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Fruit 2050 : réduire la pénibilité et limiter les besoins de main d'œuvre

L'édition 2024 du SIVAL a mis en avant l'enjeu des ressources humaines. Le parcours "Fruit 2050" a permis aux visiteurs du salon de rencontrer des exposants qui présentaient des solutions et expériences sur la pénibilité au travail, les outils numériques de gestion, la mécanisation et le recrutement. 

Reflet des préoccupations actuelles de l'ensemble des acteurs des filières végétales, le SIVAL s'est mis au diapason des problématiques RH en proposant plusieurs parcours dédiés avec de vraies solutions face aux pénuries de main d'œuvre. Parmi les pistes présentées, des outils plus adaptés permettant de réduire la pénibilité de certaines tâches et l'introduction de l'imagerie numérique permettant de réduire les besoins en main d'œuvre.

Réduire la pénibilité pour être plus attractif

Premier arrêt sur le stand de Chabas SA (13) qui présentait au SIVAL sa plateforme automotrice multipaliers HARVERY AM-8. La différence par rapport aux plateformes classiques saute aux yeux, avec ses paliers ou escaliers qui lui permettent d'accueillir jusqu'à 8 personnes maxi, réparties sur différents paliers. Cela permet ainsi de travailler sur toute la hauteur de l'arbre, ce qui évite de multiplier les passages pour les travaux de taille, d'éclaircissage et bien sûr de cueillette. 4 palox sont placés au milieu sur un plan incliné, ce qui permet aux opérateurs de déposer les fruits directement dans le palox, avec à la clé une réduction du pourcentage de mâchure des pommes à 2% contre 8% pour une cueillette à l'échelle, selon les observations avancées par le constructeur. Cette plateforme a été pensée et élaborée par Philippe Cantet, arboriculteur dans les Deux-Sèvres (79), pour "répondre aux trois enjeux actuels de l'arboriculture : obtenir une meilleure productivité, atténuer la pénibilité du travail et préserver la qualité du fruit"

Par ailleurs, "l'un des gros avantages par rapport à la main d'œuvre est que l'on féminise beaucoup plus les équipes par rapport à une cueillette à l'échelle, ce qui nous ouvre un périmètre de recrutement plus large, souligne Alain Chabas. Sans compter l'émulation positive, qui peut jouer au moment où certains vont faire le choix d'aller travailler chez un arboriculteur plutôt qu'un autre". Le constructeur avance en outre des progrès en termes de kilos cueillis à l'heure, "avec les écarts les plus importants vis à vis du passage petit train plus machine automotrice classique", de l'ordre de 30kg de gain moyen par opérateur et par jour. "On est monté en pointe à 270 kg par heure sur des variétés comme Granny" chiffre-t-il. Un gain de productivité qui justifie selon le constructeur, le prix de la machine, affiché à 75 000 € HT, cette machine HARVERY AM-8 étant éligible au plan France 2030, avec une subvention de 30% (+10% pour les JA, CUMA ou membre OP ou Coop).

L'imagerie au service de la réduction du besoin de main d'œuvre

Autre aspect de la problématique : est-il possible de réduire la masse globale de travail, et donc de main d'œuvre salariée, dans ce contexte de pénurie ? La cartographie des vergers est susceptible d'apporter des éléments de réponse favorables. Le principe est actuellement testé par le CTIFL1 dans les vergers de la Morinière (37). "Le schéma consiste à faire de l'imagerie dans les vergers au moment de la floraison, ce qui va nous permettre d'établir une cartographie des zones à plus ou moins forte densité, et d'adapter ensuite notre éclaircissage chimique, dans l'objectif de limiter au maximum les besoins d'éclaircissage manuel" explique Ségolène Dandin, ingénieure de recherche pomme au CTIFL. Une solution déployée par l'entreprise TCSD (Montauban - 82) avec son GreenAtlas cartographer, système d'imagerie haute définition à 5 images par seconde, capable de cartographier avec précision l'inflorescence et la présence des fruits dans les vergers, ce qui permet ensuite de géolocaliser les besoins d'éclaircissage chimiques, mais aussi d'organiser sa récolte à venir. "L'idéal est de pouvoir combiner cette cartographie avec un système RTK, précis à 1 cm, relié à l'atomiseur pour que le système détecte la bonne dose de produit à apporter à l'arbre en fonction du secteur dans lequel nous nous trouvons" ajoute l'ingénieure.

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