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Impératrice et sa fille Sissi au salon

Le Gaec des Peupliers (La Pommeraye) est un habitué des concours. Mais cette année, il participe pour la première fois au Concours général du Salon de l’agriculture avec la vache Impératrice et sa fille Sissi. Pour l’éleveur Antoine Charrier, c’est « l’aboutissement d’une carrière ».

Elle porte le numéro 7549, comme si elle était prédestinée à aller à Paris... La vache Impératrice et sa fille bien nommée Sissi, monteront sur le ring du concours charolais au Salon de l’agriculture, le jeudi 3 mars après-midi. Impératrice est une vache de 8 ans, qui s’est distinguée récemment par un prix de championnat au Space. La vache suitée a été choisie parmi 210 animaux de toute la France. Elle fera partie des 20 vaches présentées en concours et rivalisera avec 5 autres concurrentes dans la section des + de 6 ans. Le Concours général viendra couronner une belle carrière pour cette charolaise, qui a donné 6 veaux et dont, une année, des embryons ont même été vendus à des éleveurs colombiens. Si Antoine Charrier et son associé, Alain David, seraient évidemment ravis de monter sur le podium, la sélection les comble déjà. « Même si on est derniers, le concours est déjà gagné pour nous ! », dit Antoine Charrier, qui se prépare à l’échéance avec autant d’enthousiasme que pour « un mariage ». D’ici au concours, la vache va être entraînée à marcher quotidiennement, douchée régulièrement, brossée, pour se présenter sous son meilleur jour.  
 

Une belle ligne de dos
A Rennes, au Space, Impératrice avait tapé dans l’œil du jury : « elle garde une belle ligne de dos pour son âge, elle présente de très bonnes qualités bouchères, une finesse de peau, de bons aplombs et une belle tête », résume l’éleveur. Ses points faibles ? « Elle manque un peu de volume, ne pesant que 1 000 kg ». Toutefois, ceci pourrait ne pas être trop pénalisant, car le Salon cherche justement à moins mettre en valeur le  poids, pour une question de bien-être animal : « la course au poids n’est plus une priorité », souligne l’éleveur des Mauges.
Pour le Gaec des Peupliers, la participation au Sia, c’est aussi une occasion de représenter l’IA (Insémination animale). Ce mode de reproduction est encore minoritaire en race charolaise (15 % d’IA), même s’il est pratiqué parfois pour les génisses et si de plus en plus de mâles reproducteurs issus d’IA sont achetés par des élevages pour la monte naturelle.
« Notre élevage pratique l’IA depuis 1969 ! C’est mon père qui avait initié cela, et depuis 1990, nous sommes en 100 % IA », raconte Antoine Charrier, qui est président de la commission charolaise de la coopérative Innoval (anciennement Evolution) et qui siège au conseil d’administration de Charolais Univers. « Avec le Herd book, nous avons à cœur de faire évoluer la race », souligne l’éleveur.

Une année gagnée avant le premier vêlage
Au Gaec des Peupliers, des années de sélection ont permis de réelles évolutions : l’élevage, qui a une période de vêlage unique, est passé d’un vêlage 3 ans à un vêlage 2 ans. Tout cela, sans diminution du poids de carcasse (autour de 480 kg). « L’IA nous a amené de bonnes performances en croissance, en qualités maternelles, en facilités de naissance, en valeur laitière, puis en squelette et viande, résume l’éleveur... Aujourd’hui, nous ne recherchons pas plus de croissance, mais nous voulons des animaux harmonieux et mixtes, tout en faisant attention aux qualités de race pour nos ventes ». Le Gaec commercialise en effet chaque année entre 12 et 15 mâles reproducteurs : « ce que recherchent les acheteurs, c’est surtout d’être tranquilles avec les vêlages... Je commence à avoir des demandes pour les animaux sans corne aussi ». D’autre part, il place régulièrement des mâles en station : deux figurent au dernier catalogue Charolais Univers, Newman P (gène sans corne) et Glorieux. Et tous les animaux de l’élevage sont systématiquement génotypés.

 

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