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Dossier viticulture
Fiabiliser les rendements, un enjeu économique

Aux Caves de la Loire, un appui technique est apporté pour optimiser les capacités à produire. Objectif : conforter le revenu des vignerons et maintenir les marchés, surtout en rosés.

Anne-Sophie Debiais, technicienne viti-vinicole : “Dans cette parcelle de cabernet, le ray grass implanté dans tous les rangs fait une concurrence trop grande à la vigne.  Nous ne laisserons désormais qu’un rang sur deux enherbé”.  Afin de redonner de la vigueur à la parcelle, qui ne donne que 48 hectolitres/hectare.
Anne-Sophie Debiais, technicienne viti-vinicole : “Dans cette parcelle de cabernet, le ray grass implanté dans tous les rangs fait une concurrence trop grande à la vigne. Nous ne laisserons désormais qu’un rang sur deux enherbé”. Afin de redonner de la vigueur à la parcelle, qui ne donne que 48 hectolitres/hectare.
© AA

Il y a les aléas climatiques, qui ont fait chuter d’un tiers la vendange de 2012, par exemple. Mais pas seulement. On constate une certaine érosion des volumes produits par hectare, liée à une multitude de facteurs. Une évolution qui n’est pas sans inquiéter les Caves de la Loire. Car qui dit manque de volume dit perte de marchés, notamment en rosés. En 2013, en cabernet d’Anjou, les vignes des adhérents ont produit 54 hecto/ha, quand le maximum autorisé dans le cadre de l’appellation est de 60 hectos. L’incidence n’est pas neutre, comme le montre ce rapide calcul. Un hecto en moins, sur une surface de 1 600 hectares de production à un prix de 145 euros par hecto, c’est 232 000 euros de perdus. Un manque à gagner  évident pour les vignerons apporteurs à la coopérative.

Renouveler le vignoble, une priorité

Face à cette réalité économique, les Caves ont entamé un travail de longue haleine pour aider les vignerons à optimiser les rendements, en agissant sur les différentes causes de leur érosion. Quelles sont ces causes ?  D’abord, un renouvellement du vignoble insuffisant. “Quand elle atteint 40 ou 50 ans, la vigne perd beaucoup de son potentiel de production, explique Anne-Sophie Debiais, ingénieure agronome et œnologue, embauchée en 2012 par la coopérative. Or, les vignerons qui sont proches de la retraite ne veulent pas forcément renouveler la vigne. Quant aux jeunes, ils n’ont pas toujours les moyens d’investir dans une nouvelle vigne à raison de 25 000 euros/ha”. à partir de l’étude “terroirs”, et en lien avec les techniciens appro de la CAPL, la technicienne viti-vinicole conseille les adhérents qui souhaitent renouveler leur vignoble, sur les porte-greffes et les clones les plus adaptés.

Une vigueur de la vigne très maîtrisée jusqu’ici

Autre challenge, lutter contre  la mortalité du bois, sujet “qui inquiète beaucoup nos vignerons”. La coop propose, en collaboration avec l’ATV 49 (Association technique viticole), des formations à la taille. “C’est le seul levier qu’on peut actionner pour éviter que trop de pieds meurent dans les parcelles”, souligne Anne-Sophie Debiais. Des coupes moins rases, des techniques de surgreffages et de marcotage sont préconisées.

Pendant des années, pour gagner en qualité, les vignerons ont cherché à maîtriser la vigueur de la vigne, par la taille, par un enherbement qui vient concurrencer la vigne, l’ébourgeonnage et par un choix de ceps moins productifs. “On est allé loin. Il y a sans doute, aujourd’hui, un équilibre à rétablir”, estime Xavier Lynch, responsable des vignobles des Caves de la Loire, et qui a longtemps exploité un domaine viticole.

Pour retrouver des rendements optimums, il faut aussi s’intéresser à la fertilisation du sol, “le garde-manger de la vigne”. Dans les années creuses, les vignerons ont tendance à mettre le frein sur les charges et un des premiers postes qui est réduit est la fertilisation. Cela a pu être le cas dans les années 2009, 2010 et 2011 où les prix du vin étaient orientés à la baisse.

Mais faire l’impasse sur la fertilisation, si cela passe inaperçu sur le coup, “le risque d’impact sur la vigueur de la vigne est réel au bout de 5 à 10 ans de telles pratiques, explique Anne-Sophie Debiais. C’est pourquoi nous préconisons, comme l’ensemble des conseillers de la filière, une analyse de sol tous les 7 à 8 ans”. Objectif, déterminer si le sol contient suffisamment d’éléments et si la vigne les assimile bien. “à partir d’une analyse de sols, on peut ensuite mettre en place un plan de fertilisation sur plusieurs années”.

Un enherbement moins concurrentiel

Le manque de vigueur peut aussi provenir d’un enherbement mal choisi. “Sur une vigne âgée, certaines espèces comme la fétuque peuvent exercer une concurrence trop grande vis-à-vis de la vigne”, détaille la technicienne. Une des solutions peut être d’enherber qu’un rang sur deux ou de privilégier un enherbement naturel, moins concurrentiel.

Une moindre protection phytosanitaire peut, elle aussi, expliquer en partie des pertes de rendement. Elle est encouragée par le plan écophyto, par les chartes auxquelles adhère la coopérative (Sage Layon Aubance, label Vignerons développement durable...). Pour gagner en précision dans les apports phytos, la cave édite régulièrement un flash info, en fonction des conditions météo.

Enfin, pour gérer de façon spatialisée les potentiels de production et les réserves hydriques des sols, les Caves de la Loire réfléchissent aussi à utiliser des outils satellites.

 


S.H.

 

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