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Ruralité
Fibre optique et haies : partager les responsabilités

A l’initiative du Gabb Anjou, un collectif de 13 organisations syndicales et associatives s’oppose à Anjou Numérique sur la responsabilité de la taille et de l’entretien des haies. Une conférence de presse s’est déroulée à cet effet vendredi 5 mars, à Chaudefonds-sur-Layon.

De gauche à droite, Ludovic Roncin (président de JA 49), qui représentait également la FDSEA ; Alain Guiffès (Confédération paysanne) ; Caroline Basile, Sylvie Fradin-Rabouin, Benoît Huntzinger, Philippe Boullais (Gabb) ; Liliane Piot (Terre de liens), Michel Boutin et Simon Martin (Coordination rurale).
© AA

Un déploiement opéré « sans concertation ». C’est ce que déplorent les 13 organisations de Maine-et-Loire, de toutes tendances, qui ont rédigé un communiqué commun défendant à la fois « la fibre et les haies ». Alors que la fibre optique se déploie dans les campagnes d’Anjou, principalement en aérien, les agriculteurs ont reçu des courriers de la part des mairies, leur demandant de procéder à l’élagage des plantations situées aux abords des réseaux, et ce y compris lorsque le réseau est situé sur le domaine public.

Depuis une trentaine d’années, l’usage a fait que ni Orange ni les collectivités n’ont remis en cause le non entretien des haies, et aujourd’hui, « on voudrait faire porter aux seuls agriculteurs et riverains la responsabilité d’une remise en conformité d’un réseau jusque-là délaissé », dénonce Ludovic Roncin  (représentant  Jeunes agriculteurs 49 et  la FDSEA).


Des coûts d’entretien très conséquents
Pour certains agriculteurs,  notamment ceux qui favorisent les haies sur leurs fermes, la facture s’annonce salée. Benoît Huntzinger (Gabb Anjou), éleveur de bovins allaitants à Chemillé-en-Anjou, a fait ses calculs : « à raison de 2 euros d’entretien par mètre linéaire, cela me fait  2 000 euros pour  mon kilomètre de haies. C’est 10 % de mon résultat annuel ! ».   L’entretien doit être refait tous les deux ans minimum.
Les agriculteurs pointent du doigt les frais et la lourde responsabilité qui leur incomberait en cas de rupture de la ligne, sans compter les problèmes de sécurité. « Si une branche casse la fibre optique, il faudra remplacer tout le linéaire de fibre et cela sera à ma charge, même si j’ai entretenu la haie ! », souligne Benoît Huntzinger.  Et le collectif de préciser que les assurances agricoles ne prendront pas en charge le coût des réparations.

« A raison de 2 euros d’entretien par mètre linéaire, cela me fait  2 000 euros pour  mon kilomètre de haies. C’est 10 % de mon résultat annuel ! ». 

Des fibres déjà installées dans les haies
Dans certaines communes, la fibre a déjà été installée, dans les arbres, avant même que l’élagage soit réalisé. Dans ce cas, le collectif demande qu’Anjou Fibre « assume sa responsabilité en prenant en charge la mise en conformité de ces haies ».
Les agriculteurs s’interrogent aussi sur le manque d’informations et de transparence sur la possibilité d’enterrer des lignes.  


Aujourd’hui, les mairies mettent en demeure de réaliser l’entretien avant le 31 mars, date de fin d’autorisation de l’élagage, ce qui met la pression sur les agriculteurs. La crainte du collectif est de voir des tailles très sévères, voire des disparitions de haies, alors que le rôle positif de la haie n’est plus à démontrer. Le collectif invite à considérer ces haies comme des « biens communs essentiels ». Une fois la fibre posée, le collectif plaide pour une gestion partagée de l’entretien, avec les collectivités côté route et les riverains et agriculteurs pour le haut des haies et le côté champ.

S.H.

 

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