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Influenza aviaire : des dommages collatéraux pour Grimaud frères

Avec la propagation de l'influenza aviaire, toute la filière foie gras est fragilisée. En Maine-et-Loire, Grimaud frères, acteur majeur en amont de la filière, en ressent déjà les conséquences...

Le Sud-Ouest, là où se concentre actuellement l'épidémie, représente 70 % des ventes de canetons mulards de l'entreprise Grimaud frères.
Le Sud-Ouest, là où se concentre actuellement l'épidémie, représente 70 % des ventes de canetons mulards de l'entreprise Grimaud frères.
© AA

Le Maine-et-Loire demeure encore indemne de cas d'influenza aviaire... Pour autant,  le virus a déjà un impact sur le département. Car c'est toute la filière foie gras déjà fragilisée qui est mise à mal avec cette nouvelle crise sanitaire. A Sèvremoine, Grimaud frères, entreprise de sélection avicole et d'accouvage, en paie les frais... Elle travaille en amont de la filière. L'entreprise d'accouvage produit 25 % de ses oeufs de canard mulard en interne et 75 % en prestation. Elle produit aussi des canes reproductrices. Le Sud-Ouest, là où se concentre actuellement l'épidémie, représente 70 % des ventes de canetons mulards de l'entreprise.  « Dans la filière foie gras, nous travaillons un an en avance », explique Yann Le Pottier, directeur général de Grimaud frères. Les abattages qui ont eu lieu ces dernières semaines ont complètement désorganisé la filière.
« Cette crise sanitaire nous demande de nous réorganiser quotidiennement. » Avec les abattages et les vides sanitaires, le nombre de mise en place est drastiquement réduit. « Nos clients compensent en mettant dans des élevages vides. Mais bientôt, il n'y aura plus d'élevages disponibles. »  Résultat : déjà des oeufs ont été cassés, des canetons détruits et des cheptels de femelles reproductrices proches de la réforme abattus...  

Des conséquences à l'export
L'épizootie a aussi un lourd impact sur le marché export de l'entreprise des Mauges.
Le sélectionneur se voit dans l'impossibilité d'exporter sa génétique dans de nombreux pays. « Après 3 ans de négociations, le marché de la Chine venait à nouveau de s'ouvrir début novembre. Au bout d'une semaine, avec l'influenza aviaire, il s'est refermé », constate le directeur général. Autres marchés fermés : « celui de la Corée, de Madagascar, des pays d'Afrique... » Les frontières d'autres pays ne sont pas officiellement fermées mais les licences d'importations sont très complexes à obtenir. Comme la Malaisie, le Japon ou encore la Thaïlande. Pour rappel, en 2018, le marché export représentait plus de 20 % du chiffre d'affaires de Grimaud frères (54,7 millions EUR).
A cela s'ajoutent d'autres destinations fermées à cause des restrictions liées à la propagation du Covid-19. « Les 2 crises se cumulent l'une sur l'autre et nous sommes très affectés », constate Yann Le Pottier. Des compensations seront versées à terme par l'Etat pour la crise Influenza aviaire. « Mais rien n'a été prévu pour les pertes occasionnées avec la crise Covid », regrette le directeur général.

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