Femmes des Mauges au travail
À l'occasion des Journées européennes du patrimoine, qui ont lieu ce week-end, une exposition au centre culturel La Loge de Beaupréau-en-Mauges, rend hommage aux femmes qui ont "fait" les Mauges belloprataines : les "Bellopatronnes". Elle est organisée par le Grahl.
À l'occasion des Journées européennes du patrimoine, qui ont lieu ce week-end, une exposition au centre culturel La Loge de Beaupréau-en-Mauges, rend hommage aux femmes qui ont "fait" les Mauges belloprataines : les "Bellopatronnes". Elle est organisée par le Grahl.
Agriculteur durant 22 ans - il a élevé des génisses laitières et a cultivé des semences sous abri -, puis conseiller agricole à la Chambre d'agriculture en développement local durant 22 ans aussi, Bernard Chevalier préside depuis 2012 le Grahl, ou Groupe de recherche et d'archivage en histoire locale. "L'histoire m'a toujours passionné du point de vue du vécu des gens, sous l'angle socio-économique, et je reste persuadé que l'histoire et le patrimoine ont quelque chose à dire par rapport à ce qui se passe aujourd'hui", confie-t-il. Le Grahl, constitué d'une soixantaine d'adhérents, travaille à partir de documents d'époque mais également de témoignages, pour aller chercher "ce qu'il y a dans les mémoires et les armoires". Tout un travail d'enregistrement de témoignages d'anciens a été fait, notamment, sur la Seconde guerre mondiale.
Le rôle des femmes après la Révolution
Avec l'exposition les "Bellopatronnes", visible à Beaupréau ce week-end et jusqu'au 24 septembre, le Grahl a souhaité mettre en exergue le rôle essentiel des femmes à différents moments clés de l'histoire. "Nous considérons que la commune doit énormément aux femmes, explique Bernard Chevalier. Elles font partie des oubliés de l'histoire". Dans l'Ouest de la France et en particulier dans les Mauges, le taux d'emploi féminin a toujours été supérieur à la moyenne, rappelle-t-il, évoquant les emplois dans l'agriculture, dans la fabrication de chaussures, dans le médico-social (Beaupréau avait une maternité au cœur du château jusqu'en 2000), ou encore dans le commerce.
Il évoque aussi bien sûr la période des guerres de Vendée à partir de 1793, qui a profondément marqué la région. La population belloprataine a subi un fort taux de mortalité, entre 30 et 40 % : "les femmes ont alors reconstruit la région. Elles ont dû surmonter des violences, s'occuper des enfants, des hommes blessés. Pendant la contre-révolution, elles tenaient les fermes et les ateliers de tissage. Et elles ont fait beaucoup d'enfants après cette période pour reconstruire le pays". Selon les estimations du Grahl, "on peut juger qu'environ un homme sur deux a disparu pendant les deux années 1793 et 1794 sur la commune : cela veut dire que malgré l'arrivée de quelques hommes de l'extérieur, la reconstruction a été basée beaucoup sur les femmes et filles (et quelques garçons) en dehors des blessés et vieillards, avec des grossesses à répétition", relate Bernard Chevalier.
L'exposition, visible jusqu'au 24 septembre, est composée autour de 6 ateliers, reflétant différents domaines d'activité : le commerce, l'industrie, l'agriculture, la santé et le social, l'école, la culture et le jumelage, avec des photos, des témoignages, des conférences.
On pourra y voir également le film "Il est où le patron ?" réalisé par la Chambre d'agriculture et Mauges Communauté dans le cadre de Territoires pilotes transmission. Il donne la parole à deux agricultrices angevines, Béatrice Sourisseau et Laëtitia Mathien, qui racontent comment elles se sont imposées comme cheffes d'exploitation et se battent encore aujourd'hui pour sortir d'une certaine invisibilité.