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Ils pérennisent l'élevage du patron

À Montrevault sur Èvre (Saint Quentin en Mauges), Paul Raimbault et Anthony Audouin ont repris l'élevage de leur ancien employeur. Les nouveaux associés relancent la fabrication de fromages de chèvre fermiers. 

Paul Raimbault, 34 ans, était ingénieur dans la gestion des déchets et peinait à trouver du "sens à son travail". Anthony Audouin, lui, évoluant dans le domaine équin, était souvent en déplacements et cherchait une activité qui le "rapproche de (sa) famille". En 2020, ils se sont retrouvés à travailler ensemble chez l'éleveur Olivier Pineau. Pour tous deux, la reconversion s'est faite sur le tas, grâce à leur employeur : "Olivier nous a tout montré, l'élevage et la fromagerie", témoignent-ils, très reconnaissants. Lorsque Olivier Pineau est décédé brutalement au printemps 2024, ils se sont vu proposer de prendre les rênes de la ferme. "Sa femme nous a demandé si l'on voulait reprendre, on y a réfléchi et puis on a décidé d'aller se former à la Chambre d'agriculture pour devenir chefs d'exploitation", raconte Paul Raimbault. 

Repartis d'une page blanche pour le cheptel

L'activité de l'exploitation a momentanément cessé, pour ne reprendre qu'au 1er novembre 2025, date de leur installation. Les nouveaux associés sont repartis d'une page blanche, en acquérant le cheptel de l'éleveur Pascal Cassin, de Chemillé en Anjou (La Salle de Vihiers). Paul et Anthony ont fait entrer 300 chèvres pleines à l'automne et les premières mises-bas ont eu lieu en fin janvier de cette année. Il s'agit d'un troupeau de haut niveau génétique, dont les chèvres donnent entre 3,5 l et 3,9 l /jour. "On se donne pour objectif 900 l/chèvre à l'année, et on sera probablement plus haut", estiment-ils. 

"L'objectif est de passer à un effectif de 350 chèvres l'an prochain, en conservant une partie de nos chevrettes. On en élève 120 pour le renouvellement", indique Anthony Audouin. Les associés ambitionnent de passer de 270 000 l à 320 000 l de lait, livrés en partie à Lactalis. L'alimentation est basée sur l'herbe produite sur les 24 ha de surface et récoltée principalement en foin. Quant aux concentrés, ils sont apportés à l'aide d'un distributeur automatique sur rail. 

Des fromages fermiers vendus en circuits courts

Particularité de cet élevage, environ 30 000 litres sont transformés en fromages fermiers, dans un vaste laboratoire attenant à un local de vente à la ferme. De manière à disposer de lait toute l'année, une centaine de chèvres est laissée en lactation longue. "Jusqu'ici, on n'avait pas encore repris la fabrication, car on souhaitait se concentrer avant tout sur l'élevage, explique Paul Raimbault. Mais depuis cet été, on en refait un peu, et à la rentrée, on va relancer la commercialisation".

L'EARL des Gilières vend ses fromages sous la marque Chevrettes des Mauges, créée par Olivier Pineau lorsqu'il avait débuté la transformation en 2014. L'élevage était présent ce mardi au marché nocturne de producteurs et tiendra un stand durant tout ce week-end à la Petite Angevine (La Feria Made in Mauges), sur l'hippodrome de Beaupréau. La vente auprès de magasins locaux va aussi reprendre, ainsi que celle à la ferme (les mercredis et vendredis, de 16 h à 19 h). En revanche, les nouveaux associés ne reprennent pas l'activité des marchés de leur prédécesseur. Trop chronophage en regard des effectifs : "nous étions 5 auparavant sur l'exploitation, nous ne sommes plus que 2". 

Si les deux éleveurs sont polyvalents et très présents auprès des animaux, Anthony est davantage mobilisé sur la partie cultures, tandis que Paul s'occupe des parties administrative et fromagère. À terme, ils envisagent même d'embaucher un salarié, de manière à développer la transformation et à concilier encore mieux vie professionnelle et vie privée. Les deux associés sont ravis du chemin fait depuis leur reconversion : "je travaille beaucoup, mais je suis tous les soirs à la maison !", sourit Anthony. Quant à Paul, il aime avant tout le côté "multi-casquettes" de son nouveau métier. 

 

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