Ration sèche
Il élève ses génisses sans maïs
Ancien producteur de lait, Jean-Claude Naulet élève aujourd'hui des génisses sur son exploitation à Baugé-en-Anjou. Sans ensilage de maïs, la ration doit toutefois soutenir les performances techniques de l'atelier.
Le contexte fourrager 2026 ne change rien aux habitudes de Jean-Claude Naulet. "Même lorsque je conduisais un troupeau laitier, je n'intégrais pas de maïs ensilage dans la ration des génisses", rapporte l'agriculteur de Saint-Martin d'Arcé, commune déléguée de Baugé-en-Anjou. Depuis 2023, il est devenu exclusivement éleveur de génisses, pour le compte de Délèg'génisses, un service de Seenovia. Il a choisi de continuer en ration sèche pour alimenter les jeunes femelles.
Plusieurs phases de croissance
Après la première phase lactée (un repas par jour de 4 l) jusqu'au sevrage, les génisses sont nourries à la paille jusqu'à 6 mois avant de passer au foin et à l'enrubannage. Ces fourrages sont complétés par des concentrés (extrait de plantes, vitamines et tourteau de colza) distribués sous forme de granulés, adaptés à chaque phase de croissance. Pour favoriser l'ingestion des génisses, en particulier avant 6 mois, l'éleveur coupe très finement la paille afin d'obtenir des brins "de moins de 5 cm". "Mon but est qu'elles mangent tout le temps, je n'aime pas voir une auge vide", dit-il.
1 kg de GMQ
Car dans son contrat, Jean-Claude Naulet a des objectifs de croissance des génisses à tenir. "Il faut qu'elles prennent 1 kg par jour tout au long de leur carrière ici, entre 1 et 22 mois, indique-t-il. Elles doivent peser 400 kg lors de l'insémination et 600 kg au vêlage". Des performances techniques qu'il arrive à maintenir grâce à un suivi des croissances, via 5 pesées par an des lots, et à un ajustement régulier de la ration. Il est accompagné par Maëliss Machefaux sur ce sujet. La conseillère Seenovia vient justement de faire le point sur les fourrages disponibles sur l'exploitation.
Avantagé par une surface en herbe (70 ha) supérieure aux besoins de l'atelier génisses (plusieurs lots, pour un total de 110 femelles), Jean-Claude Naulet peut compter sur une production de foin et d'enrubannage suffisante sur son exploitation. Même cette année. "J'ai commencé à nourrir comme en hiver depuis le mois de juin, témoigne-t-il. Mes stocks de foin importants - j'ai encore des bottes de 2024 -, ont aujourd'hui fondu". Concernant le stock d'enrubannage, à raison d'une botte par jour, il devrait suffire d'ici le printemps prochain.
Des rations adaptées
Après analyse de la qualité des fourrages, les nouvelles rations sont établies pour l'hiver. Les génisses pleines ont 11,7 kg de MS par jour, intégrant un peu de pâturage (4,9 kg), du foin de qualité moyenne (4 kg), des concentrés (2,77 kg) et du sel. Pour le lot de génisses de 14 mois, le foin moyen est réduit (0,96 kg). L'enrubannage est privilégié à raison de 5,5 kg et complété par 2,3 kg de concentrés. Les génisses de 8/10 mois ont du foin (2,2 kg), de l'enrubannage (0,82 kg) et 2,69 kg de concentrés.