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Transmission
« Heureux de travailler à plusieurs »

Enjeu essentiel, l’installation en société a fait l’objet de rencontres de terrain cette semaine.

Claude Aubeux (59 ans), Emmanuel (28 ans) et Guillaume (24 ans) Margas.
Claude Aubeux (59 ans), Emmanuel (28 ans) et Guillaume (24 ans) Margas.
© AA

À Sermaise, dans le Baugeois, le Gaec du Pêcher (lait, viande et céréales) a intégré ces dernières années deux jeunes frères non issus du milieu agricole. Cette exploitation a servi de support à une rencontre organisée par l’Adaséa, mercredi. Emmanuel, 28 ans et Guillaume, 24 ans, ont témoigné de leur intégration progressive dans le Gaec et de leur travail au quotidien. Guillaume, qui a eu un premier contact avec cette ferme lors d’un stage de MFR en quatrième, ne voit que des avantages à la forme sociétaire. « Travailler à plusieurs, c’est cent fois mieux. Quand tout va bien, c’est facile de prendre des décisions seul. Mais lorsqu’on traverse des crises, qu’on se retrouve devant les choix à effectuer, il est préférable de décider en groupe. En plus, en production laitière, c’est un moyen d’avoir des week-ends réguliers et des vacances. » Le coût de la reprise entre aussi en jeu, de façon non négligeable : « Je ne me serais jamais installé en individuel », souligne Guillaume. Et ce qui a décidé ce jeune de rester sur l’exploitation pour y faire carrière, c’est avant tout la confiance que lui a accordé le couple d’agriculteurs, Claude et Maryvonne Aubeux.

Le BA-ba, c’est la communication

Emmanuel Margas, qui vient de s’installer en 2010, après une expérience de salariat, n’avait pas au départ le projet de travailler sur cette ferme. Il a effectué des recherches par le biais du RDI, sans trouver d’associé et d’exploitation à lui convenir. Puis l’occasion s’est présentée d’intégrer le Gaec du Pêcher, en 2010, au moment du départ d’un associé. Emmanuel a effectué un stage de parrainage, période qui a laissé le temps aux futurs associés de revoir l’organisation. Pour lui, l’aspect relationnel est essentiel : « Le BA-ba de la réussite, c’est la communication, est-il persuadé. Ici, on se retrouve tous les quatre tous les matins sur le même site, dans le bureau à l’heure du café et on se parle ». Échanger, se remettre en question sans cesse apparaissent comme indispensables à la bonne marche du Gaec.

Efforts et volonté d’installer

L’histoire d’une exploitation n’est pas un long fleuve tranquille, mais est émaillée d’arrivées, de départs, de réorganisations… Claude Aubeux, installé en 1974 et aujourd’hui à un an de la retraite, en sait quelque chose. À peine réalisée l’installation d’Emmanuel, il faut déjà  anticiper cette future étape dans la vie du Gaec.
L’installation et la transmission ne vont pas de soi. Elles ne se font pas sans effort ni volonté de la part des jeunes comme des cédants. À ce propos, Emmanuel Lachaize , président de l’ Adaséa, a regretté la très faible participation des futurs cédants à cette rencontre : « Ce n’est pas parce qu’on atteint à peine les 100 installations en Maine-et-Loire cette année, après des années beaucoup plus fastes, qu’il n’y a pas de jeunes candidats, a-il insisté. Bien au contraire,  comme le montre le nombre de personnes inscrites au RDI,  il y a une jeunesse motivée, qui n’attend que d’entreprendre. »

S.H.

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