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Interview
Gagner en autonomie alimentaire grâce aux techniques culturales simplifiées

Pierre Chenu, éleveur laitier en Bretagne, interviendra à la journée Base du 12 septembre, à Avrillé.

Base anime régulièrement des journées d’échanges en Anjou autour de l’agriculture de conservation.
Base anime régulièrement des journées d’échanges en Anjou autour de l’agriculture de conservation.
© AA

Agriculteur à Yvignac (22), Pierre Chenu élève avec son épouse un troupeau de 65 vaches laitières, pour un quota de 530 000 litres de lait, sur 146 hectares.

Pourquoi avoir choisi de changer vos pratiques culturales ?
Pierre Chenu : À l’origine, c’était pour économiser du temps et de la main-d’œuvre, réduire les charges de mécanisation. Aujourd’hui, le tracteur de l’exploitation ne roule plus que 300 heures par an. Ensuite se sont ajoutées les notions de développement de l’activité du sol, de diversification des rations...
Installé en 1985, j’avais un système essentiellement basé sur le maïs et le soja. À la suite d’une rencontre avec Frédéric Thomas*, j’ai décidé d’arrêter le labour en 1995, puis de passer en semis direct, en 2008. C’est l’ensemble de mon système d’exploitation que j’ai fait évoluer.

Comment les TCS permettent-elles d’accroître l’autonomie alimentaire de votre troupeau ?
J’ai commencé à diversifier mes rotations lorsque le prix du soja s’est envolé, il y a une dizaine d’années. J’ai semé du méteil, de la luzerne... Introduire ces nouvelles cultures m’a permis de réduire les coûts, notamment en fongicides et insecticides, et de gagner en autonomie. Aujourd’hui, je n’achète plus que les compléments alimentaires, et encore, j’ai réduit ces achats des deux tiers. J’envisage d’utiliser de la féverole broyée pour réduire un peu plus ma dépendance en protéines. Toutefois, mon objectif n’est pas l’autonomie totale, parce que je souhaite garder un bon niveau de production par vache, qui se situe autour de 9 500 litres.

Quels autres effets bénéfiques avez-vous observés ?
On ne peut pas réduire l’effet d’un passage à l’agriculture de conservation à un seul critère. On agit sur l’ensemble du système. La diversification de la ration a fait croître la production par vache, la luzerne et le méteil étant très bien valorisés par les ruminants. La santé du troupeau s’est également améliorée. Et bien sûr, la composition du sol a évolué, j’ai observé une augmentation des vers de terre et le taux de matière organique est passé de 2 % à 3,5 %.

Vous avez rencontré des difficultés ?
Les années de démarrage, qui correspondent à la transition entre deux systèmes d’exploitation, ont été les plus délicates à gérer. On a rencontré des problèmes de salissement, comme des ray-grass qui réapparaissent sur des parcelles de céréales. Mais je constate que moins on travaille le sol, et moins on reste sur des rotations simples, moins on rencontre de difficultés. Je retiens aussi de ces expériences que l’essentiel, lorsqu’on s’engage dans les techniques simplifiées, c’est de ne pas partir seul. Il faut échanger au sein de groupes d’agriculteurs.

Propos recueillis
par Soizick Héloury


*Agriculteur et expert en agriculture de conservation.

SYSTÈMES FOURRAGERS

Journée d’échanges

L’association Base 49 organise une journée sur les systèmes fourragers, le lundi 12 septembre, à Avrillé. Thème : l’autonomie complète des troupeaux de bovins laitiers et allaitants, avec ou sans pâturage. Avec les interventions des
consultants Konrad Schreiber et Jean-Louis Herin et de Pierre Chenu, éleveur laitier. Inscriptions et renseignements : Valéry Lebouc, ecoferme@orange.fr

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