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Interview
« Il ne faut pas continuer à convertir des exploitations en bio s'il n'y a pas de marché »

Interview de Jacques Mousseau, responsable du dossier bio de la FDSEA de Maine-et-Loire.

Comment se porte la filière bio ? 
Malheureusement, comme dans toute la filière régionale et le pouvoir national, il y a un désintérêt des consommateurs. Depuis un peu plus d'un an, les consommateurs délaissent un peu les produits biologiques pour diverses raisons et notamment le prix, sans doute, affiché en rayon. Ils sont aussi noyés par différentes marques et labels qui sortent des nouveaux produits sans OGM, les nouveaux produits sans intrants, les marques par entreprise. Nous sommes arrivés en dessous du niveau de consommation de 2019. Pendant la crise du Covid-19, les consommateurs se sont tournés vers les produits bios et locaux, notamment pendant les confinements. Malheureusement, ils sont très amnésiques. Ils délaissent aujourd'hui nos produits.

Quelles conséquences pour les agriculteurs bio?
La conséquence est directe. Ainsi, je prends l'exemple du lait que je connais le plus aujourd'hui, nous avons quasiment 30 % de la production laitière qui est déclassée en conventionnel et donc nous arrivons à un tarif inférieur à ce qu'on devrait avoir en bio.

Il y avait une forte dynamique de conversions d'exploitations à l'agriculture biologique. Est ce que ça freine cette dynamique aujourd'hui?
Oui, on est sur une base d'à peu près 15 000 hectares par an sur les Pays de la Loire. Et là, on va plutôt vers une moyenne autour de 
10 000 à 12 000 hectares. Si le revenu des agriculteurs bio n'est plus là, automatiquement les agriculteurs ne vont pas se convertir à l'agriculture biologique. C'était donc le but de notre réunion de mercredi dernier (lire page 8, NDLR) d'essayer de comprendre pourquoi les consommateurs ont délaissé cette production. Et ce qu'on en a conclu, c'est qu'on manque de communication générique sur l'agriculture biologique. C'est pour cela qu'on a mis une pression un peu plus intense au niveau de l'Agence Bio nationale, parce que c'est son rôle de communiquer sur l'agriculture biologique de façon à retrouver nos consommateurs. Du côté des professionnels agricoles, on a aussi un rôle à jouer pour équilibrer l'offre et la demande. C'est à dire ne pas continuer à convertir des exploitations et à les faire passer en bio si on n'a pas le marché en face.

Est-ce qu'il faudrait le retour des quotas laitiers ?
Les quotas existent toujours un petit peu. On a toujours des contrats avec les opérateurs, donc c'est vrai que les volumes sont peut-être moins bien gérés. Mais on l'a bien vu au niveau de Biolait et des opérateurs où on a demandé à baisser la production parce qu'il y avait plus de débouchés en face, comme en viande d'ailleurs. Si on n'organise pas la production, cela va être compliqué. Il n'y a pas de différentiel suffisant entre le bio et le conventionnel pour que les gens s'engagent à produire de la bio. Par contre, en linéaire, Là on voit bien la différence. 
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