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Interview
FCO : vacciner pour protéger individuellement et collectivement

Pour Michel Brossier, de la Chambre d'agriculture, l'aspect sanitaire du troupeau doit rester l'objectif des éleveurs. Il conseille de poursuivre la vaccination.

Michel Brossier : “Ce qui est regrettable, c’est le désengagement de l’État, alors qu’il s’agit d’un enjeu sanitaire”.
Michel Brossier : “Ce qui est regrettable, c’est le désengagement de l’État, alors qu’il s’agit d’un enjeu sanitaire”.
© AA

La vaccination contre la FCO jusqu'à présent obligatoire est désormais facultative. Quelles conclusions peut-on en tirer ?
Michel Brossier : la première des conclusions est de constater que la vaccination a démontré son efficacité. Les chiffres parlent-d'eux mêmes : en 2008, on dénombrait 32 000 cas en France ; en 2009, 89 cas et, en 2010, un seul cas. On voit donc que la vaccination a eu des effets très rapides. Ceci dit, la préconisation était une vaccination pendant trois ans pour éviter au maximum la propagation de la FCO, période de trois ans qui pouvait même, disait-on, déboucher sur une éradication de la maladie.

Vous regrettez donc que la vaccination ne soit plus obligatoire ?
La vaccination est en effet devenue volontaire. Elle est aussi réalisable par l'éleveur lui-même, ce qui était une demande de la profession.  Que la vaccination ne soit plus obligatoire présente un risque. L'objectif à poursuivre est l'aspect sanitaire, c'est ce que nous préconisons car nous ignorons tout de l'évolution de la maladie, de sa propagation en 2011, de la vitalité du moucheron. Est-ce que la maladie peut réexploser? C'est la raison pour laquelle nous incitons tous les éleveurs à protéger leur troupeau.

Mais cela a un coût qui ne sera plus pris en charge.
Le vaccin disponible, qui couvre les deux sérotypes 1 et 8, coûte environ 3,10 à3,15 euros  HT par vaccin. Un coût à multiplier par deux pour les primo-vaccins. À noter que tous les animaux d'échange en vif de plus de 60 ou 90 jours selon leurs destination qui partent vers l'Espagne, l'Italie, la Grèce doivent être vaccinés depuis au moins trente jours. Dans certains cas, comme l'Espagne, la vaccination est demandée sur les mères des animaux de moins de 60 jours. Il faut donc, dans ce cas, un certification de vaccination signé du vétérinaire.

Quel conseil donner aux éleveurs ?
D'une part, comme je le soulignais plus haut, l'aspect sanitaire est primordial. En 2010, avec la vaccination de plus de 90 % du cheptel, la protection individuelle était assurée et assurait en même temps une protection collective. Je sais bien que les considérations économiques pèsent dans la balance mais je sais aussi que, à défaut de protéger le troupeau, les nuisances seront plus graves que le coût du vaccin.
Ce qui est surtout regrettable, c'est le désengagement de l'État alors qu'il s'agit d'un enjeu sanitaire. Et ce serait dommage de perdre le bénéfice d'un travail qui donne de bons résultats au prétexte d'économies.

Propos recueillis
par Martine Leroy-Rambaud

SURVEILLANCE

Fin décembre 2010 marque le début de période d’inactivité vectorielle. Pour 2011, il est prévu :
- le piégeage hebdomadaire de démarrage (printemps) et de fin d’activité (automne-hiver) ;
- le piégeage mensuel en période d’activité (été-automne) vectorielle conformément aux exigences réglementaires.
- 160 sites de piégeages sur le territoire national, dont deux en Maine-et-Loire.

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