium, les pucerons et autres... « Le verger doit rester sain pour les années suivantes... » L’arboriculteur pense faire l’impasse d’apport d’azote, ce qui va limiter les frais. « La fumure va être allégée étant donné la faible charge dans les arbres. » Les besoins en eau seront moins importants également.

Une chose est sûre, les économies ne se feront pas sur l’éclaircissage. Certaines variétés nécessiteront quand même un éclaircissage manuel pour sélectionner les plus beaux fruits. « Avec le stress lié au gel, les fruitiers ont fait une 2e floraison. Mais ces fleurs ne donneront pas de fruits de qualité... J’espère qu’on va arriver à les faire chuter avec l’éclaircissage chimique... S’il faut le faire manuellement, on va devoir y passer des heures... »

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